‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 98 sur 112 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

des parures, tantôt sur- des pierres dressées qui servaient de monuments funèbres, tantôt sur des rochers. On voit leurs lignes serpenter autour de scènes fantastiques de la mythologie de l’Edda ou bien autour de gracieux entrelacemenls qu’elles encadrent. Nous reproduisons ici d’après M. Montelius une pierre runique, haute de plus de 2 mètres, qui

se trouve sur les terres de Viglihy, dans la paroisse de Lillkyrka, en Apland. L’inscription, qui commence au milieu de la ligne inférieure, doit se lire de la façon suivante :

Brune fit c'iever et graver cette pierre après Gud-fast, père de Brune, et Arnvi (la fit élever) après son mari.

La Suède est le centre principal des inscriptions runiqiies, mais les runes sont aussi fort nombreuses en Danemark, en Norvège et dans l’Allemagne du Nord; on en rencontre enfin dans toutes les contrées qui ont été visitées par les peuples de race gothique, dans la vallée du Danube, à Gharnay en Bourgogne, dans le Kent et le Cumberland en Angleterre, et jusqu’en Amérique.

L’existence de l’écriture runique n’était pas ignorée des auteurs anciens. C’est d’elle que parlait le poète Venantius Fortunatus, évêque de Poitiers dans la seconde moilié du vi“ siècle et qui avait longtemps séjourné chez les Germains, lorsqu’il écrivait, dans une lettre à Flavus^'^, qu’à défaut de l’alphabet latin il pourrait se servir d’une autre écriture :

Barbara fraxineis pingatur runa tabellis,

Quodque papyrus agit, virgula plana valet.

11 semble même qu’il faille voir une allusion aux runes dans ce passage, où Tacite parle d’inscriptions en caractères grecs qui auraient existé en Germanie :

Quidam opinantur monumenta ettumulos quosdam,græcis litleris inscriplos, in confinio Germanise Rbætiæque adhuc exstare.

Le nom de lettres grecques donné, non par lui, mais par ceux dont il tenait le renseignement, aux inscriptions de ces monuments funéraires, s’explique bien par l’aspect de l’écriture runique.

Pendant longtemps, on ne connut pas d’inscriptions runiques anciennes, et l’on a pu soutenir que l’alphabet runique était une imitation relativement récente de l’al-

Cartninum tib. Vit, c. xviii, v. 19, 9o.

De moribus German. , c. iii.

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