‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 76 sur 195 · PREMIER ÉVÊQUE DE L^OUEST · texte numérisé non relu

PREMIER ÉVÊQUE DE L^OUEST

partie des habitants de la Fourche aille encore cet hiver chercher la vie à Pembina ».

Il ajoutait que le plus tôt qu'une mesure comme celle que Halkett avait en vue put se réaliser était le printemps suivant ; puis il finissait par dire à son peu aimable correspondant: «Je crois qu'il auroit été mieux de faire connaître vous-même vos intentions aux gens de Pembina. Pour moi, je ne puis que les engager à quitter l'endroit. »

Halkett reçut cette communication à la factorerie de York. Il y répliqua le 30 août dans une missive qui se faisait remarquer par un ton presque aussi péremptoire, et à la demande du prélat qu'il fut permis de s'établir au lac Manitoba, où ceux des Canadiens et des métis qui n'aimaient point l'agriculture eussent pu vivre de la pêche, l'inexorable Ecossais répondit par un refus formel.

Par suite de cette correspondance, l'évêque de Juliopolis dut aller passer quelques jours à Pembina (janvier 1823), afin de préparer ses ouailles à l'exode décrété par le successeur de Lord Selkirk. Il leur dit alors que l'exécution de cette mesure le mettait dans la nécessité de rappeler M. Dumoulin et les engagea à transférer leur domicile à Saint- Boniface ou aux environs.

Quelques-uns suivirent son conseil. D'autres remontèrent l 'Assiniboine et, à quelque vingt milles de la Fourche, fondèrent sur la plaine du Cheval- Blanc l'établissement qui devait plus tard s'appeler Saint-François-Xavier. D'autres encore se rendi-

rent au lac Manitoba malgré l'édit de l'Ecossais Halkett. Enfin, trente-cinq Canadiens envoyèrent à Washington une pétition dans laquelle ils demandaient la protection du gouvernement américain.

Cette pièce fut l'occasion de plaintes de la part de quelques-uns des officiers de la compagnie de la baie d'Hudson qui semblaient disposés à en rejeter tout le blâme sur M^"" Provencher, bien qu'en réalité celui-ci eut fait tout ce qui dépendait de lui pour obtenir un résultat contraire. Ces rumeurs étant parvenues aux oreilles de son supérieur à Québec, ce dernier, qui connaissait par expérience l'animosité de Halkett contre les missionnaires catholiques, craignit un instant que cet homme ne réussit à mettre en danger l'avenir de leur établissement à la Rivière-Rouge.

En conséquence, il demanda que si, en dépit de leur conduite irréprochable, des plaintes étaient envoyées à Londres contre ces prêtres, on ne préjugeât point la question, mais qu'on fournit aux accusés l'occasion de se défendre ^ Halkett répondit qu'aucune plainte de cette nature n'était parvenue à Londres, mais que le comité de la Compagnie avait reçu avis que la pétition aux autorités américaines avait dû être dressée et passée de main en main avec l'approbation, sinon l'intervention active, du prêtre catholique. Halkett s'empressait d'ajouter que « cela paraît extrêmement invraisemblable ^ ».

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