‹ Histoire de l'écriture dans l'antiquitéChapitre 99 sur 112 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

pliabet gothique; mais aujourd’hui l’on possède toute une série d’inscriptions qui s’échelonnent des premiers siècles de notre ère jusqu’aux temps modernes et permettent de refaire l’histoire de l’écriture runiqueW.

Les alphabets runiques se divisent en trois familles principales : les runes Scandinaves, les runes germaniques et les runes slaves. Ces dernières, dont certains éléments auraient passé, suivant une opinion assez répandue, dans l’alphabet de Cyrille et de Méthode et seraient ainsi devenus des parties intégrantes de l’alphabet slave, n’ont eu toutefois, comme écriture indépendante, qu’un développement très limité. Même dans les deux autres groupes, l’alphabet présente de grandes variétés, pour la forme et le nombre des caractères, suivant les temps et les lieux; le nombre des lettres dont il se compose varie de seize à vingt-quatre.

L’inscription qui nous a conservé les formes paléo-germaniques les plus anciennes est celle de la coupe de Tondern, en Danemark :

M<- H hM PAXA^t l>r- H^htlOAd'-MXRLA*

Ek Hlevagastiz Hollingaz liorna

tAPl M Si

iavido

c’est-à-dire : ccMoi, Hlevagastiz Holtingaz, j’ai fait cette corne. n

Nous trouvons le même alphabet sur une bractéate découverte près de Valdstena, en Ostrogotbie (Suède), qui nous

Voir en particulier George Stepliens, The old-northern runic Monumentx of Scandinavta and England, vol. I-III, London and Kôbeuhavn, 1866-1 884 , in-folio.

donne toute l’ancienne série runique au v'' siècle de notre ère. 11 n’y manque qu’une lettre, la dernière de l’alphabet; mais on peut la restituer avec certitude à l’aide d’autres monuments de la même époque :

rnt>AR<XP:H1sld4'^Y$:t^MMro^ =

J U th a r h g w • h n ij r(^)p zs‘ tbe ml ngo

Cette légende est intéressante pour l’histoire de l’écriture runique, parce cju’elle nous prouve que l’alphabe-t runique a été complet dès l’origine et qu’il était divisé en trois sections de huit lettres chacune.

La parenté des runes avec nos écritures alphabétiques n’est plus guère contestée aujourd’hui. On reconnaît bien dans la marche de cette écriture , qui s’est propagée dans tout le nord de l’Europe et peut-être même de l’Asie, la puissance d’expansion de l’alphabet phénicien. Mais par quelle voie et à quelle époque l’alphabet a-t-il pénétré dans ces contrées? La légende des voyages des Phéniciens en Scandinavie devait trouver ici encore son application. Un certain nombre de savants, parmi lesquels Dieterich, Peile, F. Lenormant lui-même, se sont faits les défenseurs de l’origine phénicienne des runes. Pour eux, les runes se rattachent directement aux formes de l’ancien alphabet de Sidon, et elles auraient été importées en Scandinavie, antérieurement à notre ère, par les marins phéniciens qui venaient chercher l’ambre jaune sur les côtes de la mer du Nord. Cette théorie paraît devoir être abandonnée; les ressemblances sur lesquelles elle repose sont trop vagues et trop lointaines, et la direction de l’écriture, qui va de gauche à droite en runique, ne lui est, en outre, guère favorable.. D’autre part,

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