The Red River Seulement, p
12. Ihid., p. 289. Le succès des missionnaires protestants n'augmenta point avec le temps. En 1846, nous voyons l'artiste Paul Kane
Mais n'anticipons pas.
Après que M. Belcourt fut parti pour le lac la Pluie au mois de juin 1840, il apprit en chemin que, indépendamment de l'antagonisme créé par la présence du ministre protestant, un autre obstacle rendait son succès plus que problématique. Les Indiens étaient, paraît-il, très montés contre lui, parce qu'on leur avait rapporté qu'une récente décision par laquelle le Conseil d 'Assiniboia défendait de leur donner des boissons enivrantes avait été prise à son instigation. On assurait même que sa vie ne serait rien moins qu 'en sûreté dans cette localité.
Le missionnaire n'en continua pas moins son chemin. Il s'efforça même, sans trop y réussir, de nourrir de la parole de Dieu les nombreuses bandes indigènes qu'il rencontra avant d'arriver à destination On trouvait une excuse pour l'apathie religieuse qui était générale dans une histoire plus ou moins authentique qui faisait alors le tour des bivouacs aborigènes. Un Indien du lac Supérieur était, assurait-on, mort peu après avoir été baptisé. Quand il voulut pénétrer dans le séjour des chrétiens trépassés, il en fut repoussé sous prétexte que leur place n 'était point pour les sauvages. Mais quand il se fut rendu à celle qui était assignée à ses compa-
écrire de cette localité: "Le fort Frances compte généralement environ 250 Indiens dans ses environs. Ils ont constamment au milieu d'eux un missionnaire métis de l'Eglise méthodiste; mais il paraît qu'il était sur le point de les quitter, découragé qu'il était par son peu de succès" (Wanderings of an Artist, p. 451; Londres, 1859).
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triotes, on refusa pareillement de le laisser entrer parce qu'il avait été baptisé. Comme il n'y avait point de place pour lui au pays des mânes, il était revenu à la vie.
M. Belcourt ne pouvait naturellement se laisser arrêter par de pareilles puérilités. Après avoir tourné en ridicule le conte des Indiens, comme il s'apercevait que sa satire n'avait point le résultat voulu, il s 'écria :
— Eh bien! alors recevez le baptême, si vous voulez ressusciter après votre mort et jouir d'une seconde vie.
Ce fut au cours de ce voyage qu'il planta une grande croix à Wabassimong, « le Chien blanc », comme prise de possession formelle de cette place pour l'établissement d'une mission. C'était le 15 juillet 1840. Au lac la Pluie il vit peu de sauvages, à cause de la disette qui les avait dispersés; mais les employés canadiens et leurs enfants métis, qui avaient, pour la même raison, été congédiés afin de pourvoir plus facilement à leurs besoins, n'eurent pas plutôt appris son arrivée qu'ils retournèrent au fort et profitèrent de son ministère.
De retour de ce poste, il eut une occasion de s'apercevoir que, tout aveugles qu'ils étaient au point de vue religieux, même les Indiens savaient distinguer le pasteur du mercenaire. Il rencontra un indigène d'un pays lointain qu'il questionna sur la condition et les progrès spirituels de ses compatriotes.
— Priez-vous là-bas? demanda-t-il.
— Quelques-uns le font, lui fut-il répondu.
— C 'est bien. Ecoutez votre prêtre et devenez de bons Indiens, dit Belcourt. A propos, quel est le nom de ce prêtre?
A cette question l'étranger et sa femme éclatèrent de rire. Puis l'homme reprit:
— Oh! c'est un de ces prétendus prêtres qui sont mariés. C'est pourquoi moi je ne l'écoute point.
Selon Alexandre Ross, la mission de la baie aux Canards, sur le lac Winnipegosis, fut commencée en 1841. Mais Belcourt nous apprend lui-même qu'il l'inaugura pendant la première semaine d'octobre 1840, de la même manière qu'il avait marqué la fondation du poste de Wabassimong, c'est-à-dire par l'érection d'une grande croix ^^. Au cours du même voyage, l'infatigable missionnaire poussa même jusqu'à la rivière Qu'Appelle, et ne revint qu'en automne à Saint-Paul, qui était encore le seul poste indien avec prêtre résident. M. Mayrand l 'avait remplacé pendant son absence.
L'année suivante (1841), un nouveau prêtre vint grossir les rangs trop étroits du clergé de l'évêque de Juliopolis. Il s'appelait Jean-Edouard Darveau. Agé de 27 ans, il s'était généreusement offert, alors que sa mère était mourante et qu 'il ne pouvait avoir aucun espoir de la revoir, pour la lointaine mission de la Colombie; mais il n'avait pu trouver place dans la caravane de la Compagnie qui se dirigeait de