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Du même au même, 18 juin

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Il avait lui-même vu son titre de vicaire apostolique du Nord-Ouest, changé en celui d'évêque titulaire par des bulles datées du 4 juin 1847. Celles-ci ne lui parvinrent qu'un an après, et elles avaient cela de particulier qu'elles ne lui assignaient point d'autre siège que celui du Nord-Ouest, titre territorial propre à un représentant du Pape plutôt qu'au gouverneur d'une église autonome ".

Cette nomination fit revivre certains plans déjà élaborés en vue de diviser son immense territoire. Au cours de 1846, les évêques de l'Est avaient proposé pour l'Ouest canadien la formation d'une province ecclésiastique en règle avec métropolitain et

11. La plus grande confusion paraît régner dans les documents qui ont été publiés jusqu'à ce jour sur l'évolution de l'évêque de Juliopolis en évêque de Saint-Bonifaee. Se copiant l'un l'autre, à défaut des papiers officiels qui furent détruits dans l'incendie de 1860, les auteurs s'accordent généralement à dire que Mgr Provencher fut nommé vicaire apostolique de la Eivière-Eouge en 1844 et évêque de Saint-Bonifaee en 1847. L'vme et l'autre de ces assertions sont pourtant erronées. Il n'y a jamais eu de vicaire apostolique de la Eivière-Eouge; le titre officiel de ce prétendu personnage était: vicaire apostolique du Nord-Ouest. D'un autre côté, le diocèse de Saint-Bonifaee n'existait point avant le voyage de Mgr Taché à Eome en 1852.

Mgr Provencher ne paraît pas lui-même avoir eu là-dessus des idées bien claires. Ecrivant le 20 juin 1845 à l'archevêque de Québec, il dit bien qu'il vient de recevoir les bulles qui le nomment vicaire apostolique; mais trois ans plus tard (14 juin 1848), nous le voyons signer: ''évêque de JuUopoÛs ou de Saint-Bonifaee". Et il ajoute: " Je n'ai plus de nom : je prendrai celui de la cathédrale. Nord- Ouest est inconnu ici. . . Si l'on n'est pas content, je changerai encore ". Cette dernière remarque, ajoutée à sa tentative d'assumer un titre qui ne lui appartenait point, montre bien qu'il n'avait pas d'idées bien précises sur la place qu'il occupait dans la hiérarchie catholique avant 1852, quand son coadjuteur lui apporta de Eome son nouveau titre d'évêque de Saint-Bonifaee.

Pour nous résumer, Mgr Provencher fut nommé évêque de Juliopolis en 1820, vicaire apostolique du Nord-Ouest en 1844, évêque du Nord-Ouest en 1847, et évêque de Saint-Bonifaee en 1852.

TEOUBLES ET CONSOLATIONS 323

évêques suffragants. Consulté à ce sujet, Provencher trouva cette mesure prématurée à cause du caractère relativement désert de cet immense pays; mais il manifesta le désir d'avoir un coadjuteur qui put entreprendre et mener à bonne fin les grands voyages qu'il savait nécessaires, mais que le manque de forces l'empêchait d'accomplir. De plus, il aurait voulu que, au cas du décès du titulaire, le coadjuteur put ipso facto lui succéder.

Pour ce poste important il avait déjà jeté les yeux sur M. Laflèche, qui n'avait encore que 29 ans, mais aurait atteint l'âge canonique avant que les négociations à ce sujet fussent terminées. Selon son habitude en pareil cas, M^'" Provencher citait l'opinion du P. Aubert en confirmation de son propre avis. Malheureusement pour la prompte réalisation de ses plans, M. Laflèche était alors en très mauvaise santé. De fait, sa condition était telle qu'il ne pouvait songer à voyager.

Il y avait bien encore une autre alternative. Le P. Taché était un homme capable, avait reçu une excellente éducation, jouissait d'une santé florissante et se faisait remarquer par de grandes qualités intellectuelles ; mais il était si jeune ! Il venait seulement de naître, ne pouvait s'empêcher de s'écrier Provencher dans l'angoisse de son âme ^^

Cependant l'évêque du Nord-Ouest dut revenir

12. Provencher ne croyait pas le P. Aubert acceptable pour cette position à cause de sa nationalité. Quant à M. Laflèche, il avait été en 1848 nommé vicaire général et administrateur du diocèse en cas de vacance du siège.

de sa décision touchant l'inopportunité de diviser son territoire ; car, en juillet 1848, nous le voyons écrire au coadjuteur de Québec : « Il paroit que M. Belcourt doit être évêque à Pembina. . . Si le père Taché étoit plus vieux, il pourroit très bien faire l'affaire, mais on ne doit point penser à lui pour le moment ^^ »

Le vénérable prélat révèle alors ses propres plans. Il annonce qu'il écrit au cardinal Fransoni, lui demandant de voir à ce que son diocèse soit divisé en trois, à savoir: un diocèse dans le Nord- Ouest, avec siège à Edmonton, qu'on confierait à M. Thibault ; une autre division aurait pour résultat un second diocèse, cette fois dans le Grand-Nord, avec Athabaska comme quartiers généraux. En attendant une organisation complète, il proposait que ce dernier fut gouverné d 'Edmonton. Il terminait en disant : « Encore quelques années et le P. Taché aura atteint l'âge requis. Comme les Oblats sont chargés de ces missions, il ne seroit peut-être pas mauvais que l 'évêque fut oblat. »

Comme nous le verrons bientôt, le premier projet d'avoir un simple coadjuteur sans partition du diocèse finit par prévaloir. Il ne fut pourtant pas mis à exécution avant que M. Belcourt eut joué sa dernière carte dans le monde politique de la Eivière-Eouge.

Malgré l'immense commotion qu'elle avait causée dans les cercles du commerce des pelleteries et ailleurs, la pétition de 1847 n'améliora pas sensi-

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