‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 45 sur 112 · ALPHABET DES SICLES DU TEMPLE · texte numérisé non relu

ALPHABET DES SICLES DU TEMPLE

L’ancienne écriture hébraïque n’avait pas entièrement abdiqué devant l’écriture araméenne. La numismatique hébraïque nous présente un phénomène qui a de tout temps attiré l’attention des hébraïsants. A l’époque des Macchabées, alors que l’hébreu carré était déjà devenu l’écriture courante, les monnaies frappées par Simon et ses successeurs ont toutes des légendes en caractères archaïques dérivés de l’ancien alphabet hébreu. Nous retrouvons la meme écriture jusque sur les monnaies de Barcochba, dont la révolte amena la ruine définitive du judaïsme, en l’an i3à après Jésus-Christ.

MONNAIE DATÉE DE L’AN DE SIMON (vERS lào AVANT J.-C.)^'h

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Jérusalem la Sainte.

au milieu : = a(nno) ii.

La numismatique grecque nous offre plus d’un exemple de types monétaires qui se sont ainsi perpétués pendant des

Madden, Coina of tht Jnvs, London, 1881, p. 6i-y4. Voyez pourtant les allributions très différentes proposées par M. Tli. Beinach {Les monnaies inives, Paris, 1888, p. 89-50).

siècles. Telles sont ces monnaies de Chios qui ont porté, jusqu’à l’époque de Sylla, la tête d’Alexandre avec la légende AAEZANAPOY BAZIAEQZW. Cette tendance à l’archaïsme s'explique par le désir de ne pas déranger les habitudes commerciales et de faire profiter les émissions nouvelles de la faveur attachée à certaines espèces plus anciennes. Peut-être, chez les Juifs, tenait-elle à une autre cause. Les Asmonéens devaient préférer les vieux caractères, qui rappelaient les souvenirs de l’indépendance nationale, à l’héhreu carré, qui était l’écriture des Syriens. 11 est dans l’essence de toute restauration de prétendre à la légitimité et de ne pas tenir compte des faits accomplis.

Le souvenir de la vieille écriture nationale s’est conservé longtemps encore, et Origène, qui écrivait vers le milieu du iiU siècle, dit que, dans certains manuscrits de la Septante, le tétragramme sacré, c’est-à-dire le nom de Jéhovah, était écrit avec les anciens caractères hébraïques : et non avec ceux dont on se servait de son temps [Heœapla, I, 86); et il définit cet ancien alphabet [ad EzechieL, IX, à) en disant que la dernière lettre, le tau, y a la forme d’une croix, définition qui ne s’applique, ainsi que le fait remarquer M. de Vogiiét’^^ à qui nous empruntons

Barclay Head, Hisloria nummorum, [). 5i4. — Babelon, Les rois de Syrie, Inlrod. , p. ii. — Voici quelques autres exemples que me signale M. de Barthélemy : A Gnossus, eu Crète ; Le labyrinthe, du v' au u' siècle avant J.-G. — A Samos : Tête de lion de face, vi'-iv*. — A Éphèse : L’abeille, vi'-iii', — A Athènes; Tête de Pallas et chouette, vi'-i". — A Égine : La tortue, vii'‘-[v'. — A Corinthe : Pégase, vii'-iii'. Comparez aussi les monnaies himyarites au type de la chouette, portant en exergue : AOE. Nous avons fait ([uelque chose d’analogue en reprenant, après 1870, le type des pièces de 5 francs de la première République.

L’atphnhel araméeu et l’alplmbet hébraïque {Mélanges d’archéologie orientale, Paris, 1868, p. lAi-iyo).

ALPHABET HÉBRAÏQUE. 199

toute cette démonstration, qu’à l’alphabet de Mésa, des pierres gravées et des sicles du temple.

Ces exemples prouvent que l’ancienne écriture hébraïque n’avait pas entièrement cessé de vivre , et ils expliquent certaines particularités des premières inscriptions en hébreu carré, notamment de l’inscription d’Arac[-el-Emir. Une écriture ne meurt pas du coup parce quelle est remplacée ])ar une autre; elle reste comme un témoin de l’ancien ordre de choses, quelquefois même elle n’est pas sans iiilluence sur les destinées de l’écriture qui l’a supplantée.

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