Ibid., ibid., p
le territoire de la colonie toute entière étant simplement prêté par le gouvernement, et devant être géré par une corporation composée en grande partie d'évêques et de missionnaires catholiques. De plus, pour prévenir les désordres dont quelques-uns auraient auparavant pu être coutumiers, toute boisson forte y était interdite, et quiconque en apporterait devait en être expulsé.
En même temps, le vénérable fondateur obtenait le concours d'un prêtre qui devait s'occuper des détails et servir de pasteur à ceux qui accepteraient ces conditions. C'était le R. P. J.-A. Thérien, sur lequel le soin de tout organiser et de tout maintenir dans la bonne voie devait retomber. Le 8 juillet 1896, ce père partait d'Edmonton avec le F. Némoz et, arrivé à l'endroit convenu, y trouvait trois familles métisses, celles de Simon Desjarlais, de Joseph Cardinal et de Pierre Desjarlais. Le 15 suivant, il jetait les fondations d'une maison-chapelle, qui fut terminée pour Noël de la même année. A l'appel du P. Lacombe, alors stationné à Calgary, les métis commencèrent à se rendre à la nouvelle terre promise, mais sans manifester aucun enthousiasme. Ils venaient des localités les plus distantes, comme Saint-Albert, lac Canard, lac la Biche, Duhamel, rivière Bataille, Battleford, etc.
Saint-Paul des Métis était fondé.
Avec les ressources procurées par les appels, lettres et quêtes de l'infatigable P. Lacombe, le P. Thérien bâtit chapelle, maison de résidence, scierie
et moulin. Puis, avec les produits de sa ferme, il soutint une école de cent enfants métis, qu'il habilla et nourrit. Et pourtant cette entreprise philantropique, en dépit des capacités incontestables de son directeur sur les lieux, ne devait être un succès qu'en ce sens qu'elle préparerait les voies à d'autres colons de race blanche, tous catholiques, qui, à un moment donné 8 devaient être heureux de se précipiter sur les terres que la majorité des métis avaient dédaignées.
Ce fut là le principe d'une demi-douzaine de paroisses qui devaient plus tard remplacer la colonie métisse.
En attendant, de nouveaux centres de nature analogue se fondaient dans le diocèse de Saint- Boniface, et d'autres qui existaient déjà se développaient d'une manière merveilleuse, augmentant d'autant la sphère d'action catholique dans l'Ouest. Parmi les premiers nous pouvons citer Saint- Adolphe, sur la rivière Eouge, dont M. Joseph- Eugène Derôme fut curé entre 1895 et 1897 ; Sainte- Rose du Lac, que le P. Lecoq commençait en 1895 à mettre sur un pied qui pouvait faire présager les développements que cette paroisse a pris depuis, et Saint- Antoine des Prairies, dont l'abbé Gaire jetait les fondations l'année suivante. N.-D. de Lourdes comptait déjà, le 8 janvier 1896, 567 habitants, dont une bonne partie étaient originaires de France.