TATOUAGES
évènements qui ont illustré leur vie, sont de véritables inscriptions héraldiques, des blasons, qui constituent pour chacun d’eux, suivant l’expression de Fr. Lenormant^*), une marque personnelle et significative, représentant, d’une façon symbolique, les caractères distinctifs qui font son individualité. Le tatouage est une véritable signature c[u’ils portent avec eux, et dont l’importance s’explique par le rôle du nom propre chez les peuples encore enfants, ainsi que par le lien intime qui le rattache à la personnalité.
On croit retrouver de ces tatouages dans les dessins qui se voient sur quekjues dolmens et sur les dalles formant les parois de certaines allées couvertes de l’âge de la pierre polie. Les savants qui se sont occupés de ces questions pensent que ce sont les marques distinctives de ceux qui étaient enterrés à cette place. On les gravait sur leurs sépultures, comme nous inscrivons les noms des défunts sur leurs tombes.
Quoi qu’il en soit, les découvertes que les recherches préhistoriques, d’une part, les progrès de la géographie, de l’autre, nous font faire chac|ue jour sur les origines de riuimanité prouvent que le nombre des écritures primitives était beaucoup plus grand qu’on ne le supposait jadis, et que non seulement l’écriture est née d’une façon indépendante sur un grand nombre de points, mais qu’elle a été poussée par les premiers habitants de notre globe beaucoup plus loin qu’on n’aurait été tenté de le croire.
Histoire ancienne, in-4°, t. I, p. 4ii. Cf. Alfred Maiiry, Les origines de récriture, dans la Berne des Deux Mondes, i" septembre 1875. Voir aussi l’ouvrage tout rëcent de W. Jœst : Tütoiviren, Narhenzeichnen und Kôrperbevialen, Berlin, i887,in-4°, avec la plancbes.