‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 104 sur 195 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Il est pourtant à peine nécessaire de faire remarquer que le zèle de l'évêque catholique avait pour objet principal la préservation et la propagation de la foi. La première expliquait l'existence de ses stations plus ou moins permanentes de Saint-Bonif ace, Pembina et Saint-François-Xavier, et c 'était le désir de favoriser l'extension du royaume de Dieu qui avait suscité la fondation des missions sauvages de Saint-Paul, Wabassimong et du lac la Pluie.

Le prélat suivait avec une sollicitude de tous les instants les luttes d'un pionnier comme M. Belcourt contre des forces qui lui étaient de tous points supérieures, et il ne négligeait aucune occasion de lui rappeler l'obligation de ne point négliger les intérêts des âmes sous prétexte de procurer l'aisance matérielle.

Ce missionnaire revint du Canada le 11 juin 1839, au grand contentement de ses néophytes qui craignaient de ne plus le revoir \ Nous le retrouvons au commencement de juillet à Saint-Paul, d'où il for-

1. Il revint à la demande même de Mgr Provencher, qui désirait " qu'il finit son dictionnaire, qui pourra être utile à ceux qui viendront après lui. " C'est, ajoute-t-il, " le principal motif qui m'a engagé à le redemander" (A Mgr de Québec, 8 juil. 1839).

mule en deux lignes une nouvelle de la plus haute importance pour l'histoire des missions du Nord. « Avant de quitter l'équipage », écrit-il, « je baptisai un sauvage Peau-de-Lièvre que j'avais instruit le long de la route, lequel était en danger prochain de mort '. ))

Les Peaux-de-Lièvre sont des aborigènes du cercle arctique. C 'est donc à M. Belcourt que revient l'honneur d'avoir été le premier ministre d'un culte à baptiser un représentant de la grande famille dénée dont nous aurons tant à dire dans la suite.

En 1840, nous voyons le même missionnaire, toujours plein de bonne volonté, mettre ses talents d'artisan à la disposition de son évêque, qui parfois était disposé à regarder d'un mauvais œil leur trop fréquente exhibition. Il tourna 130 balustres de chêne pour le chœur et les chapelles de la cathédrale, ainsi que 150 chandeliers pour servir à la célébration de l'office divin.

Tout en contribuant à former une peinture exacte de la vie ecclésiastique à la Eivière-Rouge il y a soixante-dix ans, la mention de ces ocupations ne peut que nous rappeler en même temps ce grand artisan appelé saint Paul, qui, malgré la sublime mission qu'il tenait de Notre-Seigneur lui-même, ne crut pas déroger en se livrant à des travaux manuels ^

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