TROISIÈME PARTIE
L’alphabet himyarile se compose à peu près des mêmes lettres que les autres alphabets sémitiques. Pourtant, on y remarque déjà des traces de la différenciation de certains éléments phonétiques confondus par les anciens Sémites, 11 y a deux daleth, H, H; deux heth, 4^, y; deux teth, DI, î; deux çade, B. Ce dédoublement des lettres, qui prend en éthiopien un beaucoup plus grand développement, sera un des traits caractéristiques de l’écriture arabe.
L’aspect général de l’écriture diffère considérablement de celui de l’écriture phénicienne. Les lettres ont une fixité remarquable; il n’y a presque pas de différence entre les formes qu’elles revêtent sur les plus anciennes inscriptions, si l’on en excepte les inscriptions mynéennes découvertes par M. Glaser, et sur les plus récentes; elles sont anguleuses et carrées, nettement séparées les unes des autres et de forme en général assez compliquée. Beaucoup d’entre elles ])ortent de petites aigrettes, tantôt anguleuses, tantôt arrondies, qui leur donnent une certaine ressemblance avec les chapeaux qui couvrent les cheminées sur les toits d’une grande ville. Si l’on voulait leur trouver un point de comparaison, en dehors de toute préoccupation scientifique, il faudrait le chercher dans l’ancienne écriture hindoue. Le mode de formation des lettres de l’alphabet himyarite, avec leurs petits appendices qui se soudent, tantôt en haut, tantôt en bas de la lettre, rappelle celui que nous font connaître les inscriptions indiennes d’Açoka. Aussi ne manque-t-il pas de savants qui ont voulu voir, ou bien, comme Fr. Lenormant et comme M. Taylor, dans l’alphabet indien d’Açoka un dérivé de f himyarite, ou bien, au contraire, avec M. Lepsius, une influence de f écriture indienne dans la formation de l’alphabet éthiopien.
HIMYARITE
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Cippe de Kasm, fils de Da[f]a,.
frapper celui qui le détruirait!
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. . Et puisse Athtar l’Oriental
Joseph et Hartwig Derenbourg, Etudes sur Vépigraphie du Yémen , i" série (Extrait du Journal asiatique), Paris, i884, p. 36 et 5i, n° 6.