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5, Londres, 14 avril 1824. Le 12 juin de l'année suivante, Proven-
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En ce qui regardait le personnel de la mission, l'abandon du poste de Pembina eut un fâcheux résultat. L'abbé Dumoulin, tout excellent prêtre qu'il était, avait déjà laissé la vision d'amis, parents et clocher paroissial envahir son imagination et retirer graduellement son cœur du théâtre de ses travaux apostoliques. Il prétexta sa retraite forcée de Pembina pour demander à retourner au Canada.
Ce n'était là que le commencement d'une longue série de semblables départs, qui devaient être la source d'angoisses sans cesse renouvelées pour le chef de la mission qui, n'ayant aucun moyen de recruter son clergé, tenait naturellement à le garder le plus longtemps possible. L'évêque ne s'était pas plus tôt réjoui de l'arrivée d'un nouvel ouvrier dans la vigne du Seigneur, qu'un autre qui n'était resté que quelques années avec lui jetait déjà des regards d'envie sur ceux qui venaient de retourner au pays natal et faisait des plans pour arriver à les suivre dans le plus bref délai.
cher, qui connaissait sa position délicate en pareille occurrence, écrivait à Mgr Plessis : " Il est bien vrai que lorsque le major Long est passé à Pembina, les gens du lieu l'ont chargé d'une requête pour le Congrès Américain ; mais il est très faux qu'elle ait été faite à notre instigation, puisqu'aucun de nous n'y étoit, qu'il n'en avoit jamais été question, et que nous ne l'avons su que longtemps après le passage du major. Je ne sais comment étoit conçue cette requête, qui a fait peu de bruit ici. "
Quant à John Halkett lui-même, il paraît avoir été un homme instruit, mais qui se laissait trop influencer par ses préjugés religieux. En 1825 il publia à Londres un livre intitulé Historical Notes respecting tlie Indians of North America, qui dénote de l'érudition et des qualités intellectuelles, mais est parfois défiguré par l'exhibition d'idées préconçues contre tout ce qui est catholique. Par exemple, à la page 371, il parle sur ^m ton dédaigneux des " doctrines abstruses, vaines cérémonies, règlements gênants et pénitences vexatoires ap-
A part le sentiment naturel qui pousse les âmes trop faiblement trempées à se reporter sans cesse au foyer paternel et aux amis d'enfance, il y avait à la Rivière-Rouge les privations extrêmes que les missionnaires avaient à souffrir. Il y avait en outre rétat de pénible insécurité dans lequel ils devaient passer leur vie, et qui n'était nulle part plus prononcé qu'à Pembina. A la date du 10 novembre 1822, le pasteur de cette localité écrivait que, si le côté spirituel de sa mission était satisfaisant, il s'en fallait qu'il en fût ainsi de son état au point de vue matériel.
Les choses étaient allées si loin que, au printemps de l'année précédente, les colons avaient dû envoyer au roi une pétition dans laquelle ils demandaient l'envoi de troupes pour les protéger contre les incursions des sauvages américains. M. Dumoulin avait même adressé une requête à l'évêque de Québec, qu'il priait d'appuyer cette pétition de son influence ^. Et, pourtant, vers la fin de 1822, ce même prêtre enregistrait le massacre, en quatre différentes attaques, de pas moins de douze de ses gens par les Sioux dans l'espace d'une seule année!
Une autre modification dans la liste des hommes publics de la Rivière-Rouge, due au passage de M. Halkett, fut la destitution d'Alexandre Macdonell, qui dut céder sa place de gouverneur de la colonie au capitaine André Bulger.
prouvées par les premiers Jésuites" (en Amérique) — il aurait sans doute pu ajouter "et par l'Eglise catholique entière". 6. Dumoulin à Mgr Plessis, 5 juin 1821.
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Alexandre Eoss représente Macdonell comme ayant été un fonctionnaire peu idéal. Cet historien va même jusqu'à assurer ses lecteurs que « le peuple lui donna par dérision le sobriquet de « gouverneur sauterelle », parce qu'il fut aussi destructeur à la maison que les sauterelles le sont dans les champs'». L'auteur presbytérien parle alors des secrétaires, assistants-secrétaires, comptables, ordonnances, valets, cuisiniers et sommeliers dont il s 'entoura, et se plaît à mentionner les « bals, danses, désordres et orgies » qui régnèrent au fort Douglas pendant son administration.
Il est pour le moins étrange que, au cours d'une volumineuse correspondance dans laquelle ils se montraient aussi explicites que possible sur une foule de questions, MM. Provencher et Dumoulin n'aient pas eu un seul mot à dire des festins et de la débauche qui, s'il faut en croire Ross, semblent avoir régné en permanence au poste de Macdonell. L'un et l'autre ecclésiastiques furent les hôtes de cet officier, et plus tard le premier se permettait souvent de rappeler certains détails qui trahissaient clairement la pauvreté de sa table.
De plus, l'historien D. Gunn, qui non seulement avait été huit ans dans le pays lorsque Macdonell fut mis à la retraite, mais fait preuve d'une amertume constante pour tout ce qui touche de près ou de loin à la compagnie de la baie d'Hudson, n'a pas la plus