LES CLOCHES DE LA CATHEDRALE DE SAINT-BONIFACE
The voyageur smiles as he listens To the Sound that grows apaee,
Well he knows the vesper ringing Of the bells of St. Boniface,
The bells of the Eoman mission That call from their turrets twain
To the boatman on the river, To the hunter on the plain.
— Whittiee.
Le vent du nord gémit tristement dans les branches, La Rouge étend au loin ses anneaux paresseux: A l'horizon se dresse un camp de tentes blanches, Un camp assiniboine ou de chasseurs sauteux.
Le regard s'assombrit. La pensée éperdue Scrute les profondeurs de la plaine sans fin. Devant l'immensité de la verte étendue L'aviron se fait lourd et des mains glisse enfin.
Voyageur attardé, voici la nuit; arrête. Qu'entends-tu? Les soupirs de la bise qui mord, Ou le perfide appel du Sioux qui te guette ? Est-ce le cri plaintif de l'outarde du nord?
C'est un son argentin qui sème dans l'espace L'adieu mélodieux de la cloche du soir. Le voyageur écoute; il sourit à l'espoir: H reconnaît vos voix, tours de Saint-Boniface.
Les voix des deux tours sœurs, divines voix du ciel, Réjouissant le cœur du métis intrépide, De l'Indien harassé, des voyageurs sans guide Perdus et s 'avançant dans un ennui mortel.
Sur les bords désolés du fleuve de la vie, Parfois soufflent aussi les vents glacés du nord, La main perd l'aviron, la course est infinie; Pour pousser le canot, le cœur n'a plus d'effort.
Heureux alors celui dont la docile oreille Entend l'appel divin pour déposer le faix. C'est le dernier voyage. Enfin il appareille Au carillon joyeux de l'éternelle Paix.
A. Chossegeos, s. J.
EREATA
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