GREGORIUS PAPA XVI
VENERABILIS FRATKR, SALUTEM ET APUSXOLICAM BENEDICTIONEM.
Pastorale officium Nobis ex alto commissum nihil Nos magis sollicitât quam Christi fidelibus ut in viam mandatorum Dei dirigantur, atque ad seternam animarum suarum assequendam salutem opportunis prsesidiis adjuventur, omni quo cum Deo possumus studio providere. Quum itaque tu, Yen. Frater, quicoadjulorEpiscopiSozopolitani vicarii apostolici Siamensis, humiliter petieris, ut tibi liceat Coreanum regnum ingredi , et Coreanorum neophytorum curam suscipere, Nos perpensis Coreanorum christianorum necessitatibus, habitaque insuper ratione quod vicarius apostolicus Siamensis facili negotio alium idoneum presbyterum invenire possit, quern in coadjutorem sui eligat, de consilio Yen. Fratrum Nostrorum S. R. E. Cardinalium tuis precibus bénigne annuentes, tibi permitlimus, ut, si nihil obstet, ad novam missionem proficiscaris, qua quidem ad exitum prospère feliciterque perducta, etiam nunc te in vicarium apostolicum pro regno Corese cum omnibus facultalibus vicariis apostoHcis in regionibus Sinarum, vel Sinis adjacentibus concedi solitis, ad Nostrum et Sedis Aposîolicœ beneplacitum, auctoritate Apostolica tenore prsesentium eligimus, et deputamus, facimus et
d'introduire un Européen dans leur royaume. Ils n'ont pas dit cependant que ce lût impossible. » A la réception de ces nouvelles, Mgr Bruguière n'hésita pas un moment, et, sans attendre l'arrivée des piiîces ofticielles, n'ayant aucune ressource pécuniaire, il se mit en route pour la Corée accompagné seulement d'un jeune Chinois.
Un missionnaire de la mission de Siam aurait voulu suivre l'évèque de Gapse : c'était M. Jacques-Honoré Ghastan, du diocèse de Digne, qui, depuisquelques années, travaillait avec beaucoup de zèle dans l'île de Pinang. On lui avait fait espérer que si la mission de Corée était confiée à la Société des Missions- Étrangères, il pourrait y être envoyé, et, depuis cette époque, ce poste dangereux était l'objet de tous ses désirs. Il fut convenu que, quand les circonstances seraient favorables, il se mettrait en route au premier appel.
En attendant, le seul auxiliaire de Mgr Bruguière devait être un prêtre chinois envoyé directement par la Propagande. Il avait été élevé à Naples, dans un collège fondé pour instruire des Chinois et les préparer aux saints Ordres. Lorsqu'on apprit, dans ce collège, que la Sacrée Congrégation désirait envoyer des prêtres en Corée, deux élèves s'offrirent d'eux-mêmes pour cette mission. On les accepta avec joie, et ils furent placés sous l'autorité de l'évèque de Capse. Mais l'un d'eux renonça bientôt à son dessein. L'autre, nommé Pacifique Yu, eut plus de persévérance ; il quitta l'Europe immédiatement, et lorsque Mgr Bruguière se mit en route, le P. Pacifique était déjà arrivé en Chine, et cherchait les moyens de pénétrer en Corée.
Nous allons maintenant laisser l'évèque de Capse nous raconter lui-même les épisodes divers de son long voyage, les difficultés sans nombre qu'il rencontra, et ses négociations avec les
constituimus, salva tamen semper in prgemissis Congregationis eorumdem Cardinalium auctoritate. Mandamus propterea omnibus et singulis ad quos spectat ac spectabitin posterum,uttibiinprœmissis prompte pareant et obediant, tuaque salubria monita et mandata humiliter suscipiant, et efficaciter adimplere procurent, alioquin sententiam sive pœiiani, quam rite tuleris, seu statueris in rebelles ratam habebimus, et faciemus auctorante Domino usque ad satisfaclionem condignam inviolabiliter observari. Non obstantibus, etc. quibuscumque.
Dalum Romse apud S. M. M. sub annulo Piscatoris die 9 septembris 1831, ponlificatus Nostri anno primo.
Th. card. Bernetti.
Coréens envoyés à Péking. Tous ces détails sont consignés dans une relation très-intéressante qu'il adressa aux directeurs du séminaire des Missions-Étrangères. Il ne se contente pas d'y parler de son voyage : il donne beaucoup de notions historiques, géographiques et scientifiques sur les pays qu'il eut à parcourir, et on s'étonne, en le lisant, qu'un homme malade, affaibli par les privations, absorbé par des préoccupations de tout genre, n'ayant presque aucun livre sous la main, ait pu écrire ces pages pleines d'érudition et d'observations curieuses. Les Annales de la Pî^opagation de la Foi ont imprimé, en 1837, la plus grande partie de cette relation. Nous ne donnerons ici que les passages qui se rapportent au voyage du missionnaire et à l'histoire de l'Église de Corée.