‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 118 sur 195 · Life and Travels of Thomas Simpson, p. 82; Londres · texte numérisé non relu

Life and Travels of Thomas Simpson, p. 82; Londres

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destination, après un voyage à cheval ou eu charrette qui devait apporter le salut à plus d 'une pauvre âme.

Avec les commodités que la civilisation a mises à la portée du voyageur moderne, il est difficile de se former une idée exacte des fatigues et des périls inhérents à pareille course. Sans mentionner les dangers dus aux hordes sauvages d'Indiens à l'état naturel, toujours prêts à voler, piller et massacrer, le missionnaire dut maintes fois passer à gué des rivières avec l'eau presque jusqu'au cou, ou en se

Signatiire de M. Thibault

cramponnant à la crinière de son cheval à la nage. Et puis, comment se figurer l'inexprimable lassitude d'une chevauchée de six mois, sous les rayons d'un soleil ardent, que ne tempérait d'autre ombre que celle de son cheval, une nourriture monotone et souvent insuffisante, des accidents sans nombre et des difficultés de toutes sortes?

Enfin, en ce qui regardait la marche, le missionnaire n'était guère plus que l'humble serviteur de ceux qu'il devait suivre bon gré mal gré. Aussi.se plaint-il de la rapidité extraordinaire de la course.

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«C'est», dit-il, «bien déplaisant de voir toujours au grand trot des animaux chargés comme sont les miens. . . Aussi, mes chevaux n'en peuvent déjà plus. Si on doit continuer de ce train, je suis dans l'impossibilité de continuer ma route ^ »

Le trajet était à peine moins pénible quand la selle faisait place à la fameuse et excessivement primitive charrette de la Rivière-Rouge. « J 'ai cassé deux essieux et suis prêt à faire mettre le troisième », mande-t-il encore, pour donner une idée des difficultés de la route, dans un pays presque sans aucun chemin tracé, avec des voitures dans la construction desquelles n'entre pas un morceau de fer.

Thibault fut bien reçu au fort Edmonton. Malgré les rapports peu véridiques et les secrètes intrigues du ministre protestant, sa mission chez les Cris eut autant de succès qu'on pouvait l'espérer, étant donné les circonstances et la race à laquelle il s'adressait.

Il reçut même la visite d'une bande de Pieds- Noirs, « les plus méchants sauvages de ces contrées », comme il écrivait à son père". Par l'intermédiaire d'un interprète il leur annonça la bonne nouvelle, et fut écouté avec le plus grand respect. Puis les Indiens lui dirent un solennel adieu à leur manière, c'est-à-dire en lui passant la main sur la tête, les épaules, la poitrine et les bras. Enfin, lui serrant affectueusement la main, ils le quittèrent l'un après

5. Thibault à M. Mayrand, cité par ce dernier dans une lettre à Mgr Provencher, 31 juU. 1843.

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