Vingt Années de Missions, pp
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Cette tournée d'inspection conduisit le jeune prélat d'abord au fort Pitt, sur la Saskatchewan, où il fut un témoin attristé des ravages dus à l'excès des boissons enivrantes parmi les sauvages; puis au fort Edmonton, qui avait été mis sous le vocable de Saint-Joachim. Il rencontra là M. Lacombe et confirma dix-sept personnes (25 mars). Deux jours plus tard, il se rendit en traîneau à cMens à la mission de Sainte-Anne, où l'attendait le P. Rémas. M. Lacombe ayant appris la pitoyable position de ce dernier au lac la Biche, l'avait arraché à son poste naissant pour le faire profiter du passage de l'évêque. La description du « palais » de l'évêque nous permet de juger de ce que devait être le réduit du pauvre père, puisque même alors on ne le trouvait pas digne d'abriter un être humain.
La visite de l'évêque à Sainte-Anne fut marquée par le baptême, le samedi-saint 1854, de vingt-deux adultes et la confirmation de quatre-vingt-dix-huit personnes qui avaient tout récemment abjuré l'hérésie ou le paganisme.
De là le P. Rémas accompagna son ordinaire à son rudiment de mission sur les bords du lac la Biche. Le l®"" mai, des mesures furent arrêtées en vue de porter remède jusqu'à un certain point à l'indescriptible misère qui avait jusque-là été le partage du fondateur de ce nouveu poste.
Deux semaines après, M^ Taché revoyait son fameux palais de l'Ile-à-la-Crosse. Le P. Tissot donna alors au portage la Loche une mission qui fut
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couronnée de succès, tandis que le P. Végreville qui avait déjà acquis une certaine connaissance de la langue montagnaise, faisait ses premières armes au lac Froid.
M^"" Taché avait écrit à son bien-aimé père, M^ de Mazenod, dans le but d'en obtenir encore d'autres ouvriers évangéliques. En réponse à ses différentes requêtes, un jeune prêtre de haute stature et de mine avenante était reçu au mois d'août 1854 par ses frères oblats, les PP. Bermond et Maisonneuve, dont le dernier était toujours condamné à un repos forcé. Ce jeune prêtre était le P. Vital-Julien Grandin ^ qui, avant son ordination, avait été rejeté par les autorités du séminaire des Missions Etrangères, à Paris, comme impropre à la rude tâche d'un missionnaire, par suite de la faiblesse de sa constitution. Il devait pourtant fournir une carrière de quelque cinquante-huit ans, pleine de mérites et de glorieux labeurs dans l'Amérique du Nord.
Avec lui vinrent à Saint-Boniface trois frères des Ecoles chrétiennes, qui devaient prendre en mains la direction du collège. Leur arrivée était due surtout à la générosité de M^ Bourget, évêque de Mont-
5. V.-J. Grandin naquit à Saint-Pierre-sur-Orthe, diocèse de Laval, France, le 8 février 1829. Après avoir étudié au petit séminaire de Précigné, il entra, le 21 septembre 1851, au séminaire des Missions Etrangères, à Paris, que sa mauvaise santé dut bientôt lui faire quitter. Il commença alors son noviciat chez les Oblats (28 déc. 1851), et fut définitivement admis dans leur congrégation par les vœux qu'il prononça le 1er janvier 1853. Le 24 avril de l'année suivante, il fut promu à la prêtrise par Mgr de Mazenod.
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réal, qui avait fait faire dans son diocèse une quête dont le résultat fut la somme de £364.
Faute de local spécial, les nouveaux religieux furent d'abord logés à l'évêché.