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Les Assyriens ont cherché à remédier aux inconvénients de la polyphonie par des compléments phonétiques : après avoir écrit un mot au moyen d’un idéogramme, ils en récrivent la dernière syllabe phonétiquement. Les compléments phonétiques correspondent donc aux clefs des Chinois, avec cette dillérence qu’au lieu d’indiquer entre plusieurs homonymes quel est le bon, ils indiquent la véritable prononciation d’un signe idéographique. En outre, on fait précéder les noms propres d’hommes, de dieux ou de pays de signes idéogra phiques qui ne se prononcent pas. Le clou verlical y se place devant les noms d’hommes, le signe K>-y- devant les noms de dieux, le signe ^ devant les noms de pays. Ainsi , le nom d’Assur, quand il désigne le grand dieu des Assyriens, s’écrit «-y- ►»- TTT; s’il désigne, au contraire, le pays d’Assyrie, il s’écrit TTT.
En somme, l’élément fondamental de l’écriture cunéiforme assyrienne n’est pas le mot, c’est la syllabe; par ce côté, cette écriture marque un progrès réel sur le chinois; mais il faut reconnaître qu elle était peu compatible avec le système des flexions et avec les modifications constantes qu’elles amènent dans le corps des syllabes.
ÉCRITURE PERSE
L’écriture cunéiforme assyrienne n’a pas eu en Assyrie de ces altérations fécondes qui se prêtent aux transformations du langage et donnent naissance à de nouvelles formes de l’écriture; elle est morte sans s’être sensiblement modifiée. La cause principale de cette immobilité doit être cherchée dans l’apparition de l’écriture araméenne, qui s’est développée en Mésopotamie à l’époque où l’écriture cunéiforme aurait pu se transformer. A cause de sa simplicité, l’alphabet ara-
ÉCRITURE PERSE
méeii s’est substitué à l’écrituee cunéiforme pour la correspondance, les pièces de chancellerie, le commerce, les contrats, en général pour les relations des hommes entre eux qui exigent une écriture plus simple, plus rapide. L’alphabet araméen est devenu l’écriture cursive de toutes ces contrées, celle qu’on employait sur papyrus; or c’est l’usage de la plume, ou du calame, qui amène les modifications les plus profondes dans l’écriture. L’écriture cunéiforme semble n’avoir été usitée que pour écrire sur la pierre ou la brique.
Mais si, à partir du vu® ou du vni® siècle avant notre ère, l’écriture cunéiforme n’a plus eu de développement organique, elle a été empruntée par d’autres peuples qui s’en sont servis en la modifiant plus ou moins profondément. Dès une époque reculée, elle fut adaptée aux langues de la Médie, de la Susiane, de l’Arménie, contrées qui étaient en relations constantes avec l’Assyrie dont elles étaient les vassales. On trouve de nombreuses inscriptions cunéiformes en ces diverses langues; mais l’intelligence en est encore difficile, moins à cause de l’écriture que de la langue, qui est mal connue.
Les Perses, à leur tour, ont adopté les caractères cunéiformes, en leur faisant subir une transformation beaucoup plus profonde. Au vi® siècle, quand les Perses sous Gyrus eurent renversé fempire babylonien, le nouvel empire, qui se présentait comme le successeur légitime des Glialdéens, s’appropria l’écriture des vaincus, qui était en quelque sorte l’écriture ofîîcielle, mais non sans en changer entièrement le caractère. Les Perses prirent au système cunéiforme babylonien un certain nombre d’idéogrammes, d’où ils tirèrent trente-six caractères alphabétiques, destinés à rendre les articulations de leur langue
Oppert, Journal asiatique , fëvrier-niars 1874, p. 238-245.
ALPHABET PEUSÉPOLITAIIV,
FIGUUES.
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FIGURES
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ÉCRITURE PERSE
Ainsi est né le système cunéiforme aryen, le plus simple de tous et celui qui a été le premier décliiiïré.
Les Perses avaient-ils eu, dès cette époque, connaissance de l’alphabet par l’écriture araméenne, et cette connaissance a-t-elle exercé une influence indirecte sur la formation de leur écriture, ou bien faut-il y voir un nouveau pas dans le progrès qui, en assyrien déjà, tendait à simplifier de plus en plus l’écriture cunéiforme? Le grand nondDre de voyelles que possède l’écriture cunéiforme perse nous fait incliner pour cette seconde explication. Il semble qu’il y ait eu là une création analogue à celle qui a fait sortir l’alphabet des hiéroglyphes égyptiens. L’écriture persépolitaine nous apparaît comme l’œuvre de l’esprit aryen mis aux prises avec une écriture idéographique créée pour des peuples d’une autre race.
L’analyse de l’inscription des portes de Persépolis, qui a été l’objet des premiers essais de déchitTrement des inscriptions achéinénides, montrera toute la distance qui sépare l’écriture perse des anciens hiéroglyphes de la stèle des vautours ;
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a fait.
L’écriture ciméiroriiie perse est en réalité un alpliabet mélangé de quelques signes syllabiques. Elle est à l’écriture assyrienne à peu près ce qu’est le japonais au chinois. Mais si, d’une part, elle a su conserver une simplicité et une clarté dont s’est écartée l’écriture japonaise, d’autre part, elle n’a pas su s’aiïrancbir des formes épigrajibiques de l’ancienne écriture cunéiforme. Chaque lettre manque d’unité, c’est un petit ensemble formé par la juxtaposition d’éléments différents, qui n’est pas sans analogie avec le système d’écriture inventé par Braille à l’usage des aveugles. Aussi cette tentative est-elle restée isolée. L’écriture cunéiforme perse s’est éteinte avec l’empire acbéménide.
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ÉCIUTUUE PERSE.
INSCIUPTION DE XERXÈS, A GHOURAB.
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(Journal asiafûjuef avril-mai-juin i84o, planche II, lignes i à iG.)