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LES GRANDS SYSTEMES HIÉROGLYPHIQUES DE L’ANCIEN MONDE

Les hiéroglyphes du Nouveau Monde nous permettent de comprendre comment l’écriture idéographique est née de la pictographie. Faut-il considérer les inscriptions aztèques comme une écriture pictographique ou les mettre au nombre des systèmes hiéroglyphiques ? Où commencent les uns, où finissent les autres? La question peut être discutée. Les limites des genres sont toujours flottantes et difficiles à marquer, dans le domaine de l’écriture et de la phonétique comme dans celui de l’histoire naturelle et de l’ethnographie. Il est malaisé de déterminer à quel moment la cellule cesse d’être plante pour devenir animal, et pourtant le règne végétal se distingue du règne animal par des caractères facilement reconnaissables. Les frontières naturelles des peuples sont toujours affaire de convention et de compromis.

Si du Nouveau Monde nous passons à l’Ancien, nous nous trouvons en présence de systèmes hiéroglyphiques parfaitement déterminés, ayant leur fonctionnement régulier, et séparés sans doute des étapes antérieures de l’écriture par une longue série de siècles. Nous avons vu quelle part les conditions architectoniques ont eue à cette transformation. Les inscriptions monumentales ont donné aux caractères une régularité inconnue auparavant. En même temps.

PHEMIÈRE PARTIE.

par suite de l’usage plus fré(juent de l’écriture, par suite aussi du nombre toujours croissant des idées que l’on avait à exprimer, les formes primitives se sont peu à peu altérées et les représentations figurées ont pris quelque chose de plus abstrait et de plus indépendant de l’objet qu’elles devaient primitivement peindre aux yeux; on a fait au symbole une place de plus en plus grande dans l’écriture, qui est devenue vraiment idéographique. Enfin, la nécessité de distinguer les diverses acceptions d’un même signe a amené l’emploi de compléments phonétiques, qui devaient en indiquer la véritable prononciation et dont les noms propres ont fourni la première idée.

Peut-être aussi, dans la création des hiéroglyplies, le travail personnel et réfléchi d’hommes de génie est-il venu hâter le travail inconscient de la pensée. En tout cas, quelle soit une œuvre individuelle ou collective, l’écriture nous apparaît comme le résultat d’un retour de l’homme sur lui-même; c’est une sorte de réflexion de la pensée, de telle manière quelle n’a pu naître qu’avec la civilisation; et, d’autre part, à chaque grande civilisation doit correspondre une écriture dont les caractères généraux seront déterminés par le génie propre et le degré de développement intellectuel de ses inventeurs.

Nous connaissons trois grands systèmes d’écriture idéographique pour l’Ancien Monde : le chinois, l’écriture cunéiforme et les hiéroglyphes égyptiens; il faut y ajouter les hiéroglyphes hittites, que l’on trouve disséminés dans tout le nord de la Syrie et jusqu’en Asie Mineure. Ces grossiers hiéroglyphes, dont la découverte ne remonte pas à plus de vingt ans, et que nous ne comprenons pas encore,

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