XXIV. PROCÉDURE
Faicte pour raison du degast faict au couvent de Brouz, par les gentz de guerre, au siège mys devant Bourg par Polvilliers, en Un 1557.
A tous soit chose notoire comme, le septiesme jour du moy s de décembre^ lan mil cinq cens cinquante sept, seroit venu en ma maison dhabitation a Bourg, par devers moy, Benoict ]avillon, practicien et procureur es cours du bailliage de Bresse a Bourg, vénérable seigneur frère Hierosme de Foliiz, vicayre du couvent et monastère de Brouz, près ceste ville de Bourg , le quel ma prodhuict et exibe une requeste présentée de la part des vénérables prieur et religieulx du dict Brouz, a monseigneur monsieur le visconte de Tonnerre, gouverneur et lieutenant gênerai pour le roy nostre sire des pais de Bresse et Beugey, contenant les remonstrances faictes au dict
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seigneur gouverneur des degasts et fractures faictes au dict Brouz par les gens de guerre du dict seigneur roy estans en ceste ville de Bourg, durant le siège mys par les ennemys devant le dict Boui^, pertes et dommaiges sostenus par les dicts de Brouz, avec le décret et appoinctement du dict S' gouverneur, contenant commission a moy adressante pour informer sur ce contenu en la dicte requeste, par veue de lieu et aultrement , comme est requis par icelle et porte par le dict décret , en date a Bourg du deuxiesme de ce moys de décembre, signé de la Rivière ; me requérant procéder au faict de la dicte information, veue de lieu et comme est porté par les dictes requeste et décret ; lesquelles requeste et décret veuz, je me suis offert dhobeir ; et pour ce faire jay appelle avec moy maistre Philibert Tarante, lun des commis au greffe du bailliage de Breisse, pour scribe et adjoinct.
Et du huictiesme jour du dict moys, a derechefz comparu par devant nous commissaire et adjoinct sus dictz, le dict s' vicayre, nous requérant procéder au faict que dessus, et a ce effect, nous a prodhuict certeine attestation faicte et signée par honeste Jehan Poignard, apothicaire, marchand de Bourg, du neufviesme jour doctobre dernier passe, par la quelle il atteste que on luy avoit remis neufz cens une livre
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ei demy plomb pour la munition du roy, par cornmandement de monsieur le baron de Digoyne, et avoit este prins sur le couvert de lesglise de Brou , signé Paiffnard. Et au dessoubz la certilfication du dict s' baron, lors lieutenant au gouvernement, par la quelle il certifie avoir faict mettre le dict plomb en la maison du dict Poignard , et faict distribuer aux soldars pour le service du roy. La dicte certiffication, en datte a Bourg du vingtiesme jour du dict moys de novembre dernier passe, signe Digoyne ; disant icelluy vénérable vicayre le dict plomb avoir este apporte par ceulx du dict Brouz, devant lesiege environ huict ou dix jours , pour ce quil nestoit encores employé, en la maison de maistre Nicolas Myoz, docteur en médecine, par ordonnance et commandement du dict seig' baron pour estre garde, et encores en cas de nécessite pour sm servir aux affaires du roy, et affin que si les ennemys, quon disoit v^ir pour assiéger cette ville, entroient au dict Brouz, ne le prinsent pour sen servir contre le dict sire roy; nous requérant sur ce informa avec les tesmoings quil prodhuira. Et comme, oultre le sus dict plomb, les gens de guerre estans au dict Bourg, avant et durant le siège, avoient prins plus grande quantité de plomb au dict Brou, mesmes prins , rompuz et emportez la plus grand part des
chances et tuyaulx questoient sur les voultes, recepvant leau descendant de la couverture de lesglise et chappelles du dict Brouz et aultre part du dict couvent, et aultrement, a requis procéder suyvant nostre dicte commission. Et pour ce effect a prodhuict por tesmoings Humbert Fenet, laboureur du villaige des Combes, parroisse de Jasseron, adjoume par Benoict Guichardet, sergent royal, par commandement verbal a luy par moy commis, fait suyvant la dicte commission, a comparoir par devant nostre commis et adjoinct, a peyne de soixante solz tornoys, le quel, après le serment sur les saincts evangilles par luy prestez, a dict et dépose comme en sa dicte déposition est escript et cy après contenu. Gonsequemment, du neufviesme jour du dict moys, nous a le dict vicaire prodhuict por tesmoing Jehan Buissonnier, serrurier du villaige de Brouz, aage de trente six ans, tesmoing ajourne conune et a la peyne que dessus , lequel , après serment par luy prête , a dépose conune est contenu en sa déposition cy après escripte. Ce faict nous a requis transporter au lieu de Brouz, affin de procéder a la dicte veue de lieu. Et pour ainsy procéder a prodhuict M" Philibert Gavardy , serrurier , couvreur de clochiers en plomb, fert blanc et ardoyse; Pierre Davut , pottier destaing ; Jacquemin Ferry, couvreur de maisons en
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ieules ; Claude Brosset et Pierre Perrin , massons , adjoumez par commandement verbal de moy comme dessus^ par le dict Guichardet, sergent, a comparoir au dict Brouz, a une heure après mydy attendant deux, a peine de soixante solz pour ung chascun. Pour la quelle assignation nous sommes transportez au dict Brouz ; et la estant en lesglise, le dict vicayre nous a prodhuict les dicts maistres pour procéder a la veue de lieu avec nous, les quelz maistres ont promis, jurez sur les saincts evangilles, visiter, dire et attester fidellement de ce quilz verront, scauront et cognoistront , avec les quelz , après le dict serment preste a Iheure assignée , avons procède a la veue du lieu, comme est contenu en lacté cy après escript.
Et après, le dict Guichardet nous a raporte avoir adjoume Jehan de la Graz, laboureur, du villaige de Brouz, Jehan Milliaz, du dict Brouz, aussy laboureur, et Claude Bonet, natifz de Bourg, a présent serviteur au dict couvent de Brouz, a comparoir devant nous commissaire et adjoinct , a peine dé soixante solz pour ung chascung, pour déposer vérité, les quelz, suy vans lassignation , ont comparuz, promis, jurez de dire vérité ; puis ont dépose séparément et appart , comme est contenu en leurs dépositions cy après escriptes des jours cy après escripts. En tes-
moing de quoi nous sommes soubscriptz et signez — Jayillion. Tarante.
Du huiciiesnie jour du moys de déeembre mil cinq cens cinquante sept.
Premièrement, Hnmbert Fenet , laboureur, du village des Combes, paroisse de Jasseron, aage, comme il dict, de trente six ans, le quel , après que lecture luy a este faicte de la requeste sus mentionnée, presenteea monseigneurlegouvemeurdeBreisse, par messieurs les prieur et religieulxde Brouz, dict et atteste, moyennant le serment par hry preste, scuOement scavoir du contenu en icelles que, au moys doctobre dernier, ung jour de lundy ou mardy, aultrement dict ne se souvienne du jour, que desia les Bourguignons commencoient avenir devantla ville de Bourg pour icelle assiéger, il estoit venu au couvent du dict Brouz , la requeste daucuns des religieulx qui estoient retirez en leur maison et cellier de leurs vignes, au villaige de Flamen, près de la maison au dict déposant, pour scavoir si Ion avoit poinct faict de mal au dict Brouz. Et la estant le matin, entre six et sept heures, vît venir une trouppe de gens de guerre devant le dict couvent de Brouz, ausqiiels les religieulx et aultres estans dans le dict couvent ne voulloient ouvrir la porte, craignant que
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ne fussent des ennemys. Mais, incontinent quon cogneust que cestoient de ceulx questoient de par le roy en la ville de Bourg , on leur ouvrist la porte ; et estans dedans commencarent a rompre les portes et fenestres, et faire bruict tel que cestoit chose piteuse de loyr ; et disoient quilz voulloient prendre tous les vivres et meubles , et aussy tout le plomb des couvertures et chances de lesgtise et maison , pour le porter a Bourg , afin que les ennemys ipi venoient assiéger Bourg ne le prinsent pour sen servir contre le roy. Et de faict aucuns montoient sur les maisons et galleries, et rompoient les dictes chances de plomb, quilz gectoient par terre ; les aultres le prenoient et emportoieni ; et ne vit pour Iheure aultre chose ; car creignant que les dicts gens de guerre ne luy fissent mal, il senfotiii. Et dict que depuis , après le siège levé, aiant la familiarité en la maison, pour ce quil est leur voysin aux vignes , il est venu au dict Bronz pour veoir si les dicts gens de guerre gastarent , comme ils disoient voulloir faire. Et a veu cpie despuis estoient rompues presque toutes les chances questoient par devant et au dessus de lesglise, du cloystre et aultre part du dict Brouz : sont este prinses, rompues etgastees, les portes et fenestres rompues, et pour resolution fait mal infiny quil dict quil ne scauroit extiraer , car son
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mestier nest pas pour extimer telles choses et pertes. Et aultre dict ne scavoir du contenu en la dicte re queste. Et a sa présente déposition répète a personne, et na signe sa déposition pour ce quil ne scayt escripre.
Du neofyiesme des dicts moys et an.
Jehan Buissonnier, senrurier, du viUaige deBrouz, aage de trente six ans, lequel, moïennant le serment par luy preste et après que lecture et déclaration luy a este faicte par moy, commis de la requeste sus mentionnée, dict et atteste scavoir du contenu en icelle que, avant que le siège fut mis dans la ville de Bourg par les Bourguignons, il scait que le couvent de Brouz estoit en très bonne réparation, sans que les portes fussent aucunement rompues des chambres et membres du dict couvent, mais toutes fermans a la clefz et ayans bonnes serrures; et, despuis le dict siège, il a veu au dict couvent que toutes les portes, tant des chambres des religieulx que aultres, et aussy des buffectz, archebans, oratoyres et coffres sont tous este ouverts par force, les portes plus part fendues et rompues, horemis de la porte de lentree et sacristie du dict Brouz. Et luy mesme, comme serrurier, a desia racoustre plus de cinquante des serrures, et est encores journellement après pour en acoustrer dadvantaige. Et dict quil ne vouldroit
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prendre a racoustrer a pris faict les serrures que furent rompues pendant le dict siège pour cent et cinquante livres. Et quon ne scauroit racoustrer les portes, buffectz et archebans rompuz, pour troys ou quatrefoys aultant; dict en oultre que ce bruict est commung et publicq que les dicts soldards et gens de guerre , qui lors estoient au dict Bourg pour la garde dicelle ville, firent les dictes fractures; et en oultre prindrent au dict Brouz tous les vivres quilz trouvarent en la dicte maison, et les emportarent a Bourg. Et quant au vin qui estoit en la cave, pource quilz ne lepeurent emporter, ilz lespancharent; prinrent et emportarent les habillemens des religieulx , acoustremens de lesglise ou grande partie diceulx , une belle croix dargent qui estoit en la dicte esglise. Et le scait seullement pour le bruict commung qui est. Et aussy il voit journellement que les religieulx nont presque point dacoustremens comme ils avoient auparavant, ni les chambres ne sont poinct meublées conune elles estoient, ny semblablement lesglise, en laquelle aussy y avoit de belles orgues des quelles les dicts gros tuyaulx estoient de boys et les petits estoient de plomb, les quelles ont este, conune il a veu, rompues et entièrement gastees. Et en oultre dict quil a bien veu et voit journellement quil deffault des chances, tuyaulx et conduictz qui condui-
soient et recepvoieni les eaues au cloystre de la cuysme; les quelles ensemble grande partie des chanees de dessus lesglise, km dict ccmmunaneni a Bourg, Brouz et aultres lieux circonvoîsinSy que les dicts gens de guerre emportarent au dict Boui^. Et aultre dict ne scavoir, répète a personne, et ne scait escripre.
Da dict jour neufnesnie décembre.
Nous commissaire, adjoinct et scribe soubsignez, ensuyvant la commission cy devant mentionnée, out troiee par monseigneur le gouverneur de Breisse, affin de faire veue de lieu au couvent de Brouz pour veoir les lieux esquelz estoient les chanees et tuyaulx de plomb servant a la conduicte des eaues tombant de lesglise sus dicte, nous sommes transportez au dict couvent de Brouz , et pour icelle faire avec nous avons appeliez M"" Philibert Gavardy, serrurier et couvreur de clochier en plomb, fert blanc etardoyse ; Pierre Davut, pottier destaing; Jacquemin Ferry, couvreur de 9iaisons en tieules ; Claude Brosset et Pierre Perrin, massons, tous bourgeoys de Bourg , adjoumez acepar BenoistGuichardet, sergent royal, comme nous a rapporte, a peyne de soixante solz tomoys pour ung chacung. Et estans au dict Brouz, comparant par devant nous^ frère Hierosme de Foliis, vicayre du dict lieu, nous a requis a ce procéder. Et
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a cet effect, après que les sus nommez maistres ont promis, jurez visiter avec nous, et fidellement rapporter et certifier de ce que leur apperra par leur oculaire, nous a le dict vicayre mené et conduict , avec les sus nommez et tesmoings soubscriptz, par devant lesglise du dict Brouz, et en premier lieu sur le jubile auquel nous avons treuve les orgues du dict couvent toutes rompues et brisées. Et quant ez tuyaulx qui estoient de plomb, ilz avoient este levez et ostez, et les aultres tuyaulx estans de boys estoient encores la pluspart en larmoire des orgues , le tout rompu, ruyne et gaste; lesquelles toutefifoys les sus nommez maistres ont dict et certifiie que , auparavant le siège mis devant Bourg, estoient belles, bonnes et bien extimees et nestoient poinct rompues ; et ont dict le scavoire pource que souventeffoys ilz les ont veues et voient mesmes quasi tous les jours dejfestes quilz venoient au dict Brouz oyr le service divin. Et des la nous a mené sur la voulte de la chappelle de madame, quest du coste de bize de lesgiyise sur laquelle avons treuve deux grandz chances de boys, et entre la dicte chappelleet la grand naufz de lesgUse une aultre chanee de boys, recepvant les eaues tombant tant de la dicte chappelle que de la dicte naufz desglise pour les conduire a bas , affin quelles ne tombent sur les voultes, toutes lesquelles
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chanees , ont certifie et atteste les dicts V^stres , moiennaût le serment par eulx prête , comme dict est^ estoienty auparavant le dict siège mis devant Bourgs couvertes de grandes et grosses plattes de plomb , dont chascune platte , eu esgard a lexpesseur, largeur et grandeur, pesoient pour le moings sept vingtz livres ; et, après avoir mesure ce quavoit esteprins sur la dicte chappelle et entre la dicte nau& de la dicte esglise, a lendroit dicelle, ont treuve que avoit este prins du dict plomb de la longueur et valleur de quinze des dictes plattes de plomb , pesans, eu esgard que sont chanees de sept vingtz livres pour le moings, deux mil et cent livres. Et sur une chappelle la prochaine, tousiours du coste de bize, appelée la chappelle de monsieur le grand maistre , avoit este prins , tant dune chance que certein tuyaul, la valleur dune platte et dadvantaige, pesant ce quavoit este prins pour le moings cent quatre vingtz livres. Et des la nous a mené sur la chappelle sainct Ânthoine, sur la quelle avons treuve une grand chance de boys , et semblablement les susnommés maistres ont dict estoit couvert de plomb du quel avons treuve avoir este prins a la valleur de deux tables et demy pesans trois cent cinquante livres. Et a lendroit de la dicte chappelle , contre la naufz de la dicte esglise, sur une aultre chance, en
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avoir este prins deux tables pesans deux cens quatre vingtz livres. En après sommes ailes sur le grand portail, ou avons veu qnil y a este prins du plomb de la couverture du dict portail , du coste de bize , trois pièces, et du coste de vent quelque peu. Et le tout les dicts maistres ont extime pesant pour le moings deux cens livres. Et sur la chappelle du coste du vent, près le dict grand portail de lesglise, avons treuve en avoir este prins, sur lune des chances, une table pesant cent quarante livres. En après sommes ailes sur la chappelle appelée la chappelle de Monsieur, quest du coste de vent de la dicte esglise, sur la quelle avons treuve avoire este prins , sur lune des chances, une pièce de plomb extimee par les sus dicts maistres peser vingt cinq livres. Et avons treuve que,a lendroict de la dicte chappelle, a este prins ung grand canon par le quel leau descendoit de la grand naufz de lesglise dans les chances de plomb estant entre les dictes esglise et chappelle, le quel pouvoit peser pour le moings , conune ont extime les dicts maistres, troys cens livres.
Item, nous sommes transportez avec les susnommez, conduictz par le dict vicayre, au cloistre près lesglise , la ou avons treuve avoire este prins du plomb en troys coings de la couverture du dict
cloistre, on chascung des dicls troys coings une pièce
de plomb, que les dicts maistres ont extime avec serment, comme dict est, peser cent cinquante livres. El après nous a mené sur le cloistre appelé de la cour, la ou avons treuve avoire este prins des chances du dict plomb, de la valleur et longueur, ainsy quont mesure les dicts maistres, cinq tablas pesans sept cens livres, et avoir este prins ung tuyau de plomb, recepvant et conduysant a terre leau venant des dictes chances, lequel ilz ont extime, eu esgard a la grandeur et grosseur, a troys cens cinquante livres. Revenant toutes les dictes sommes joinctes ensemble, du plomb prins sur la dicte couvertura conduysant leaue des dictes esglises, chaf^lles et cloistres, a la somme de quatre mil sept cens septante cinq livres de plomb. Et ont dict bien scavoir que , auparavant le siège , les dictes chanees estoient entières et estoient ez lieux sus mentionnez, pour les y avoir veu peu auparavant ; et que les dicts maistres Gavardy, Davut et Ferry cestoient ayde en partie a icelles Cadre, poser et mectre; et les dicts massons aussy se sont aydez a faire la dicte esglise et couvent de Brouz. Et eulx mesmes en partie ont ordonne la ou les chanees et les tuyaulx sus dicts debvoient estre, et du moings ont este presens aux ordonnances cy faictes. Disans tous certeinement que est ung très grand dhom-
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maige davoire rompu et prins les susdicts tuyaulx et chances, non poinct tant pour la valleur du plomb, que touteffois se vend la livre, en la ville de Bourg, deux solz de Savoye ou bien deux Carolus dé France, mais pour la perte qui sen peult ensuyvre. Car si ces chanees et tuyaulx ne sont bien tpst refaictz et remis sur les voultesdes dictes chappeUes et entre icelles et la naufz de lesglise , leaue , descendant de kdicteesglise et chappeUes, pourrira et fera tumber les dictes voultes, que seroit ung grand dammaige et inextimable, eu esgard a lestophe et excellente beaultede la dicte esglise. Et mesme par expecial a este faict plus de mal sur la chappelle de Madame, qui est la plus excellente de louvraige du dict Brouz, quest bastie presque toute entièrement de marbre et allabastre.
Ce faict, le dict frère de Foliis, vicayre, nous a mené avec les susnommez par le couvent, et monstre conune toutes les portes des chambres, tant des re^ ligieulx que aultres, que fermoient a la çlefe, avoient este de nouveau forcées, rompues et brisées ; et avons veu que certeinement les serrures de toutes les portes avoient este forcées, grande partie dicellés encore rompues, et une partie dicelles aussy desia de nouveau, comme il appert, refaictes et raiustees, et plusieurà portes fendues, aussy des buflfectaf, ar-
moyres, coffres et archebans, horemys que les portes des entrées devant et derrière du dict couvent , de la sacristie ni du réfectoire dung coste et de la cuysine, nestoient poinct quil apparut forcées et brisées. Et ont dict et atteste les susnommez que le bruict est a présent et estoit du commencement du siège mis par les ennemys devant la ville de Bourg, et durant icelluy 9 que les gens de guerre , estans pour le roy dans la dicte ville, avoient prins le plomb des dictes chanees , rompu et gaste tout par le dict couvent, prins et emporte tout ce quilz avoient treuve , tant vivres que aultres choses. Et le vin quilz navoient peu emporter, lavoient espanche par la cave tellement que vraiement, attendu le grand bruict qui en estoit, pensoient que les dicts gens de guerre eussent plus faict de mal sur la dicte esglise qui! nen y a. Mais quant aux vivres et acoustremens prins, nen scavoir rien que par le bruict commung qui en est et estoit.
Et ainsy que dessus ont veu, dict, certifiBie et atteste, presens M" Jehan Putiard, enquesteur pour le roy en Breisse, Benoict Guichardet, sergent royal, et Claude Dupont, costurier, bourgeois de Bourg , tesmoings pour ce appeliez et requiz.
Du dixiesme jour de décembre an que dessus.
Jehan de la Cras, laboureur, duvillaigedeBrouz,
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parroisse de Bourg, aage oomme il dict de trente ans, lequel, moïennant le serment par luy preste, et entendu le contenu en la requeste cy devant men* tionnee, présentée par les seigneurs prieur et religieulx de Brouz a monseigneur le gouverneur de Breisse, par la lecture que par nous luy en a este faicte, a dit et certiffie scavoir du contenu en icelle que le lundy devant que le siège fut mis devant la ville de Bourg, qui arriva le lendemain, il vit venir une asses grande trouppe de gens de guerre, de ceulx qui estoient dans la ville de Bourg pour la garde dicelle, lesquelz demeurarent certein temps a la porte avant quon leur ovrist, et puis les vit entrer dedans ; et quand ilz y furent, ouyt quilz faisoient moult grand bruict par la maison , comme si Ion eust rompu quelques portes et aultres , et vit que plusieurs sen alloient chargez de plomb. Et le jeudy suyvant que le siège estoit devant Bourg, on vit venir du dict Bourg une fort grand trouppe. Lesquelz, quand furent dedans le dict Brouz , faisoient ung bruict td que sembloit quon rompoit tout par le couvent. Et voyt on bien qui en y avoit qui estoient montez par dessus le couvert, tant du portail de lesgliseque entre les chappelles et la naufz de lesglise, les quelz rompoient les canons par les quelz leau de la grande esglise descent sur les chances qui sont
sur les voultes et le couvert du dict portail. Us le gettoient par terre, les aultres le prenoicsit et le portoient. Mais dict quil ne vit aultre chose pour Ihors, pour ce quil seufouit, pensant que Ion voulloit mectre le dict Brouz par terre, voyant quon le rompoit ainsy. Et dict que despuis, estant le camp levé, et que sest retourne dans sa lùaiscm , et quil vient journellement au dict Brouz oyr la messe, il a veu que presque toutes les portes, coffres, biiffectz, annoyres et archebans estoient et les sernnres diceulx forcées et rompues ; et aussi a veu que les chances et canons recepvant leau , aultrement dict quon appelle gargolles de plomb, en plusieurs lieux sont este prins et emportez ; les orgues de la dicte esglise, toutes brisées et rompues. Et <p]e cest chonse toute notoire quil a este faict mal infini dans le dict Brouz. Et dict en son langaige quil y en a este tant faict de mal que Ion ne le sauroit extimer, mesmes que si Ion ne racoustre bientost les g»*goUes et les chances de plomb, la pluye pourrira tellement les dictes voultes que il est en danger que tout ne tombe par tetre. Et a dict scavoir ce que dessus estre vray, pour ce quil est voisin du dict Brouz, le voit journellement, et a sceu et ouy par le bruict que dessus , et que lesglise et chambres du dict couvent sont demeublees, que les religieulx
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Qont presque acoustremens quilz portoieni du temps du siège, pour ce que durant le siège ils furent prins et dérobez. Et a sa déposition révèle a personne, et ne scait escripre.
Jehan Mulliaz, laboureur, du villaigede Brouz, paroisse de Boui^, aage denviron trente ans comme il dict, le quel , après lecture a luy faicte de la re* queste pres^itee a monseigneur le gouv^neur de Breisse, a dict scavoir du contenu en icelle que, le lundy jour devant que le siège des Bourguignons, ou certeins quil nomme ainsy brigans ennemys, qui vinrent devant la ville de Boui^, arrivassent, il vit venir au couvent de Brouz ung grand nombre de gens que despuis il a ouy dire estoient Gascons , Suisses et aultres, qui estoient de par le roy en la ville de Bourg. Les quelz entrOTent dans le dict couvent auquel ils fiedsoient un bnûct tel que cestoit chose terrible que de loyr ; car il sembloit quilz ne laissassent porte ny fenestre a rompre. Et vit les dicts gens de guerre qui estoient sur le couvert, du coste de bize de la dicte esglise de Brouz, entre la naufz de la grand esglise et chappelle de madame Marguerite et de monsieur le grand maistre, les quelz rompoient les gargolles et chances de plomb, le gectoîent par terre, et les aultres le prenoient et
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emportoient contre Boui% ; et dict quil nen vit aultre ; car incontinent il senfouit cacher au boys du Saix. Mais dict que despuis estant de retour^ îl a bien veu que les portes, coffres, buffects et archebans estoient rompuz ; les serrures forcées et rompues; combien auparavant le siège , il avoit le tout veu entier et bien acoustre. Et aussy a veu et voit journellement que les susdictes gargoUes et chanees sont este prinses et emportées, et les orgues questoient sur le jubile rompues et gastees. Et dict quil est tout certein que les gens de guerre firent beaucoup de mal au dict Brouz ; car ils prenoient tous les vivres, vestemens, linges et bestail quilz Irouvoient, et les emportoient , comme il a veu faire tant en sa maison au dict Brou que aux maisons circonvoisines ; car tous ceulx qui sen venoient du dict Brouz, ilz sen retoumoient chargez lung dune chose, laultre dune aultre. Et disoient quilz le prenoient affin que lennemy ne leust prins pour sen servir. Toutteffois que despuis ilz nen ont rien renduz. Et le scait tant pour son faict propre et pour luy auquel on print cinq vaches et ung toureau et meubles, que ainsy de ses aultres voisins et ceulx du dict Brouz qui tous sen pleignent. Et aultre dict ne scavoir du contenu en la dicte requeste. Répète a personne et ne cest signe, pour ce quil ne scait escripre.
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Claude Bonet, natifz de Bourg, a présent serviteur au couvent de Brouz, aage de vingt six ans ou environ, jure et interroge sur le contenu en la requeste sus mentionnée y présentée a monseigneur le gouverneur de Breisse, a dict et atteste scavoir du contenu en icelle, que quand le bruict fut que le siège des ennemys venoit devant Bourg, vint au dict Brouz un cappitaine gascon, menant une trouppe, a son advis, de plus de deux cens hommes. Le quel vint avec sa dicte trouppe hurter a la porte du dict couventy quon ne luy voulloit ouvrir; encores qui menoit ung des religieulx du dict couvent, de ceulx qui estoient retirez en la ville de Bourg; pour ce que le vicayre du dict Brouz se croyoit que ce ne fussent des ennemys. Mais quand il vit quilz portoient tous des echarpes blanches, et que le dict religieulx qui estoit dehors certifia que cestoient des gens du roy, le dict vicayre leur ouvrist la porte ; et estans ces gens de guerre dans le dict couvent que estoient fort mal en ordre dhabitz, conmiencarent a courir par tout, rompre portes, coflFres, armoyres , buffectz et aultres. Et disoient quilz voulloieni prendre tous les vivres , plombs et meubles du dict Brouz pour le porter a Bourg, afin que lennemy ne sen saisist ; puis montèrent par sur les voultes et couvert de lesglise et chappelles, rompoient et prenoient les
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chanees et gargolles de plomb, quils emportoient a Bourg ; prirent le pain, farines et vivres qoilz tnouvarent, les faabillemens des religieulx , acoustremens de lesglise, une belle croix estant &k icelle, qui sembloit estre dargent. Et quand ils eurent beu, ilz expancharent par la cave troys grandes boetes de vin vieulx. Et pour conclusion sen alloient tous chargez , lun de vivres , laultre de meubles , les aultres de plomb, tellement que cestoit chose piteuse et terrible a le voire. Et parce quil y avoit quelques religieulx qui leur remonstroient quilz faisoia^itmal de rompre ce quilz ne pouvoient emporter, comme les orgues de le^lise, les coffres, portes, buffectz et ardbebans que Ion les voulloit bien ouvrir, ilz battirent très bien ung des religieulx, nomme fr^re Masnet de Panoy, et estèrent les solliers du dict vicayre, qui les menoit par le couvent la ou il leur plaisoit. Et dict que ce fut ung jeudy que les ennemys estoient ja devant Bourg; bien, dict il, que le lundy précèdent, ilz y avoient desia este les gens de larriereban de Forestz et daultres gens de guerre du dict Bourg, qui àvoient beaucoup faict de mal, tant a prendre le plomb que aùltres choses. Et dict le scavoir pour lavoir veu luy-mesme, car il a tousiours demeure au dict Brouz, et que pour certein les dictz gens de guerre ont faict mal inextimable ;
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car ilz ny ont laisse des meubles que ce quUz ne vouUurent ou peureut emporter ; aussy quilz emportèrent beaucoup des acoustremens de lesgbse, rompirent les portes et serrures ; et que ceulx qui viennent icy extiment, comme il a veu, grand dom* maige non seulement pour les portes et serrures quilz ont rompuz, meubles et vivres prins et emportez, mais encores plus la perte des chanees, tuyaulx et gargoUes de plomb , quilz ont gaste ; que si en briefz , comme disent ceulx qui le voyent , nest rabiUe, quil pourrira les voultes, et que les chappelles tomberont par terre et encores partie de les^ glise. £t dict quil lentend ainsy journellement dire a des gens de la ville, dapparence, qui viennent icy journellement, qui sont fort marrys de voir tel dommaige. Et le scait pour les raisons sus dictes ; et dictes ; et aussy pour ce que la dicte es^e na les paremens et les religieulx ne sont acoustre^, ny les chambres du dict couvent, les Uctz dicelles et aultres lieux sont tellement meublez^ ny en tel estât comme estoit auparavant le dict siège ; et quil la veu ^ voit, et a tousiours demeure icy pendffi&t le dict siège et après. Et plus nen dict, et sa déposition a luy relevée a perciste ; et ne cest signe pour ne scavoir escripre.
Ainsy que dessus a este procède et ont dépose les
476 DOCtMEÏITS AUTHEirriQUeS BT IKéDITS.
tefflioings cy dessus nommez. En tesmcûig de qooy nous commissaire el adjoincf nous sommes cy soobseripCz et signe.
Signé Javiujo5.
Vadjainci ei scribe, signé Taajjitb.
XXT. — LEITBES DES KXÉGDTBUES
Du teftUment de Margaerile d'Autriche, aux prieur et relîgieaz de Brou. (21 février 1&31.)
Mess"^ nous avons veu ce que vostre frère Loys de Gleyrens, avoit amplement escript au seigneur de Thoulouse touchant lestât de les^ise deBrouz, et le memoyre sur ce a luy envoyé pour le nous communiquer, et treuvons la chose en assez bon train dont fusme joyeulx, et que maistre Loys le maçon soit prest a rendre la dicte esglise parfaicte; par quoy adviserons de bref y envoyer quelque bon mestre de par deçà sil sera possible, et aussy en prendre et choisir ung aultre au conte de Boui^ingne, a ladvis de messieurs de la court, pour par ensemble , avec un troisiesme que adviserez de choisir a Lyon , visiter louvraige dicelle esglise, fere reparer les gargoUes et aultres faulctes, si aucunes si en treuvent , et après recepvoir la dicte esglise. Il est vray que tout cecy ne se fera sans despens; mais louvraige vault bien qiion y face ceste despense , a la quelle
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sera foumy sans vostre charge, et ce fusmes dadvis que faictes, le plus tôt que pourrez, consacrer lesglise par le suffragant.
Quant aux religieulx que dictes avoir este ordonnez a vostre chapistre pour assister quand le corps de feue ma bonne dame et maistresse sera transporte au dict BrouZy ce a este bien et prudemment advise, et persistons sans faulte de donner ordre que ce sera ceste présente année; mais encores pour aucunes causes nest possible scavoir expressément dire le temps. Touteffoys tiendrons main que en serez advertis de bonne heure et que, avec le dict corps, vous ferons délivrer les relicques , painctures de dévotion et tapisseries ordonnées par la dicte feue dame ; a ce vous ferons adresser de ni'' livres tomoys en Bourgoingne , sur lannee courant , pour le tableau que lempereur a eu, dont ferez fere ung beau tableau a Lyon, pour le grand haultel, choisissant pour ce fere ung bon mestre et bien entendu enlart depaincture; car il fault que le dict tableau corresponde a lesglise^ et vous pourrez convenir avec luy.
Des gaiges que mestre Loys demande de lannee précédente, il nous semble quil nest fonde et quil peult bien attendre que son ouvraige soit veu et repceu , attendu quil ne la livre deans le temps par luy promis; mais après quil laura livre, sil a faict son deb-
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voir, loQ aura , et a ses gaiges et au restant, te] regard que de raison.
Quand Ion transportera le corps, il fauldra fere quelque beau sermon funèbre en latin, a Ihonneur de la trespassee et de sa descente, ainsi quon est accoustume. Au surplus, vous scavez que les députez de lempror poursuivent, de par sa mageste monseigneur le duc de Savoye , pour avoir ce qui estoit lealement deu a ma dicte feue dame , le tout pour emploier a la perfection de vostre fondation et couvant. ToutefTois mon dict seigneur se rend assez difficile dy entendre. Par quoy attandons quil nen vienne de la fascherie qui pourroit causer retardement a voz affaires, dont nous advertirons sa dicte mageste pour y pourveoir a nostre descharge, et si vostre sollicitation y porroit de rien servir; vous entendez combien laffere vous touche , et que, si ce nest de noz deniers , aurez bien affaire destre dressez et assistez daultres , combien que ferions tousiours nostre myeulx pour vous assister en ce que pourrons.
Mess", nous prions a tant le créateur vous donner sa grâce.
De Bruxelles, ce xxi de febvrier 1531.
Les exeqtiuteurs du testament de feu ma dame larchiducesse tous vostres,
A. DE Làlaing, Marnix.
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11 aoustl531.
Mess", lempereur a advise denvoyer aucuns ses commis en Savoye, pour retirer ce quest encores deu a feu madame sa tante, que Dieu absoille, pour le tout emploier a la perfection de vostre cloistre et fondation, lesquels passeront par vous pour visiter les ediffices de vostre dicte esglise et monastère, affin descripre a sa mageste ce quilz auront trouve y encoires rester; dont vous avons bien voulu advertir, affin que, suyuant son bon vouloir etplesir, declairez et faictes entendre le tout a ses dicts commis. Et nous tiendrons main que, ensuyvant la bonne voulente de ma dicte feue dame , il y sera fumy ainsi quil appartiendra, et a tout le surplus quelle vous a legate et ordonne, et vous nous trouvères tousiours prests a fere toutplesir et adresse a vostre dict couvent. Âydant Nostre Seigneur, auquel prions vous donner sa grâce.
De Bruxelles, ce xi daoust 153i .
Les exequuteurs du testament de feue ma dame bien vostreSy Màrnix, de Rozimboz.
18 janvier 1532.
Religieuses personnes, je me recommande a vous. Aîant receu voz lettres, du xx* de décembre passe , par les quelles me requérez bailler ordre a ce que les
parties a vous ordonnées par le testament de feue madame vou^ soient furnies, selon la charge qui en estoit baillée a mons' larchidiacre dArras, le quel, a faulte dargent, ny a peu satisfifere. Surquoy, religieuses personnes , jay veu ce que le s' archidiacre ma escript de son besougnie, et le tout entendu par les exequuteursdu dict testament, ilz luy escripvent présentement et au receveur gênerai de Bourgoingne , en sorte que jespere que, sans plus de delay, serez satisfaiz et contentez, afin que la bonne intention de ma dicte feue dame soit acomplie, et le service divin par elle ordonne, célèbre. Aquoy ne fay doubte que vous acquiterez, selon la fiance quelle a eu en son vivant de vous ; et de ma part vous prie de ainsi le faire.
Religieuses personnes, je prie Nostre Seigneur vous avoir en sa garde,
Escript a Bruxelles, ce xvni*' jour de janvier lan
XV* xxxn.
Le tout vostre bon atny ,
Â. DE LàLàING 18 noyembre 1532.
Religieuses personnes, très chers et bons amis, jay receu et visite les lettres que mavez escript, du xini* du mois de juing dernier passe, ensemble y encloz des choses que dictes encoires avoir de besoing, tant pour
SUR l'église de brou. 481
le parfaictde vostre fondation que pour lachevement de vos strouctures, la décoration de iesglise et du chœur, et les aomements de laultel, me requérant y vouloir tenir la main.
Sur quoyjevous adviseque, après avoir communicque de cette matière avec les aultres exequuteurs du testament de feue madame, cuy Dieu face paix, nous en escripvons par ensamble a mons' le grant archidiacre dArras, doyen de Poligny , qui est par de la, afin dentendre ces choses par le particulier et nous escripre ce quil en trouvera avec son advis , pour après en estre faict comme il appartiendra ; vous advisant que, autant que en moy sera, je memploieray voluntiers a vostre adresse et de vostre monastère de ce qui dépendra de lexecution du testament de ma dicte feue dame. A tant, religieuses personnes, très chiers et bons amis, Nostre Seigneur vous ait en sa garde.
De Bruxelles, le xvni* jour de novembre lan
xxxu.
Le tout vostre amy^
A. DE LALAmG.
17 avril 1534.
Mess", je me recommande a vous de très bon
cueur. Peu de temps avant Pasques , je receus voz
lettres du xin* de février avec celles que lempereur,
482 DOCLMENTS AUTHENTIQUES ET llfÉDITS
la royne de France, monseignear de Nassau et vous, mavez envoyé, desquelles naurezresponce présentement, pour ce que messeigneurs les exequuteurs ne sont ici en nombre suffisant pour veoir et entendre es affaires concernant lexecution de feue madame (cuy Dieu pardoint), et mesmes que monseigneur le conte dHoochstraten, quest le principal , estant pnr deçà , comme scavez, est présentement es pays dHoHande, par ordonnance de la royne pour grosse matière concernant non seullement le bien temporel, mais aussi le spirituel et la foy catholique , a raison dancunes nouvelles sectes et hérésies que les Allemandz ont semé par deçà, et ne vois apparence a son retour; aussi me semble il que les dicts seigneurs exequuteurs désirent scavoir la résolution de monseigneur le duc de Savoye, sur les remanences et aultres deniers que ses officiers et subgects ne veulent rendre ( comme scavez) ; et lempereur a escript a mon dict seigneur et envoyé expressément devers luy un grand, afin quil veuille faire payer les dicts deniers deus a la dicte exécution ; car, pour vous parler a la vérité, il me semble que , sans le recouvrement diceulx deniers , sera bien difficile satisffaire a ce que desirez estre faict en vostre couvent; car samaieste ne le veult pas faire de ses propres deniers ; mais incontinent que les dicts seigneurs exequuteurs auront entendu
suB l'égube de brou* 483
la respoQce de mon dict seigneur le duc et quilz auront oportunite soy trcmver eus^nble, je les solliciterai de veoir toutes les lettres dessus dictes et prendre tme resolution sur tout ce qui vous est nécessaire et que Ion doit faire en vostre couvant, sdon lintention dt voidente de ma dicte feue dame, que je désire austant veoir accomi^ir que personne vivante 9 tant pour la cause, si favorable, que la dévotion que jay tousiours en vostre esglise ; et avez très prudeomient faict de non envoyer par deçà expressément, comme aviez délibère , ce qui vous fust retourne a grands despence et peu de fniict, pour les raisons sus dictes.
Pour ce que mavez escript du livre manuel , et aussi frère Paul qui la af^rte dYtalie, jay tant faict que vous aurez les six escuz dor, et a cet effiect jescripts a Claude Destre, mon nepveur, demeurant en la ville dArenthod, que je menoys avec moy quant je fuz a Bourg, quil vous délivre incontinant les dicts six escuz, en lui baillant certiffication de la réception. Vous luy pourrez envoyer mes lettres, et je tiens quil ny fera faulte.
Quant aux mariages des cinquante pucelles de Breisse, dont en a plusieurs a Bourg , les dicts seigneurs exequuteurs donneront commission expresse au tresourier de Dole, quest beau père du chastellain
dArenthod. Jehan Mouchet que oognoissez, de payer les dicts mariages avant toutes choses sur les deniers quil a en main ; par quoy les dictes filles se peulvent bien marier et prendre certiffication du cure ou vicayre qui les esposera, comment elles estoient tenues et réputées pucelles, et que la dicte certiffication soit signée dun notaire et assistée de tesmoings, et ajpves les certifficats bailles au dict tresourier avec quictance de la réception des cinquante livres toumoises que le dict tresourier leur donnera. Dont pourrez faire advertir mons' du Vemoy , M' le lieutenant , madame la maistresse Barauge , et aultres qui vous en parleront, leur faisant mes recommandations.
Jentends bien que vous aurez besoing dargent contant pour le bois et aultres choses que desires achepter, qui vous sont nécessaires et quil faut payer ; mais je ny vois moyen pour le présent, comme dessus est dict. Me recommandant tousiours a voz bonnes prières et oraisons, priant a tant le créateur vous donner, mess", laccomplissementdevozsaincts désirs.
De Bruxelles , ce xvii^ davril après Pasques 1534. Signe : de Boisset, Doyen de PoHgny.
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Depuis cest escript, me suis advise vous envoyer la copie du roolle des cinquantes pucelles choisies en Breisse, quest signée de mess'* les exequuteurs^afin den advertir les parens et maistres dicelles filles que les dicts s" exequuteurs désirent estre payées , incontinant quelles seront mariées, par le dict tresourier de Dole, qui a largent en ses mains depuis lan passe que le dict roolle fust conclud.
(22 juin 1534.)
Mess", je me recommande affectueusejnent a vous. Jay remonstre a mess" les exequuteurs estans icy voz affaires et la nécessite que mavez escript par vos dernières lettres, et vouldroient bien accomplir lintention de feue madame, que Dieu ayt, en toutes choses et mesmes en ce que convient a vostre couvant, dont ils se attendoient a ce quest deu en Savoye, ou, comme mavez escript, ne se voit grande apparence combien quilz en ayent encoires escript a lempereur. Et combien que les dicts seigneurs soient icy en petit nombre pour conclure tout ce que duyroit a vostre couvant , toutteffois, ayant regard aux remonstrances que leur ay faict de vostre part, ont ordonne a Pierre Damant, commis a la recepte de lexecution, vous faire payer les deux cens ff. de
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lannee passée et mil ff., en acquitaot dnquante ff. par an, selon la fondation, queside vous bailler cinq pour cent, dont pourrez payer le bois par vous acheté et les arreraiges. Jay bien remonstre que cestoit peu de cinq par cent ; mais il itia este respondu que la fondation le contient et quil suffit bien lacomplir. Ils pourront avoir advis, en payant la reste, aux remonstrances que leur ferez de la monnoyé quest haulsee. Mais je vous conseUle prendre la dicte somme de mil ff., et en baiUer vostre quic* tance soubz vostre sceau , signée de notaire ou secrétaire ducal. Et vousveulx bien dire davantaige que jescripts a mon nepveur le tresourier deVesoul de avancer et prester de mes deniers la dicte somme, car en Bourgoingne mestdeue si grande somme; et de ce que le tresaurier de Dole doit. Ion lui a fait estât pour payer les mariages des cinquante pu* celles de Breisse, qui a dict par deçà en avoir laisse la charge a son beau filz Mouchet, dArinthod, receveur de Gharolois, qui a eu charge du plomb pour vostre esglise, qui dict en avoir desiât paye aucunes, dont vous advertis voulentiers ; pour ce que mavez escript que les filles seroient tost mariées, si lai^^t estoit prest ; ce quelles peuvent faire , car le dicl tresourier a largent. Mais il vous fault entendre quon ne payera les dictes filles sy non après quelles seront
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mariées et ayant certifficatioii , comme avez veu a la fin du TooUe des dictes pucelles que vous ay envoyées ; et nentendent les dicts sieurs exequuteurs gue les dictes filles doyvent estre en f raiz ny despence pour recouvrer les cinquante livres tournois données par ma dicte feue dame, prenant la livre a vingt solz'de roy, saulf la dicte certiffication quelles doibvent bailler au dict tresourier avec leur quictance.
Mess", je ne vous scauroys plus avant escripre pour le présent, sy non quil fault avoir patience du surplus jusques a cest yver prouchaân que les dicts exequuteurs se doibvent assembler en plus grand nombre, pour mettre fin a la dicte exécution, sil leur est possible, priant atant le Créateur vous donner, mess'*, lexecution de vos désirs.
De Bruxelles, ce 22* jour de juing 1534.
Lentieretnent vogtre frère et atni^
Signé LE DOYEN DE POLIGNY.
(Î5 janvier 1535.)
Vénérable très chier et bon amy . Pour ce quavons entendu que frère Loys de Gleyrens a par ci devant (îult la principalle administration et entremise des ouvraiges do vostre couvant de Brouz, de par feue
ÂSH documents ArTHE!fTIOUES ET IHÉDITS
madame, que Dieu pardoint, qui ne sont encoires du tout achevez, et savons quil serait fort propice quil eust ladministration pour tenir OMnpte de ce que reste a en parfaire, et aurions bien la fiance en luy quil sy conduirait comme il a faict du vivant de ma dicte feue dame. Nous vous requerans tant faire envers son supperieur que le dict frère Loys de Gleyrens vous soit renvoyé en vostre couvant jusques le dict ouvraige soit du tout achevé. Pour a quoy satisfere nous employerans luy faire fumir, selon que savons estoit lintention de la dicte feue dame, et nous veulliez advertir de ce quen aurez fedct ; en quoy nous ferez plaisir ; car nous desirans sur toutes choses le dict ouvraige estre achevé. Gonune Dieu scet, vénérable très chier et bon amy, vous donner sa saincte grâce.
De Bruxelles, le xxv« jour de janvier 1535.
Les ex€(piuteur8 du testament de feue madame bien vostres,