INSCRIPTIONS DU SAPA
en syriaque, par les lettres alef, iod et vau, réduites à leur plus simple expression. Seulement, tandis qu’en syriaque elles sont toujours restées étrangères à l’organisme de l’écriture, en éthiopien elles se soudent aux lettres, transformant l’alpliabet en un véritable syllabaire.
Ces petits appendices, qui se suspendent aux lettres, leur donnent une certaine ressemblance avec l’alphabet indien d’Açoka, ressemblance qui a pu faire croire à Lepsius que l’alpbabet éthiopien s’était inspiré de celui de l’Inde. Il suffit du développement naturel de l’écriture sémitique pour expliquer cette transformation. Du moment qu’elle voulait exprimer les voyelles et leur donner une place, l’écriture sémitique devait retourner au syllabisme d’où elle était sortie, parce qu’elle n’est jamais arrivée à concevoir la voyelle indépendante de la consonne.
INSCRIPTIONS DU SAFA.
A côté de la transformation littéraire et savante qui a fait sortir le syllabaire éthiopien de l’himyarite, nous trouvons, en Arabie même, une autre branche de l’écriture sabéenne, qui a eu des destinées moins brillantes, mais qui n’est peutêtre pas moins importante pour l’histoire des anciennes populations de l’Arabie. C’est celle que nous ont révélée les inscriptions du Safa.
L’influence de la civilisation sabéenne n’était pas limitée au sud de l’Arabie; elle s’est fait sentir jusqu’aux limites extrêmes du monde arabe avant Mahomet. A l’est du massif du Haurân se trouve une région volcanique, le Harra, véritable désert de blocs de lave, qui s’étend à perte de vue, formant deux massifs distincts, celui du Ledja, plus rappro-