‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 21 sur 195 · PROGRÈS ET DÉCADENCE · texte numérisé non relu

PROGRÈS ET DÉCADENCE

Sur ces entrefaites, trois cents guerriers monsonis ^ étaient partis pour le pays des Sioux, en compagnie de deux cent-cinquante Cris, bien déterminés à venger dans une expédition à leur propre compte le tort fait aux Français. Peu de temps après, huit cents Assiniboines avaient pris la même direction dans un but identique. Mais la petite vérole, apportée de la baie d'Hudson, se déclara dans leurs rangs et paralysa leurs efforts. Dieu se réservait de punir lui-même les meurtriers de son ministre et de ses compagnons.

D'un autre côté, désireux d'avoir les Français à la « Grande Fourche des Assiniboëls », les Indiens leur élevèrent un fort de leurs propres mains ^ Il convenait dès lors que l'explorateur fit quelque chose pour les satisfaire. Dans l'automne de 1738,

4. On ne s'accorde pas absolument sur le rang que tenaient les Monsonis de Lavérendrye dans la grande famille algonquine. D'aucuns voudraient voir en eux une subdivision des Cris, tandis que d'autres les croient plus proches parents des Sauteux du Nord. Ils paraissent avoir occupé la vallée de la rivière à l'Orignal (Moose B.). Ils n'existent plus en tant que division ethnique, ou du moins ils ne sont plus comptés comme tels.

5. Depuis le 14 cet. 1737, il fut constamment question de transférer le fort Maurepas à la " Grande Fourche de la rivière Eouge pour faciliter la navigation et le commerce " (Journal de Lavérendrye cité par de Beauharnois). Pour hâter la réalisation de ce plan, les Indiens " avoient fait un grand fort à la grande fourche des Assiniboiles pour y retirer les François ". (De Beauharnois au ministre en France, 1 oet. 1738). L'édifice dû à l'initiative aborigène ne paraît pas avoir été remarquable par son excellence architecturale; car Lavérendrye dit formellement dans son journal pour les années 1738-39 que M. de la Marque lui dit avoir amené à la Fourche M. de Louvière, avec deux canots pour y bâtir un poste qui subviendrait aux besoins des Indiens de la rivière Kouge, ajoutant qu'il consentait à cela pourvu que ceux-ci en fussent avertis. Ce nouvel établissement était le fort Rouge, dont le nom est aujourd'hui connu de tous les habitants de Winnipeg.

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il partit pour le lac Winnipeg, et remonta la rivière Eouge dont il atteignit la jonction avec l'Assiniboine le 24 septembre de la même année.

Il se trouvait alors à l'emplacement même où devait plus tard s'élever la métropole du Canada central, la grande ville de Winnipeg ^.

De là, malgré que l'Assiniboine fut extrêmement basse, il remonta ce cours d'eau jusqu'à un point où les Indiens avaient l'habitude de laisser leurs canots pour se diriger par terre au lac Manitoba — aujourd'hui le Portage-la-Prairie. Là il fonda un poste qu'il appela fort la Reine, en l'honneur de l'épouse du roi de France. Ce poste devait lui servir de seconde base d'opérations dans l'Ouest.

Il n'entre point dans nos plans de suivre Lavérendrye et ses fils dans toutes leurs expéditions, ni d'entrer dans les détails de leur commerce avec les aborigènes. Nous nous bornerons à mentionner le grand voyage au pays des Mandanes que l'explorateur-en-chef fit, du mois d'octobre 1738 à février 1739, et les excursions presque aussi importantes de son fils le chevalier ^ aux lacs Manitoba, Dauphin, Winnipegosis et Bourbon, ainsi qu'à la Saskatche- "wan inférieure. Le chevalier de Lavérendrye fut le premier blanc à voir ces importants points géographiques.

6. H faut espérer que, lorsque la mémoire du grand lavérendrje sera honorée au Manitoba comme elle le mérite, cette date mémorable du 24 septembre sera reconnue par la célébration de quelque fête publique à Winnipeg.

7. Pierre Gauthier, son fils aîné depuis la mort de Jean-Baptiste.

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Au printemps de 1741, son père dut encore retourner à Montréal, d'où il revint avec le P. Claude- Godefroy Coquart, S. J., qui fut pourtant forcé par quelque intrigue due à la jalousie de rester momentanément à Michillimakinac.

Dans le cours de l'année suivante (1742), eut lieu le fameux voyage qui eut pour résultat final la découverte par le chevalier et son frère François des montagnes Rocheuses, dont ils escaladèrent même un éperon après avoir fait face à des périls sans nombre au milieu de hordes de grossiers sauvages (janvier 1743). Les explorateurs atteignirent vraisemblablement un point dans le coin sud-ouest de ce qui est aujourd'hui le Montana.

Pour en revenir au missionnaire susmentionné, nous voyons que le P. Pierre du Jaunay, de Michillimakinac, s'était offert pour aller évangéliser les Mandanes abandonnés à leur sort depuis la mort de celui qui devait être leur missionnaire. « Il y avait grande apparence que notre religion jetteroit de profondes racines chez ces nations [à en juger par le] caractère dont on les dépeint et [parce] qu'ils ont sept villages dont le moindre est de quinze cents âmes, » avait mandé le gouverneur de Beauharnois en date du 14 août 1739 ^ Mais la présence du P. du Jaunay fut réputée nécessaire parmi des sauvages qui le connaissaient déjà, et on préféra un nouveau prêtre pour les missions de l'Ouest. Pour-

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