‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 160 sur 195 · A Mgr Turgeon, 18 juil · texte numérisé non relu

A Mgr Turgeon, 18 juil

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blemeiit le sort de ceux qui l'avaient signée. Le mécontentement de la population française n'avait même fait qu'augmenter à cause des procédés répréhensibles du magistrat principal, M. Adam Thom, un homme capable, mais qui passait pour nourrir des sentiments anti-français ". Le rôle qu 'il avait joué dans l'Est lors de la rébellion de 1837 et depuis, ne pouvait que confirmer l'opinion publique sous ce rapport.

Créature de la compagnie de la baie d'Hudson, qui lui faisait un salaire annuel de £700 en plus du logis et du couvert, non seulement Thom refusait de laisser parler le français à son tribunal, bien que la majorité de ceux qui y passaient ne connussent point l'anglais, mais il était encore regardé comme l'instigateur des récentes mesures vexatoires de la Compagnie, ou du conseil d'Assiniboia, entre lesquels on voyait communément peu de différence.

En mars 1849, un métis du nom de William Sayer, qui était regardé comme français bien que son père eût été un bourgeois anglais de la compagnie du Nord-Ouest", fut accusé d'avoir acheté illicitement des fourrures des Indiens. Il fut donc arrêté, après une vigoureuse résistance qui lui valut l'infliction de sérieux sévices par les mercenaires de la compagnie de la baie d'Hudson. Mais on finit par l'élargir sous caution, quitte pour lui à se présenter pour

14. Il avait été rédacteur du Herald, de Montréal, et attaché sous l'administration de Lord Durham à la commission des municipalités.

15. John Saver, ou Sayers, qui était traiteur dans l'Ouest en 1797-98.

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subir son procès aux prochaines assises criminelles, avec d'autres métis auxquels on reprochait un méfait identique.

Ces arrestations, venant après l'agitation déjà mentionnée, furent l'étincelle qui mit le feu aux poudres. Les métis prirent la résolution d'empêcher que leurs compatriotes n'eussent à souffrir des suites d'actions qu'ils approuvaient pleinement. Néanmoins, de peur d'agir imprudemment, ils voulurent consulter leur conseiller ordinaire, M. Belcourt, alors à Pembina. Considérant les excès commis par la Compagnie au nom d 'une charte • que beaucoup de juristes regardaient comme invalide, excès dont il avait lui-même eu à souffrir, Belcourt fut d'opinion que si les vétérans étaient appelés aux armes pour faire observer une décision basée sur cette charte, il serait permis de repousser la force par la force ^®.

Or il arriva que les métis avaient précisément dans leurs rangs un homme apte à les diriger dans une éventualité comme celle-là. C'était un nommé J.-Louis Rielle (ou Eiel), un homme de 32 ans, qui était le fils d'une métisse franco-montagnaise et d'un Canadien-français. Comme il avait passé une assez grande partie de sa vie dans l'Est, où il était même entré au noviciat des Oblats, il jouissait pour cette raison d'une considération toute particulière chez les métis.

Appréhendant quelque embarras, la compagnie

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