Rapport sur les Missions, etc.; juin 1843, p
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l'autre, mais seulement après avoir déposé à ses pieds les bonnes résolutions qu'ils formaient pour l 'avenir.
« Tes paroles sont gravées dans mon cœur ; je veux suivre ton chemin », disait l'un. « Moi, je n'ai pas été un bien méchant homme; je veux pourtant devenir meilleur», disait un autre, ajoutant qu'il portait le missionnaire dans son cœur parce qu'il avait eu pitié de lui et lui avait enseigné le chemin de la vie. Un troisième était oppressé par un passé plus orageux, ou était peut-être plus scrupuleux. « J'ai eu un mauvais cœur », avouait-il, « j'ai été un méchant homme. J'ai honte devant toi; mais prendsmoi en pitié : je te promets de vivre autrement, maintenant que je t'ai vu et entendu. »
De simples paroles, dira-t-on peut-être. Oui, des paroles ; mais, en quelques cas du moins, des paroles qui étaient les précurseurs d'actions. Dans cette circonstance et autres semblables, Thibault ne faisait que semer, et, bien que la semence évangélique n'ait pas toujours levé, ni pris les développements auxquels on aurait pu s'attendre, on doit se rappeler que, sans ces premières impressions, l'histoire de la valeureuse nation pied-noire aurait pu s'écrire avec beaucoup plus de sang, surtout ce chapitre qui a trait à la suprême épreuve qui l'attendait avec l'invasion de la race blanche.
Dans tous les cas, l'envoyé de Dieu fit une telle impression qu'il ne put s'empêcher d'éprouver de la confusion en voyant les témoignages de respect dont
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ils le gratifiaient. Comme preuve qu'ils voulaient au moins mettre à l'essai les pratiques de la vie chrétienne ils demandèrent, et Thibault donna à leur chef, un papier sur lequel étaient marqués les jours de la semaine, afin, dit le missionnaire, «qu'ils puissent connaître le dimanche et le sanctifier ».
M. Thibault se remit alors en route pour la Eivière-Kouge, qu'il atteignit le 20 octobre 1842, après avoir baptisé 353 enfants, béni 20 mariages et admis quatre personnes à la première communion. Eu plus de ces consolants résultats, il apportait avec lui une pétition au gouverneur, signée par les métis et les Indiens de l'Extrême-Ouest, qui demandaient l'établissement d'une mission au milieu d'eux, en dépit de la décision contraire que cet officier avait précédemment prise.
« Tous les métis et la plupart des sauvages ont abandonné les ministres méthodistes pour écouter le prêtre catholique », annonçait joyeusement M^'" Provencher à l 'évêque de Québec. « Malgré les mensonges et les calomnies que le fanatisme et la haine ont fait débiter contre lui et la doctrine qu'il venait enseigner, il a réussi à faire triompher la vérité ^ »
Ce qui assurément ne voulait pas dire que tous les sauvages fussent dès lors catholiques, et qu'il n'y eût plus rien à faire qu'à entretenir la piété chez eux. L'Indien est par nature impressionnable. En face du nouveau et de l'inouï, il se laisse facilement