‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 24 sur 195 · Margry, vol. VI, p · texte numérisé non relu

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pouvait s'attendre à posséder sur eux l'influence de Lavérendrye, et même ce gentilhomme ne réussit pas toujours à les tenir en paix. De plus, de Noyelle restait constamment dans l'un ou l'autre des postes de l'Est, n'éprouvant aucune inclination pour l'activité qui avait caractérisé son prédécesseur.

Mais il eut le bon esprit d'appeler à son secours les fils de Lavérendrye. De Beauharnois déplorait amèrement l 'éloignement de ce gentilhomme des plaines de l'Ouest, et, en date du 15 octobre 1746, il n'hésitait pas à écrire au ministre des Colonies : « J 'avanceray. Monseigneur, que cet officier est plus propre que personne à suivre cette découverte, et que, sur la demande que m'a fait (sic) le sieur de Noyelle de le relever, je ne balanceray point à renvoyer le sieur de la Vérandrye. »

Le rappel de Beauharnois lui-même empêcha l'exécution de ce projet.

Son successeur, le marquis de la Galissonnière, doit avoir aussi été d'opinion qu'on avait erré dans l'administration de l'Ouest, quand il écrivit ainsi au ministre à Paris, le 23 octobre 1747 : « Ce qu'on vous a mandé au sujet du sieur de la Vérandrye comme aïant plus travaillé à ses intérêts qu'à la découverte, est très faux, et au surplus tous les officiers qu'on y employera seront toujours dans la nécessité de donner une partie de leurs soins au commerce, tant que le Roy ne leur fournira pas d'autres moyens de subsister. »

Ce n'était là, naturellement, que l'expression du

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simple bon sens. Pourtant la faute commise resta sans réparation. Après avoir encore temporisé dans l'Est, de Noyelle dut enfin se diriger vers son peu enviable domaine. Dans le cours de l'été 1748, il vit pour la première fois le fort la Reine, où il arriva en compagnie du chevalier de Lavérendrye, après que celui-ci eut eu relevé en chemin le fort Maurepas qui avait été brûlé par les Indiens ". Pierre-Gaultier rendit un semblable service aux bâtisses du fort la Reine qui menaçaient ruine. Puis il se dirigea vers le nord et érigea cette même année sur le lac Winnipegosis un poste qui fut connu sous le nom de fort Bourbon, ainsi qu'un autre appelé fort Poskoyac, situé dans le voisinage de la fourche de la Saskatchewan.

Puis de Noyelle se retira d'une place pour laquelle il n'avait aucune aptitude (1749).

C'était là une bonne occasion d'y renvoyer le vétéran dont on avait partiellement reconnu en 1746 les droits à la reconnaissance publique en l'élevant au grade de capitaine, et plus récemment (1749) en le nommant chevalier de Saint-Louis. C'est aussi ce qu'on dut penser en haut lieu ; car, dans une lettre datée du 17 septembre 1749, Lavérendrye fait mention de l'ordre qu'il venait de recevoir de La Jonquière, le nouveau gouverneur canadien, de

14. Dans son livre sur l'Ouest Canadien, l'abbé G. Dugas prétend (pp. 109 et 125) que de Noyelle ne se rendit jamais plus loin que Michilliinakinac, bien qu'à la p. 112 du même ouvrage il admette implicitement qu'il alla aux " postes de l'Ouest ", où il " demeura ", et d'où " il se liâta de demander sou rappel à Montréal ".

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reprendre la série de ses découvertes. Il avait même envoyé à ce dernier une carte de la route qu'il pensait suivre (dont le document que nous reproduisons ci-contre est probablement la copie), et lui avait communiqué ses plans pour l'avenir.

Mais un suprême désappointement l'attendait même à cette heure de tardive justice. Il mourut le 6 décembre 1749 '% âgé de 64 ans, et fut inhumé dans la crypte de l'église Notre-Dame, à Montréal.

Lavérendrye était, au dire de Beauharnois qui le connaissait intimement, « un homme doux, ferme et bien plus en état de tirer d'eux [les Indiens] les connaissances nécessaires aux progrez de cette découverte, à laquelle le sieur de Noyelle n'a aucunement avancé depuis deux ans ^^ ». La postérité, dont l'horizon est moins borné parce qu'elle est plus éloignée du héros, et qui peut apprécier à sa juste valeur les solides qualités de cet homme vraiment grand, de ce bon chrétien et de ce vrai patriote, décidera sans doute que pleine justice n'aura point été rendue à sa mémoire tant qu'on ne lui aura point élevé une statue dans le territoire qui fut le théâtre de ses hauts faits.

Son fils aîné, le chevalier, qui avait déjà tant contribué à la découverte et à l'exploitation de l'Ouest

15. Non pas le 5 comme le disent certains auteurs. Lavérendrye n'était pas un savant. Il avait évidemment plus travaillé et couru qu'étudié. Son style est celui d'un gentilhomme, mais son orthographe est abominable, et ses phrases sont jetées pêle-mêle sur le papier, sans ordre ni presque de ponctuation,

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