‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 179 sur 195 · TACHÉ SUCCÈDE À PROVENCHER · texte numérisé non relu

TACHÉ SUCCÈDE À PROVENCHER

Cris du lac Vert, avec des résultats qui auraient pu être plus satisfaisants, bien que personnellement il ait été content de l'assiduité des Indiens à venir l'écouter.

On ne saurait douter que ce clergé du nouvel évêque de Saint-Boniface ait été non seulement dévoué, mais même enthousiaste de l'œuvre qui lui incombait. Le zèle des missionnaires catholiques leur gagna l'amour constant de leurs ouailles et l'admiration des honnêtes protestants, parfois même de leurs rivaux dans le champ évangélique. Ainsi l'on peat regarder les remarques suivantes publiées en 1854 par l'un des ministres wesléyens qui venait de visiter le titulaire de la mission du fort William, comme exprimant fidèlement l'opinion de la plupart des protestants contemporains de l'Ouest sur ce sujet :

« Je fis observer à nos frères », écrit le Eév. John Ryerson, « qu'un zèle si manifeste pour le travail, qui témoignait d'un tel esprit de sacrifice, était digne d'une meilleure cause que la diffusion du papisme, et qu'il était de nature à nous humilier lorsque nous le faisons contraster avec les efforts et les succès de quelques-uns de nos propres missionnaires, qui semblent mesurer l'espèce et la quantité de leur travail avec autant de soin et d'exactitude qu'un Juif le ferait pour une pièce de velours de soie. Je me rappelle un missionnaire, sinon plus, qui ne voulait point faire la classe sous prétexte que cette occupation n'était point tout à fait canonique et était au-

dessous de la dignité de son ofiQce, ajoutant qu'il s'était fait ministre et non maître d'école.

«Une chose est certaine, c'est que les missionnaires catholiques romains dans toute l'étendue de ces vastes régions nous surpassent de beaucoup en zèle, en travail, en esprit de sacrifice, et que le succès qui couronne leurs efforts est de beaucoup supérieur au nôtre, et que, à moins que nous ne nous donnions plus de mouvement et ne fassions des efforts beaucoup plus unis, plus ardents et plus persévérants, ce pays tout entier sera envahi par les ronces, les épines et les buissons du papisme ^. »

Ce tribut d 'admiration à peine voilée pour les missionnaires catholiques, arraché bien à contre-cœur à l'un de leurs principaux adversaires, est d'autant plus précieux que leurs travaux s'attaquaient à la racine même du mal. Les prêtres s'en prenaient à la nature corrompue de l'Indien, au lieu de se contenter de lui enseigner la foi au Rédempteur et de lui faire observer le repos dominical — un Indien est toujours prêt à se reposer.

Comme le P. Faraud se rendait à l'Ile-à-la-Crosse en 1847, il eut, en traversant le district du lac Cumberland, l'occasion de s'aboucher avec un sauvage dans lequel il reconnut bien vite une conquête du protestantisme, qui avait précédé les catholiques dans cette partie du pays. Faraud décrit ainsi son arrivée au fort de traite:

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