Les Bourgeois du Nord-Ouest, vol. II, p
y avait pourtant des exceptions. L'une d'elles était le cas d'un nommé John Macdonell, dont le frère Miles devra bientôt attirer notre attention. John Macdonell nous apparaît comme une figure unique, strict et consciencieux, au milieu d'une tourbe d'officiers de traite dont la vie était un défi continuel à toutes les lois de la justice et de la décence. Il était un excellent catholique, et ses employés l'avaient surnommé le Prêtre, à cause de sa scrupuleuse observation des fêtes de l'Eglise et de l'abstinence hebdomadaire, ainsi que de son zèle à les faire garder par ceux qui étaient sous lui ^*.
Issu d'une famille écossaise de l'Empire-Uni, John devint sociétaire de la compagnie du Nord- Ouest vers 1796 et resta dans l'Ouest jusqu'en 1815. Dès 1793 nous le trouvons stationné dans la vallée de l'Assiniboine, où il représentait sa corporation et, selon toute apparence, blâmait ses procédés si violemment hostiles contre la compagnie de la baie d'Hudson. C'est du moins ce que nous sommes en droit de déduire de sa probité bien connue et de la conduite que nous savons qu'il tint en d'autres localités. Il se trouvait en 1806 au poste important que sa corporation possédait à l'Ile-à-la-Crosse, où son compétiteur au compte de ses rivaux était un M. Fiddler qui venait d'arriver de la factorerie de Churchill, suivi de dix-huit hommes qui devaient établir un fort de traite à côté de celui de la compagnie du
19. On raconte qu'on le rencontra dans l'Est encore à jeun, ua jour de jeûne, bien que midi eût sonné et qu'il fût en voyage.
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Nord-Ouest. L'historien de ce dernier corps commercial, Beckles Willson, déclare formellement que Macdonell en fut éloigné parce qu'il ne voulait pas « braver tout principe de loi et de justice ^'^ », le plus honorable témoignage dont un homme en sa position put être gratifié ".
L'hostilité entre les deux compagnies devint de plus en plus ouverte, tellement que, fatiguée de sa majestueuse inaction dans la retraite où elle avait vu le jour, et où elle avait l'habitude d'attendre les chasseurs au lieu de courir après eux, la dernière résolut enfin de porter la guerre en Afrique. C'est de cette résolution que naquirent les postes qu'elle établit sur l'Assiniboine supérieure (1790), à Brandon (1794), près du Portage-la-Prairie (1796) et sur la rivière Rouge (1799).