CHAPITRE III
SECULIERS ET REGULIERS
Le 24 mai 1845, M. Thibault était encore à l'Ile-àla-Crosse, où il éprouva de si grandes consolations qu'il ne put s'empêcher d'écrire: « Je travaille jour et nuit ; je suis à moitié mort. J 'ai vu tous les sauvages qui traitent à ce poste, environ quatre-vingts familles, et tous, depuis le plus jeune jusqu'au plus vieux, montrent un zèle extrême à apprendre. . . Jour et nuit ils sont occupés à se montrer les prières afin d'être baptisés plus \âte. « Hâtons-nous », disent-ils, « car nous allons peut-être mourir bientôt et nous ne « pourrons pas voir Dieu. » Il n'est pas possible que jamais peuple sauvage soit mieux disposé que les Montagnais à embrasser la foi \ »
Là-dessus il fait un vibrant appel aux ouvriers évangéliques doués d'aptitudes pour l'acquisition des langues, d'autant plus qu'il lui paraît que les tenants de l'hérésie guettent leur proie et que les méthodistes n'attendent que le moment favorable pour s'introduire dans cette peuplade si bien disposée.