INDIEN DE L'EXTREME-OUEST
SÉCULIEKS ET KEGULIERS 297
Il va sans dire que, avec des Indiens si primitifs et à l'intelligence et aux dispositions si enfantines, il faut faire la part de l'impressionabilité d'une nature portée à la religion, prompte à céder à l'impulsion d'un moment de générosité, mais trop souvent prête aussi à retomber dans la routine d'une vie bien différente de l'idéal chrétien. Ce n'était pas une tâche herculéenne de convertir de pareilles gens au christianisme : la difficulté était de les faire adhérer constajnment à la règle de conduite morale qu'il prescrit.
Pendant sa course apostolique de 1845, M. Thibault parvint, le 4 juin, jusqu'au fameux portage la Loche, la hauteur des terres entre les bassins de la mer Arctique et de l'Atlantique, qui était le grand rendez-vous des brigades de canots que les traiteurs de fourrures envoyaient du nord et du sud — les premiers chargés de précieuses pelleteries que les seconds prenaient et transportaient à la baie d'Hudson et de là en Angleterre.
Là aussi le missionnaire fut témoin du même enthousiasme religieux. « Ce bon peuple est d 'une docilité indicible », dit-il. « Dieu seroit-il venu en personne au milieu d'eux pour leur faire connoître lui-même ses volontés, je crois qu'ils ne le traiteroient pas avec plus d'honneur et ne l'écouteroient pas avec plus de docilité, quoique je ne sois que son très indigne représentant -. »
Le bon missionnaire était si enchanté du résultat