‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 91 sur 195 · York Factory, 2 juillet · texte numérisé non relu

York Factory, 2 juillet

Nous nous permettrons d'établir un contraste entre cette étroitesse d'esprit et la franchise d'un auteur qu'on pourrait presque regarder comme un incroyant en dépit de son nom italien. Dans le Pèlerinage en Europe et en Amérique de Beltramiy nous trouvons une allusion à la grande figure qui nous a occupés au cours de ce chapitre, qui est d'autant plus importante qu'elle reflète une impression acquise sur les lieux par une connaissance personnelle de celui qui en est l'objet et par la constatation de l'opinion publique à son sujet. Nous traduisons aussi littéralement que possible de l'anglais :

« Plus bas, au fort Douglas, il y a encore un évêque. Monsieur Provencais {sic). Son mérite et ses vertus font l'objet d'éloges universels. On me dit qu'il ne mêle point la politique avec la religion, que son zèle n'est point le fruit de l'ambition, que sa piété est pure, son cœur simple et généreux. Il ne fait point de largesses publiques aux dépens de ses créanciers; il est hospitalier aux étrangers, et la dissimulation ne souille jamais son esprit ni son paternel ministère ^". »

22. Vol II, p. 356; Londres, 1828. Dans un ouvrage contemporain (Cox, Adventures on tlie Columbia Biver, vol. II, pp. 396-97), noua trouvons les statistiques suivantes, qui peuvent n'être pas sans valeur ici. En 1827, il y avait dans la colonie de la Eivière-Eouge : 189 hommes mariés et 37 qui ne l'étaient point; 193 femmes mariées ou veuves; 96 jeunes filles et 227 enfants du sexe féminin; 90 jeunes gens, et 210 petits garçons: en tout, 1052 âmes. Cette petite population possédait 178 maisons, 126 étables, 251 chevaux, 545 bêtes à cornes, 20 porcs, 90 charrettes, 13 bateaux, 173 canots, 31 charrues et 39 herses.

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Cet auteur écrivait au mois d'août 1823, pendant qu'il était en visite à la Rivière-Rouge. Les relations de M^"" Provencher avec la compagnie de la baie d'Hudson étaient alors quelque peu tendues par suite des difficultés résultant du passage de John Halkett, et il semblerait qu'on eût eu des doutes sur la stabilité de la mission catholique dans ce pays, car Beltrami ajoute immédiatement: « Comme il ne peut naturellement prêcher aux catholiques d'une manière qui plaise à la Compagnie, il est très à craindre que les infortunés habitants ne soient bientôt privés de leur excellent pasteur. »

La suite fera voir que ces craintes étaient sans fondement. Mais nous ne pouvons nous empêcher de trouver précieux ces aveux d'un mangeur de Jésuites comme était Beltrami.

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