TROISIÈME PARTIE
elle du Haurân et qui présente encore quelques traces de végétation, et celui du Safa. Ce dernier offre l’aspect d’une mer de blocs basaltiques aux angles arrondis, à la surface noire et lisse, qui varient de la grosseur du poing à celle d’un corps d’homme. Ce désert est limité au nord et au sud par deux cônes volcaniques, le Djebel-Sês et le Némara, qui portent des traces de camps fortifiés occupés autrefois par des postes romains.
Toute cette région est couverte d’inscriptions qu’on rencontre non seulement autour des points qui ont été habités, mais sur les routes qui y conduisent, en plein désert. On y trouve, à côté de graffiti grecs et latins et de formules pieuses en caractères coufiques, des inscriptions, en beaucoup plus grand nombre, tracées en caractères qui rappellent, ainsi que Wetzslein l’avait déjà remarqué, malgré leur forme irrégulière et capricieuse, l’écriture liimyarite. Ces inscriptions, qui se comptent par milliers, sont rarement isolées; on les rencontre généralement par groupes, et surtout sur des accumulations de pierres, sortes de tunmli grossiers qui rappellent les galgals élevés par les peuples sémitiques en souvenir d’évènements dont ils voulaient conserver la mémoire. L’histoire des patriarches et celle de la conquête de la Palestine nous en offrent plus d’un exemple. On les désigne dans le désert sous le nom de rtdjni.
Ces inscriptions sont tracées à l’aide du martelage, ou bien gravées en traits fins et nets qui se détachent en clair sur la surface noire du roc et présentent une coloration rougeâtre due au grain de la pierre. Elles affectent les formes les plus capricieuses et les plus irrégulières. Les caractères sont dirigés tantôt dans un sens, tantôt dans un autre; la ligne suit les accidents de la pierre et les caprices de sa sur-