Destroismaisons à Mgr Plessis, 30 août
relativement aux baux, et avait pour but de savoir si l'on ferait objection à ce que Provencher concédât des terres sur la Seine, moyennant uue rente déterminée avec les droits de « lods et ventes » dont les seigneurs du Bas-Canada jouissaient alors.
En date du 14 septembre 1822, le gouverneur répondit du fort Douglas que n'importe quel parti pouvait acheter ou louer une terre de la mission catholique, pourvu qu'il ne fût pas tenu par un engagement préalable de s'adresser pour cela à la succession de Lord Selkirk. Mais il ajoutait que les droits seigneuriaux n'étaient point reconnus et «qu'on ne permettrait jamais de les voir en vigueur dans le territoire concédé au comte de Selkirk par la compagnie de la baie d'Hudson ».
Dumoulin demandait en outre si l'on pouvait céder une partie de la terre de la mission aux Meurons. La réponse fut négative, parce que, disait-on, les Meurons s'étaient engagés à prendre des terres directement dans le domaine de Lord Selkirk'".
Il est donc évident par cette correspondance que
10. Ces questions sont, avec les sept autres, consignées dans l'ouvrage du juge A. Martin, Hudson's Bay Land Temires, pp. 100-02, Nous y trouvons aussi le tarif des rentes qui se payaient alors à la Rivière-Eouge, et qui étaient comme il suit:
Les première et deuxième années on ne demandait pas de rente.
La troisième année la rente était de 10 boisseaux de blé par 100 arpents.
La quatrième année la rente était de 15 boisseaux de ble par 100
arpents.
La cinquième année la rente était de 20 boisseaux de ble par 100 arpents et elle restait la même pour toutes les années subséquentes.
La terre s'était d'abord vendue à raison de $2.00 l'arpent; mais en 1822 on n'en demandait plus que 5 chelins.
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l'arrivée des gens du Nord en 1822 ne fut pas sans faire impression, ni sans créer certaines complications parmi les catholiques de la Rivière-Rouge. D'autre part, les abjurations du protestantisme, sans être fréquentes, réjouissaient pourtant parfois le cœur du directeur de la mission. En août 1822, la conversion d'une dame écossaise est enregistrée dans la chronique locale, et deux ans plus tard Provencher prenait plaisir à annoncer celle de plusieurs femmes suisses mariées à des catholiques. Il ajoutait même que d'autres devaient vraisemblablement suivre dans un avenir rapproché. Il y avait en outre les enfants d'autres Suisses qui, ne comprenant pas l'anglais, étaient aussi destinés à tomber tôt ou tard dans le sein de l'Eglise catholique ^\
Ces accessions faisaient plus que contrebalancer les défections des premières années mentionnées par le ministre protestant, dont l 'influence, du reste, ne paraît pas avoir beaucoup effrayé M^"^ Provencher, puisqu'il allait jusqu'à écrire à la date du 29 novembre 1822 : « Celui qui est ici ne paraît pas fort estimé, ce qui le rend moins dangereux. Il n'a pas encore de chapelle, mais seulement une maison d'école, où il y a un maître et une douzaine d'écoliers. Il a aussi un ou deux petits sauvages, mais qui ne sont pas d'ici. »
Bien qu'il eût quitté la mission de la Rivière- Rouge, M. Dumoulin ne continuait pas moins à la