‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 55 sur 195 · Montréal · texte numérisé non relu

Montréal

5. Montréal, 4 avril 1816. Miles Macdonell quitta la Rivière-Eouge dans le cours de 1817, et mourut en 1828 sur une ferme qu'il avait acquise à Osnaburg, Haut-Canada. Les terribles scènes qui avaient été son partage dans l'Ouest avaient laissé sur son esprit une empreinte indélébile, qui contribua probablement à hâter sa mort.

Le noble fondateur de la colonie lui-même, sans être catholique, ne crut point déroger à sa dignité en s'y associant et en appuyant hautement la requête de Macdonell dans une communication qui accompagnait la lettre de ce dernier :

« Je suis absolument persuadé », écrivait-il à l'évêque de Québec, « qu'un ecclésiastique zélé et intelligent pourrait faire un bien immense à ces gens [les Canadiens] parmi lesquels tout sentiment de religion semble presque éteint. Ce serait une bien grande satisfaction pour moi de coopérer autant qu'il est en mon pouvoir à une si bonne œuvre; et si Votre Grandeur veut bien choisir une personne apte à l'entreprendre, je ne puis avoir aucune difficulté à l'assurer que je lui procurerai toutes les commodités et tout l'appui que Votre Grandeur pourra juger nécessaires ^. »

' De si touchants appels ne pouvaient rester sans réponse. M^'" Plessis fit donc savoir par le courrier qui suivit que, en conformité avec de si louables sentiments, l'abbé Pierre- Antoine Tabeau, prêtre canadien, accompagnerait M. Macdonell jusqu'à la Rivière-Rouge dans un voyage d'exploration, avec ordre d'envoyer un rapport sur la question de savoir s'il était judicieux d'y établir une mission permanente ou non. L'évêque de Québec faisait de ce prêtre l'éloge suivant à Lord Selkirk:

« Santé robuste, solidité de caractère, intelligence remarquable, zèle et bonne volonté, tout se réunit

Page 1