ECRITURES HIÉROGLYPHIQUES DU NOUVEAU MONDE
Les progrès de la civilisation ont peu à peu amené l’homrne à inscrire les évènements dont il voulait conserver le souvenir, son histoire et celle de ses dieux, non plus sur des pierres brutes, mais sur les murs de ses palais et de ses temples, c’est-à-dire des monuments destinés à passer à la postérité. Ce nouvel emploi de l’écriture lui a communiqué quelque chose des constructions auxquelles elle était appropriée. Elle y a gagné un caractère plus décoratif et une régularité qui a donné aux caractères, par une conséquence naturelle, une fixité qu’ils n’avaient pas auparavant. Les signes, flottants jusqu’alors et livrés au caprice individuel, ont reçu des valeurs constantes et déterminées : ils sont devenus des caractères. C’est cette étape, capitale dans l’histoire de l’écriture, que nous représentent Y écriture aztèque ou l’écriture des habitants du Mexique antérieurement à la conquête espagnole et Yécriture calcidiforme des Mayas du Yucatan.
On peut à peine compter l’écriture aztèque au nombre des systèmes hiéroglyphiques; les signes idéographiques sont trop étroitement unis à la piclographie, c’est-à-dire à une représentation des faits ou des idées indépendante des formes du langage; néanmoins, on sent qu’on est en présence d’un véritable système destiné à fixer la pensée par
écrit, ayant recours à des signes disposés dans un ordre déterminé et dont la place indique la valeur. Bien que nos lumières sur l’ancienne écriture des Mexicains soient bien incomplètes, nous en savons assez pour déterminer les règles qui ont présidé à sa formation.
]j écriture aztèque paraît avoir été commune aux différentes races, Toltèques, Ghichimèques, Aztèques, qui ont successivement envahi le Mexique, venant du Nord, et qui toutes appartenaient à la grande famille des Nahuas. Elle nous est connue soit par des inscriptions, soit par des manuscrits à images, antérieurs à la conquête espagnole. Malheureusement, la plupart des monuments de l’ancienne littérature aztèque ont été brûlés par les missionnaires. Aubin avait réuni un certain nombre de ces manuscrits, qui ont été acquis récemment par M. Goupil. Il en a tiré son Mémoire sur la peinture didactique et l’écriture Jigtiralive des anciens Mexicains, qui est encore le fondement de nos connaissances sur cette matière. Ge mémoire, publié une première fois en 1 85 1, a été récemment réédité, avec une importante introduction, par M. Hamy, en tête de la partie historique de la Mission scientijique au Mexique
Les écritures des Aztèques se composent d’images, peintes ou sculptées, qu’accompagnent de courtes légendes. On pourra s’en faire une idée par une page empruntée à un manuscrit qui représente l’établissement des Ghichimèques dans l’Anahuac au xii*^ siècle et la fondation de Tezcuco. Ge manuscrit, qui a été reproduit tout entier en couleurs dans le grand ouvrage sur le Mexique, est accompagné
Mission scientifique au Mexique; Recherches historiques et archéologiques publiées sous la direction de M, E.-T.Uamij, i” partie, Histoire (Paris, i885 , in-4”).
(Vexplicatioiis en langue nalinall, ([ui ont été ajoutées après coup. Au haut de la page, on assiste à la naissance du i*oi Ixllilxocliitl dans la caverne de Tsinaconozloc, cria caverne
de la chauve-souris 11, lieu de plaisance des rois deTezcuco. Au-dessous, on voit des chefs chichimèques en armes, accompagnés de leurs femmes, s’avancer dans un pays où l’on reconnaît la végétation et la faune du Mexique. ■
Ces peintures rappellent singulièrement les inscriptions pictographiques des Peaux-Rouges; seulement ici les personnages sont accompagnés de leurs noms, écrits en toutes lettres derrière leur tête; ce sont : Tlotli crie faucon n; Nopal Guetlaxihui, désigné par le cactus, nopal, son premier nom; le troisième enfin, Amacui ccqui prend (cm) du papier [amatl)v, a pour rébus abrégé une feuille d'amatl. Les noms de leurs femmes sont moins certains : la première est connue, c’est Icpacxochitl cr couronne de fleurs n, la femme de Tlotli; la seconde doit sans doute se lire Quauheihuatl rc femme d’aigle n ou cr aiglonne n. La caverne, elle aussi, porte son nom écrit sous la forme d’une chauve-souris, Izinacoii, pendue au sommet.
Le manuscrit auquel nous avons emprunté cette page appartient à ce c|ue Gaina appelait cr l’histoire vulgaire n; pourtant on peut déjà y distinguer le principe de l’écriture mexicaine : on écrit les noms au moyen de signes qui en rappellent le son , bien c|u'ils n’aient souvent aucun rapport avec le sens de ces noms. C’est le principe du rébus, et même du rébus par à peu près; mais c’est une écriture, car ce sont des signes susceptibles d’être lus.
Dans les monuments d’un ordre plus relevé, l’analyse des mots est poussée beaucoup plus loin; le symbolisme disparaît presque entièrement et fait place à une lecture purement phonétique. Ainsi le nom du roi Itzcoatl (serpent d’obsidienne), qui s’écrit sur les peintures populaires au moyen d’un serpent (^coaiJ'j garni de flèches d’obsidienne
[itztli'j, s’écrit clans les manuscrits plus savants au moyen de cette meme flèche d’obsidienne [itztU, racine itz), dn
rSBLBai esBi —
vase [comitJ, racine co) et de l’eau (ai/). Mixcoatl «la couleuvre nébuleuse r,, nom du chef légendaire des premières tribus mexicaines, est rendu par le tornado (/am) et par les deux signes déjà connus co et atl.
Teocaltitlan n-les gens d’auprès du temple n s’écrira avec le temple = icom//ï {^calli crmaisom:, teoll «de Dieuii) et les dents = i/aw; en outre, la lecture du premier idéogramme est déterminée par les lèvres = et le chemin = o, placés au-dessous. Ainsi, chaque caractère arrive à ne plus guère représenter que la syllabe initiale (ordinairement radicale) du mot qu’il désigne.
Ces essais de phonétisme ont été tout d’abord appliqués aux noms propres. Gela n’a rien qui doive nous surprendre, l’idée de la personne étant attachée au nom lui-même, c’est-à-dire à un certain son, beaucoup plutôt qu’à la signification, presque toujours oubliée, de ce nom; aussi est-ce pai‘ les noms propres que s’est introduite l’écriture phonétique, en Égypte comme en Amérique.
jNous savons par le témoignage de Las Cases (h, écrivain
Cite par Brasseur de Bourbourg, Ilist. des nations civilisées dti Mexique, t. I, p. XXXIX et XI..
contemporain de la conquête, que les Mexicains avaient poussé très loin ce système d’écriture. «Quoiqu’ils n’eussent pas une écriture comme nous, dit-il, leurs. chroniqueurs avaient toutefois leurs figures et caractères à l’aide desquels ils entendaient tout ce qu’ils voulaient, et de cette manière ils avaient leurs grands livres composés avec un artifice si ingénieux et si habile, cjue nous pourrions dire que nos lettres ne leur furent pas d’une bien grande utilité, n
Il faut nous figurer ces «grands livres non pas comme des histoires suivies, mais plutôt comme ces catalogues qui ont été la forme première de l’histoire. Nous possédons des chroniques en langue nahuatl antérieures à la conquête espagnole. La plupart d’entre elles ne consistent qu’en une série plus ou moins continue de dates, avec l’indication sommaire des évènements correspondants. Les chroniques mexicaines appartenaient à un genre mixte, comme nos cartes géographiques ou nos gravures avec légendes : des dates et des portraits ou des plans, accompagnés de signes figuratifs qui exprimaient le nom du personnage ou de l’endroit. Ces signes figuratifs constituent à proprement parler l’écriture mexicaine.
C’était donc une écriture en somme assez rudimentaire et qui ne justifie c|u’en partie les éloges que lui donne Las Cases. Ainsi que nous avons eu déjà l’occasion de le dire à propos des quippos et d’autres écritures encore, ceux qui les premiers font une découverte sont toujours tentés de s’en exagérer l’importance. Il faut reconnaître d’autre part que nous sommes disposés à porter un jugement trop sévère sur des procédés qui ne sont pas les nôtres : on arrive souvent à tirer un parti excellent d’outils imparlaits. Notre écri-
ture, qui nous paraît si parfaite, semblera un jour pleine de chinoiseries et de complications inutiles à ceux qui l’étudieront comme nous étudions aujourd’hui les hiéroglyphes mexicains.
Le grand défaut de l’écriture mexicaine était d’exiger une trop grande habitude de la part de ceux qui devaient s’en servir. 11 fallait savoir lire un manuscrit mexicain, comme il faut savoir lire une carte géographique. Brasseur a résumé en quelques mots le caractère de cette ancienne science mexicaine : crDans toutes les républiques de ces contrées, entre autres professions, étaient ceux qui faisaient les fonctions de chroniqueurs et d’historiens. Ils avaient la connaissance des origines et de toutes les choses touchant à la religion, aux dieux et à leur culte, comme aussi des fondateurs des villes et des cités. Ils tenaient enfin le comput des jours, des mois et des années, n
Les Mexicains ont fait faire un grand progrès à l’écriture par l’introduction, dans leurs peintures didactiques, de dates se rattachant à un système chronologique régulier. Le calendrier des Mexicains était très savant; il se composait d’un cycle de 62 ans, divisé en quatre périodes de i3 années ayant pour symboles quatre figures différentes, accompagnées chacune de petits disques au nombre de un à treize. Ces figures étaient le couteau de pierre la maison (^calli), le lapin i^tochlJi) et le roseau {(icaljy L’année elle-même était divisée en 18 mois de 20 jours. Sur une peinture chronologique que nous empruntons au mémoire de M. Aubin, on voit Tlotli et Ixpacxochitl, détenninés par le faucon et la couronne de fleurs, assis l’im en face de l’autre dans une grotte et reliés à toute une série de princes ou de chefs portant chacun leur nom. Entre eux se
lit une date. Sur d’autres monuments, la date occupe une place beaucoup plus considérable; certains bas-reliefs sont complètement entoui'és de cartouebes qui renferment des indications chronologiques.
La pierre commémorative de la dédicace du grand temple de Mexico par l’empereur Tizoc, dont le moulage figure au musée du Trocadéro, représente les deux empereurs Tizoc et Aliuitzotl; au-dessus et au-dessous, se trouvent des disques, grands et petits, pleins ou percés en leur milieu, des files d’anneaux et des roseaux, formant la légende, qu’on lit de la façon suivante : et le jour 7 roseaux i3 du mois Itzeallt xoebilluit de l’année 8 roseaux ce qui correspond au 19 février 1/187. Une autre tablette, en obsidienne, déchilTrée par M. Hamyl‘1 et dont nous donnons ici la reproduction, fournit la date de la pose de la première pierre du
Hamy, Note sur une inscription chronogmphique (Extrait de la Revue d’ethnographie, Paris, Leroux, i883).
même temple; c’est une .véritable inscription, qui doit se lire : «le jour 9 du mois de pamitl (c’est-à-dire du pavillon) de l’année k roseaux n , et qui permet ainsi de fixer le début de cette œuvre architecturale, la plus grande qu’aient en-
treprise les Aztèques, au 9 décembre 1 à83 , dix ans à peine avant la découverte de l’Amérique. Mais, par là, lécrituie
ÉCRITURE GALCULIFORME.
mexicaine se rattache à un autre système graphique dont il faut maintenant nous occuper.
ÉCRITURE GALCULIFORME.
L’écriture aztèque n’était pas seule usitée en Amérique , avant la conquête espagnole. Dans toute la partie centrale de l’Amérique, on trouve des monuments couverts d’inscriptions d’un aspect très différent et qui nous révèlent un système graphique beaucoup plus perfectiouiié que l’écriture aztèque. On appelle cette écriture écriture calciiliforme (de calcuhis rr caillou ii) , à cause de la forme des éléments dont elle se compose; ces éléments eux-mêmes portent le nom de katouns.
Les inscriptions calculiformes sont surtout répandues dans le Yucatan; mais on en rencontre aussi dans l’Amérique centrale et, de l’autre côté, jusqu’au milieu du Mexique. Elles se développent sur les murs d’édifices témoins d’une civilisation raffinée que certains auteurs considèrent comme bien antérieure à la civilisation aztèque. Les marches du grand
temple de Palenqué, dans l’État de Ghiapa au Mexique, en sont couvertes. Un chapiteau de Copan, ruine célèbre du
Guatémala, dont M. Hamy nous a donné la photographie, montre à quel point ces caractères devenaient des motifs d’ornementation et se mêlaient à l’architecture.
En dehors des inscriptions , nous connaissons quelques manuscrits, malheureusement très rares, écrits avec les mêmes caractères et qui sont d’une valeur inappréciable pour fixer la nature de cette écriture. Le plus célèbre est le manuscrit Troano, publié par l’abbé Brasseur de Bourbourg. La Bibliothèque nationale de Paris en possède deux; la bibliothèque royale de Dresde et celle de Madrid en ont chacune un.
L’écriture calculi forme nous apparaît comme une écriture lapidaire dans son origine. Elle se composait, suivant la définition de Cogolludot^^ frde pierres gravées placées sur une autre pierre gravée scellée sur le mur des temples n. Les indigènes appellent ces pierres gravées kalouns. Le plus souvent, au lieu de les incruster, on se contentait de les graver en relief sur la pierre; mais alors même les éléments de cette écriture conservent leur indépendance et l’aspect primitif qui lui a valu son nom. Cet aspect se retrouve jusque sur les manuscrits qui sont traités plus librement; les caractères y ont l’aspect de petits galets, de formes et de dimensions dilférentes, placés les uns contre les autres et soudés comme des coraux sur leur tronc.
L’un des spécimens les plus remarquables de cette écriture est la célèbre tablette de la Croix, qui provient du temple de la Croix à Palenqué, et dont une des trois pierres est conservée aujourd’hui à Washington. Un moulage de l’ensemble de ce précieux monument est au musée du Trocadéro. Chaque katoun est composé de figures diverses que l’on a déformées pour les faire rentrer dans un cadre uni- Histoire du Yucatan, liv. IV, cbap. v, p. 186.
ECRITURE CALGULIFORME,
forme et qui reviennent assez souvent dans des agencements différents. On y voit de véritables hiéroglyphes, des
figures grimaçantes, des têtes d’hommes, d’oiseaux, de jaguars, des mains, d’autres signes encore, le tout couvert de dessins pointillés. Ces figures elles-mêmes sont souvent
luritfur.ftiE. n.iTiu:<Atr..
précédées de barres et de petits disques, en nombre variable, qui paraissent être comme les exposants des figures qu’ils accompagnent. Tout cela n’est pas sans analogie avec les légendes clironographiques qui encadrent certaines peintures mexicaines, ou bien encore avec ces tablettes à compartiments dans lesquelles les Quitos plaçaient de petites pierres, savamment taillées, dont les diverses combinaisons leur permettaient de conserver leur histoire et d’établir toute espèce de calculs
Les katouns, en effet, semblent avoir servi tout d’abord à conserver des dates. On comptait communément l’ége par katouns; à 6o ans, on disait : J’ai trois pierres, et, à 70 ans : J'ai trois pierres et demie. Une bonne partie des inscriptions calculiformes paraît être occupée par des indications chronologiques. Le calendrier Maya était le même que celui des Aztèques; leurs jours, leurs mois, leurs ff supports d’années avaient des noms qu’ils exprimaient au moyen de véritables hiéroglyphes, et ce sont ces noms que nous retrouvons précédés de points ou de barres qui indiquent le nombre de jours ou de mois. Mais à cela ne se bornait pas l’usage des katouns : ils servaient à écrire l’histoire. Les archives du Yucatan, disait-on à Gogolludo, étaient à Tixualalitun, dont le nom signifie «lieu où l’on superpose les pierres gravées ■», et Gogolludo ajoute : crLes Itzaes gardent encore aujourd’hui, dans une sorte de livre appelé Analtc, les prophéties écrites avec leurs caractères antiques. Ils y conservent la mémoire de tout ce qui leur est arrivé depuis leur établissement dans cette contrée (‘-h n
La découverte de manuscrits yucatèques a démontré la
Velasco, Iltslotre de Quito, Irad. Ternaux, p. 81, i85.
Histoire du Yucatan, liv. IX, ch. iiv, p. hoy.
ÉCRITURE GALCULIFORME.
justesse de celte tradition. 11 sufïit de jeter les yeux sur l’un des manuscrits que nous possédons, ou même sur une inscription, pour se convaincre qu’on est en présence d’un système graphique assez avancé. Les illustrations ne sont presque jamais, comme au Mexique, confondues avec le texte. Les caractères eux-mêmes sont beaucoup plus variés, ils ont une forme plus constante et plus indépendante des images qui leur ont donné naissance.
Le P. Diego de Landa, l’auteur de la Relation des choses de Yncatan^'^\ auquel on doit les seules lumières qu’on possède sur la matière, atteste le grand développement de l’écriture yucalèque, qui aurait atteint, s’il faut en juger par ses indications, un degré de perfection comparable à celui des hiéroglyphes égyptiens. 11 a même donné, à côté des signes des jours, des mois, des années, dont il indique la valeur, toute une série de caractères correspondant à certains sons, si bien que, à l’en croire, cette écriture aurait eu des éléments alphabétiques employés concurremment avec les hiéroglyphes.
On n’a pas encore réussi, même avec les indications de Landa, à retrouver la clef des inscriptions calculiformes. L’abbé Brasseur de Bourbourg, le grand promoteur des études américaines, qui a publié le manuscrit longtemps oublié du P. Diego de Landa, a voulu appliquer son alphabet à la traduction du manuscrit Troano, mais il a complètement échoué. Dans ces dernières années, M. de Bosny M. Cyrus Thomas et quelques autres ont repris ce problème, et.
Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa, publiée par Brasseur de Bourbourg (^Collection de documents, etc., t. III, Paris, i864, in-8°).
Essai sur le déchiffrement de l’écriture hiératique de l’Amérique centrale, Paris, 1876, iii-fol. — Codex Cortesianus, ibidem, i883, in-4°.
A Study on the Manuscript Troano, Washington, 1882, in- 4°.
sans cliercher à donner de traduclions, qui, dans l’état actuel de la science, seraient prématurées, ils ont réussi à déterminer la valeur de quelques nouveaux signes. C’est dans cette voie qu’il faut persévérer, si l’on veut ne pas tomber dans les traductions fantaisistes de l’abbé Brasseur, et défendre ces études contre les insanités dont d’autres auteurs ont donné le triste exemple.
Le principe certain, déjà posé par Brasseur, qui n’a eu d’autre tort que de rabandonner, c’est qu’il faut prendre comme point de départ les signes chronologiques de jours , de mois ou d’années, dont nous connaissons la valeur; tril s’agit tout simplement, suivant son expression, de les lire comme des mots, mono- ou polysyllabiques, placés à la suite les uns des autres, et nullement comme des noms propres -n
Non seulement la lecture de ces caractères, qui sont de vrais hiéroglyphes, fournira des mots qui doivent se retrouver dans les parties non chronologiques; mais la comparaison de leurs variantes permettra de fixer la valeur de nouveaux signes et d’arriver à de nouvelles lectures. Peutêtre parviendra-t-on ainsi à dévoiler le mystère de la civilisation américaine avant l’invasion aztèque, à en retrouver la langue et à en déchiffrer l’écriture.
Etudes sur le système graphique et la langue des Mayas, H, p. q5G.