V . . 'a'na'aîy'paimlyaxn 3i
-nVxi aaxi ] ’paina*DnnVn'aa'2;Da iV'aD[x] 3s
tyy VyTiDia'îyDa [naE?ii na en] 33
XI P . . . îy 3A
STÈLE DE MÉSA
JJcüoj. J)(^(vdùi
/ mp ■ /^udoxT Parij'
ALPHABKï HÉBRAÏQUE.
TlUDUCTIOy.
C’est moi qui suis Mésa , fils de Camos[gad] W, roi de Moab , le Daibonite. | Mon père a régné sur Moab trente années, et moi j’ai régné après mon père.
I Et j ’ai construit ce bâmali pour Camos dans Qorba, [le bâmali du salut] car il in’a sauvé de tous les agresseurs et m’a permis de regarder avec dédain tous mes ennemis. |
Omri fut roi d’Israël et opprima Moab pendant de longs jours, car Camos était irrité contre sa terre. | Et son fils lui succéda, et il dit, lui aussi : rrj’opprimerai Moab.» De mes jours [il le dit, mais j’ai] triompb[é] de lui et de sa maison^'', et Israël fut ruiné, ruiné pour toujours. |
Et Omri s’était emparé de la terre de Medeba, [ et il y demeura [sa vie et la moitié de la vie de] son fils, quarante ans; et Camos [me l’a rendue] de
mon temps. | Alors je bâtis Baal-Meon , et j'y fis des , et je construisis
Qiriatbaïm. |
Et les hommes de Cad demeuraient dans le pays d’[Ataro]tIi depuis un temps immémorial , et le l’oi d’Israël avait construit pour lui la ville d’Ataroth. | J’attaquai la ville et je la pris, | et je tuai tout le peuple de la ville, en spectacle à Camos et h Moab, | et j’emportai de là l’Ariel de Daoudoh et je le traînai h terre devant la face de Camos , à Qeriotb , | et j’y transportai les hommes de Saron et les hommes de Maharoutli (?). |
Et Camos me dit : a Va! prends Nébo sur Israël!» j El j’allai de nuit, et je combattis contre la ville depuis le lever de l’aube jusqu’à midi, j et je la pris : et je tuai tout, savoir sept mille [hommes et enfants, et femmes, et filles, et esclaves] que je consacrai à Astar-Camos'; [ et j’emportai de là [les Ariels] de Jéliovab et je les traînai à terre devant la face de Camos, |
Ou (rCamos[meIck]», S. S., ou encore (tCamos[iliek]», R. Je ne distingue pas.
t**) Ou trde Mésa», yîî^[D ri]D2, le mot est le même en hébreu. MM. Smend et Socin lisent : «pour le salut de Mésa».
On peut aussi ne fermer que là les guillemets, et mettre tout ce qui précède dans la bouche du fils d’Omri, Âchab. La fin de la ligne 6 est très obscure.
Il n’y a qu’une seule lettre douteuse [^]l^'’ (moulage), ou [H]D'', S. S.; la lecture du reste de ce passage est certaine; la traduction l’est moins.
W Sans doute «de David». MM. Smend et Socin considèrent pourtant Daoudoh comme un nom divin.
Litt. : «ventres» ou «corps».
M. Clermont-Ganneau préfère lire «les vases»; MM. Smend et Socin, «les ■Ariels». L’examen de l’estampage, qui est très froissé en cet endroit, fait voir en tout cas un N après DC?D, peut-être ensuite la queue d’un 1. Dans le doute, j’adopte
Et le roi d’Israël avait bâti Yalias et y re'sidait lors de sa guerre contre moi. | Et Camos le chassa de devant ma face. Je pris de Moab deux cents hommes eu tout. I Je les fis monter à Yahas, et je la pris pour l’annexer à Daibon. |
C’est moi qui ai construit Qorha, le mur des forêts et le mur de
I J’ai bâti ses portes, et j’ai bâti ses tours. | J’ai bâti le palais du
roi et j’ai construit les écluses des [réservoirs pour l’eau] dans le milieu de la ville. I
Et il n’y avait pas de puits dans l’intérieur de la ville , dans Qorha ; et je dis à tout le peuple : frFaites-vous un puits chacun dans sa maison, n | et j’ai creusé les conduites d’eau pour Qorha, [avec des captifs (?)] d’Israël. |
C’est moi qui ai construit Aroër, et qui ai fait la route de l’Arnon. | C’est moi qui ai construit Beth-Bamoth, qui était détruite (?). | C’est moi qui ai construit Bosor, qui . . . de Daibon, cinquante, car toutDaibon m’est soumis. | Et j’ai rempli le nombre de cent avec les villes que j’ai ajoutées à la terre (de Moab).
Et c’est moi qui ai construit [Medeba] et Befh-Baal-Meon , et j’ai [transporté] là les la terre. | Et Horonaïm, où résidait ^ |
Et Camos me dit : ff Descends et combats contre Horona’im,Ti | et je descendis et je com[battis contre elle,] et Camos me la rendit dans mes jours; et de là
(des Arielsn, à cause du parallélisme de la ligne la, tout en reconnaissant la dilTiculté très réelle que suscite l’emploi du pluriel à la ligne 1 7.
(des moutons les troupeaux de la terren S. S.
((OÙ résidait le fils de Dedan; et Dedan dit n S. S.
La stèle de Mésa nous offre des formes de lettres si archaïques, qu’on a pu se demander si ce n’était pas aux Hébreux qu’il fallait faire remonter l’invention de l’alphabet. Nous avons dit plus haut les raisons qui nous portent à l’attribuer de préférence aux Phéniciens. En tout cas, dès cette époque reculée, l’alphabet hébraïque est engagé dans une voie dilîérente de celle de l’alphabet phénicien, et il présente certains traits distinctifs qui deviendront les marques caractéristiques de l’écriture hébraïque ; les angles sont très aigus et fortement accusés; les barres transversales du hé, du iod, du zaïn, du çade, acquièrent une importance qu’elles
ALPHABET HÉBRAÏQUE
n’ont pas en phénicien, et quelles conserveront jusque sur les monnaies de l’époque des Macchabées; le vau Y aussi présente une forme arrondie très particulière^’), qui n’est pas sans attaches avec le vau des inscriptions hébraïques plus récentes; enfin, on remarque une tendance à recourber les queues des lettres vers la gauche, par où l’hébreu se rapproche de l’écriture araméenne. L’iiistoire de l’hébreu carré nous fournira une nouvelle preuve de cette affinité, qu’explique la parenté des deux peuples.
On trouve ces caractères encore plus marqués sur les pierres gravées à légendes hébraïques. Les cachets toutefois ne portent que peu de lettres. Nous possédons un monument plus complet de l’ancienne écriture hébraïque : l’inscription commémorative du percement du canal de Siloé, dont la découverte remonte à dix ans à peine
Cette inscription, qui date, suivant M. Renan, du temps du roi Ezéchiasf^), c’est-à-dire de la fin du vin® siècle, nous donne une idée de l’écriture hébraïque au moment du grand mouvement prophétique auquel Se rattache le nom d’Isaïe.
Voir le tableau (p. 202) où l’on s’est appliqué à reproduire, aussi exactement que possible, le vau de l’inscription de Mésa. C’est de celte forme qu’est sorti l’Y grec.
Journal des Débats du 16 avril 1882. Une lettre de M. Kautzsch m’apprend qu’on a brisé l’inscription en voulant l’enlever de place; nous ne savons même pas où ses morceaux se trouvent actuellement. Les inscriptions hébraïques jouent de malheur.
Les données historiques s’accordent bien avec cette manière de voir; il ne faudrait pas accorder trop d’importance aux preuves tirées de la paléographie; l’écriture hébraïque a si peu varié pendant des siècles, et son histoire nous est si peu connue, qu’il se peut que l’on se soit servi, longtemps après encore, des mêmes caractères à Jérusalem. M. Neubauer considère l’inscription de Siloé comme antérieure même à Ezéchias, et ne craint pas de la rapporter au temps d’Achaz.
lUCKtK ikttOMVt.
Insci'iplioa de Siloé.
ALPHABET HÉBRAÏQUE
TRÂDUCTIOy.
percée. — Et voici Thisloire de la percée : Lorsque. . .
la hache Tun vers l’autre; et lorsqu’il n’y avait plus
que trois coudées [à abattre, voilà que les gens s’entendirent], se criant d’un côté à l’autre qu’il y avait zèda dans le rocher, de droite [et de gauche]. Et au jour de la percée, les mineurs fraj)pèrent chacun visà-vis de l’autre, hache contre hache; et alors les eaux coulèrent de la source à la piscine, sur un espace de mille deux cents coudées, et de cent coudées était la hauteur du rocher au-dessus de la lete des mineurs.
Les lettres ont quelque chose d’archaïque et de heurte; leurs profds sont nettement accusés; mais en même temps les c[ueues, déjà penchées dans l’inscription de Mésa, se replient de plus en plus sous la lettre et rappellent les tendances générales de la paléographie manuscrite.
C’est en effet par la paléographie manuscrite que doit s’expliquer l’histoire ultérieure de l’écriture hébraïque. Les Hébreux ont écrit de très bonne heure autrement que sur la pierre, peut-être même l’ont-ils fait dès l’origine; mais on était économe de l’écriture, on n’avait guère qu’un seul livre pour tout.
L’époque d’Ezéchias marque une transformation dans les mœurs littéraires du peuple hébreu. Le royaume d’Israël venait de succomber; il fallait recueillir ses anciennes traditions. Il se produisit un mouvement religieux et littéraire qui a été en croissant jusqu’à la chute de Jérusalem, et auquel correspondit une plus grande diffusion de l’écriture. On voudrait avoir un manuscrit de cette époque pour se rendre compte des modifications que l’habitude du calame a fait subir à l’écriture hébraïque. L’écriture a-t-elle suivi
une marche parallèle sur les monuments et sur les manuscrits? Ou bien l’écriture manuscrite s’est-elle, conformément à la règle générale, altérée plus vite que celle des inscriptions? Nous ne pouvons suivre la trace de ces modifications sur les monuments; ou du moins, pour la saisir, il nous faut sortir du monde hébraïque et la chercher dans l’écriture araméenne.
Une grande lacune nous dérobe pendant plusieurs siècles l’écriture hébraïque, et, quand nous la retrouvons, elle est entièrement transformée : c’est l’hébreu carré, à peu de chose près tel que nous l’écrivons encore aujourd’hui. Gomment s’est produite cette transformation radicale? A défaut de monuments, les auteurs juifs nous l’apprennent. Ils s’accordent pour attribuer l’introduction de l’hébreu carré, qu’ils appellent écriture assyrienne [aschounlh) , à Esdras, dont le nom résume et personnifie les traditions relatives au retour de l’exil. Josèphe (AnI. Jud., XII, n, i) dit môme expressément, en parlant des manuscrits de la Bible proposés à Ptolémée Pliiladelphe en 278 avant Jésus-Christ, que les caractères dont se servaient les Juifs présentaient une grande ressemblance avec l’écriture syrienne, c’est-àdire, d’après notre manière de parler, araméenne. C’est par l’écriture araméenne de l’époque perse que s’expliquent les destinées ultérieures de l’écriture hébi'aïquc. L’influence araméenne, qui s’est exercée sur la langue hébraïque à l’époque perse, s’est aussi fait sentir dans l’écriture; l’écriture hébraïque cursive s’est conlbndue avec l’écriture arainéenne, et c’est de cette dernière qu’est sorti, par un développement nalurel, l’hébreu carré.
ALPHABET HÉBRAÏQUE