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CHAPITRE X

EXTENSION DANS l'oUEST

Pendant que les ministres de Perrenr prodiguaient ainsi leurs largesses aux Indiens assez petits pour vendre leurs âmes à prix d'argent, l'évêque de Juliopolis avait d'autant plus besoin d'épargner qu'en 1841 il avait perdu la somme de 369 livres sterling par suite de la faillite de la banque Hammersley. Heureusement que la société de la Propagation de la Foi vint vite à son secours en lui allouant la somme de 15,880 francs, qui, non seulement le dédommagea de cette perte, mais l'aida à entreprendre d 'autres travaux \

Provencher n'allait pas tarder à en faire profiter ses missions indiennes.

Celles-ci étaient, en effet, à la veille d'entrer dans une nouvelle phase : un développement graduel vers les plages les plus lointaines de l'occident, dont les heureux résultats allaient le dédommager des désappointements du Canada central. L'important fort Edmonton, ou des Prairies, comme on l'appelait encore, avait alors à sa tête un catholique du nom

1. Provencher à Mgr P.-E. Turgeon, coadjuteur de Québec; Saint- Boniface, 17, 18 et 19 juin 1841.

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de John Rowand, qui fit savoir aux autorités religieuses que le ministre qui avait passé l'hiver avec lui ne faisait aucun progrès dans la conversion des sauvages, dont la majorité étaient des Cris qui paraissaient disposés à écouter les « vrais priants », c 'est-à-dire les prêtres catholiques ^

C'était en 1841.

Le M. Rowand qui invitait ainsi directement les missionnaires de Provencher à se rendre dans ses lointains parages était beaucoup plus qu'un simple bourgeois ou chef de poste. Il se trouvait dans le commerce des fourrures depuis 1800, époque où il était entré dans la compagnie du Nord-Ouest; puis, ayant été promu, après la Coalition, aux grades de traiteur-en-chef et de facteur-en-chef de la nouvelle corporation, il en avait finalement reçu la direction des districts de la Saskatchewan et d'Athabaska. On le connaissait dans l'Extrême-Ouest comme «le gouverneur », et son territoire s'étendait à l'est jusqu'au fort Cumberland inclusivement.

2. Ihid. Le premier ministre protestant qui pénétra chez les Indiens qui fréquentaient le fort Edmonton fut un méthodiste, le Rév. Robert- T. Rundle, qui avait, l'année précédente, quitté l'Angleterre, son pays natal, pour se faire missionnaire chez les sauvages des plaines canadiennes. Il arriva au fort Norway deux mois avant le Rév. James Evans, qui devait inventer le syllabaire cris (Cf. Young, The Apostle of the North, p. 132; Londres, 1899; aussi John Mc- Lean, James Evans, p. 152; Toronto, 1890). L'artiste-auteur P. Kane, avec son infélicité habituelle quand il s'agit de noms propres (par exemple: Thebo pour Thibault; Le Fleek pour Laflèche, etc.), l'appelle M. Rundell, et rapporte le fait qu'il voyagea avec lui en se rendant au fort Edmonton dans l'été de 1846.

L'établissement de Rowand était alors si important que ses employés ne comptaient pas moins de 130 âmes, y compris leurs femmes et leurs enfants {Wanderings, p. 365). Le missionnaire protestant résidait alors dans l'enceinte de ce fort.

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