Hudson's Bay Territory, p. 19; Toronto
TACHÉ SUCCÈDE À PKOVENCHEE 375
« Je débarquai le premier, et pendant que les voyageurs faisaient le portage, on vint m 'annoncer l'arrivée d'un chef de tribu. J'allai le trouver dans l'espoir de le gagner à Dieu. Il me reçut avec une morgue anglaise qui me donna peu d'espoir de réussir.
— «Veux-tu être chrétien I lui dis-je.
— « J'ai été baptisé par le ministre anglais.
— « Comment vis-tu?
— « Avec mes trois épouses.
— «Dieu n'en permet qu'une aux chrétiens.
— «Le ministre anglais m'en a laissé trois; je les garde. »
Rien d'étonnant si le missionnaire catholique ajoute immédiatement:
«J'admirai la conscience élastique du révérend ministre, et, comprenant aux réponses sèches du sauvage que je n'obtiendrais rien de lui, je le laissai peu satisfait de ce que je n'avais aucun présent à lui faire ^ »
Nous regrettons d'avoir à dire nous-même que ceci n'est aucunement un cas isolé dans l'histoire des missions du Nord canadien. On comprend que les instincts grossiers et charnels de l'Indien se soient infiniment mieux accommodés de ces compromis honteux que de la morale intransigeante de l'Evangile prêchée par le prêtre catholique. En sorte qu'il n'y a guère d'exagération à regarder comme un