INSCRIPTION DU COLOSSE D’IPSAMBOUL
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L’étude des inscriptions prouve, en tout cas, que dans un meme groupe d’alphabets il y avait des variétés d’un endroit à un autre. Le plus important était sans contredit l’alphabet ionien, qui arriva peu à peu à supplanter tous les autres. Dès le vu® siècle, nous le trouvons employé dans des inscriptions de dialecte dorien tracées par les merce-
ALPHABET GREC
naires grecs de Psammétique sur les jambes du colosse d’Ipsamboul, et qui se trouvent ainsi datées environ de l’an 65 O à l’an BgB avant
L’indécision dans la composition de l’alphabet dura pourtant longtemps encore. Il faut aller jusqu’à l’époque de la mort de Socrate pour voir disparaître les dernières traces d’archaïsme dans l’écriture et pour nous trouver en présence d’un alphabet uniforme. Sous l’archontat d’Euclide, en l’an ii de la qà® olympiade (/io3 avant J.-G.), un décret du peuple athénien décida l’adoption , comme écriture officielle, de l’alphabet ionien de vingt-quatre lettres, et cet exemple fut bientôt suivi par tous les peuples de la Grèce. A partir de ce moment, il n’y eut plus en Grèce qu’un seul alphabet. Le mouvement des idées qui a signalé la fin du V® siècle a eu ainsi son contre-coup dans l’écriture. Platon marque la séparation des temps anciens et de l’époque classique. Avec lui, l’écriture perd son caractère hiératique et officiel, pour transmettre des pensées individuelles et même des conversations; elle devient véritablement une parole écrite; mais, en même temps, elle se dédouble, et nous voyons naître en Grèce l’écriture cursive à côté de l’écriture monumentale.
L’histoire ultérieure de l’alphabet grec avant l’ère chrétienne ne présente plus, en dehors de l’écriture cursive, que des modifications d’ordre secondaire. Environ i5o à 2 00 ans avant Jésus-Ghrist, une dernière altération de l’écriture monumentale a arrondi les angles de certaines lettres et donné naissance à Yepsilon et au sigma lunaires, e, qui ont en grande partie remplacé les anciennes
Voir Corpus inscr. seinit. , i” partie, t. I, p. i35.
S. Reinach, Traité d’épigrajjJiie , p. QoS-aog.
lormes E, Z. En meme temps, l'oméga Q devenait (x). Il faut cliercher l’origine de cette transformation dans la diffusion de l’écriture sur papyrus, qui a transporté dans l’écriture monumentale des habitudes reçues depuis longtemps déjà dans la paléographie manuscrite.
ALPHABETS GRECS
PHÉNICIEN