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Il COUF-p'OBl ciRÉftAL
les Musulmans^ miné à Tinténear par de continuelles discordes. Les papes y dont l'influence était grande déjà dans le domûne politique ^ réclamaient en vain, au nom de l'Italie ravagée par les Sarrazins et les Lombards y le secours d'empereurs qui pouvaient à peine se tenir sur leur trône. Abandonnés par eux y ils tournèrent les yeux d'un autre côté.
Au milieu des races barbares , il en était une qui brillait plus que toutes les autres par la gloire , sa puissance et sa foi : c^était celle des Franks. Depuis peu, les Neustriens avaient reconnu pour chef le duc des Austrasiens, Karl-Martel, dcmt les exploits avaient retenti dans tout l'Occident.
La papauté appela ce puissant guerrier au secours de Tltalie, et le fit patrke des Homains ^ Karl sembla entrevoir tout ce que ce titre promettait d'avenir à sa race ; il l'accepta et se disposait à partir pour l'Italie , lorsqu'il mourut. Son fils Pépin exécuta son projet. Les papes y qui virent alors de près cette race franke si forte, si catholique, conçurent l'idée grandiose d'en faire le point central de toutes les nationalités d'Occident, de créer un empire roinairirfrank qui aurait pour base le christianisme, qui ne smdt que YEglm constituée poliliquemenL
Cette magnifique idée fut réalisée dans la personne de Charle* magne.
Ce grand homme , d'une haute intelligence , comprit parbfteBiGOi la pensée de la papauté, y dévoua toute sa vie, travailla avec une étonnante activité k grouper autour de lui les r«ees de France, d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne, h déposer parmi elles Ions les principes d'assimilation, à resserrer surtout le lien qui les Xamï déjà unies pour la phipart, c'est-à-'dire le Hen religieux.
SUR LA PKHIODB FEODALE. III
Il fallait plus d'une vie d'homme pour détruira les principes de répulsion qui existaient entre les races, au point de vue politique. Charlemagne n'eut pas^c successeurs capables de poursuivre aoa œuvre. A sa mort, les liens qui rattachaient les nationalités di** verses se brisèrent, excepté le lien religieux. Les chefs, placés par le grand empereur, sous les noms de duc, comte ou marquis, dans les provinces, les cités et les marches, profitèrent du inoo-> vement répulsif qui se manifesta, lorsqu'il n'était plus là pour le comprimer, entre les races dont ils avaient le gouvemement| et commencèrent à vouloir se rendre indépendants des empe<^ reurs.
Cette tendance des mandataires de Tautorité impériale k se rendre indépendants dans leurs gouvernements respectifs, se manifesta dès le règne de Hludwig-le-Pieux et de KarMe -Chauve; elle suivit une marche progressive jusqu'au x" siècle. A la fisiveur du désordre social qui régna à cette époque , tous les hommes puissants méprisérent i'autoritédes rois quin'avaient plus le pouvoir de se faire obéir; ils firent des villes et des provinces leurs propriétés ; construisirent leurs châteaux-forts pour défendre au besoin ces propriétés usurpées qu'ils transmirent à leurs enfants. Du haut de ces châteaux , ils se jetaient, suivis de Imrs fidèles y sur toutes les propriétés qu'ils ambitionnaient , et bientôt les hommes libres n'eurent plus d'autre moyen de se soustraire à leurs violences que de leur Ikire hommage des domaines qu'ils possédaient. C'est ainsi que toutes les propriétés libres ou aUms furent converties en propriMs inféodées ou fiefs.
En sortant du x** siôde, la France se tronva avec un nouvel état social ; fractionnée en autant de gonvemements quil y avait de races; sans autre lien poUtique qu'une royauté qui n'était qu'un
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nom. Ces gouvemements eux-mêmes étaient subdivisés en autant de petits Etats qu'il y avait de fieb ou de bénéfices, et les feudataires de second ordre n'étaient guère plu»- soumis aux grands feudataires que ceux-ci ne l'étaient au roi.
Ce qui frappe au premier abord dans ce système social qu'on appela féodaUlé^ c'est qu'il était purement personnel. Les lois romaines, remises en vigueur par Charlemagne, perfectionnées par les lois chrétiennes , et modifiées par les vieilles lois des différentes peuplades y formaient bien un fond de législation dans chaque gouvernement; mais l'application en était réservée au propriétaire ou seigneur qui mit Yarbitraire à la place du droit y et ne respecta guère que les lob qui lui étaient fiivorables. La volonté de l'homme n'étant point ainsi dominée par une loi juste , expression du bien ; la loi, au contraire, étant soumise au caprice de l'homme, il dut nécessairement y avoir, au fond de ce système social, un despotisme brutal et une immense douleur.
Cette douleur eût été plus grande encore, le despotisme eût été plus brutal , si l'Eglise n'eût plané au-dessus de ce chaos politique.
Plus on approfondit les annales du moyen-âge, et plus on dé* couvre clairement la main de la Providence qui conduisit l'Eglise à la souveraineté politique pour servir de contrepoids à la violence qui était devenue le seul droit.
Au moment où les races barbares vinrent se juxtaposer dans l'empire romain , l'Eglise les domina par l'ascendant de la science et delà vertu. Les barbares appelèrent eux-mêmes le clergé à diriger le mouvement civilisateur. Jamab l'Église ne posséda dans son sein un plus grand nombre d*hommes supérieurs qu'au moment où elle fut chargée de façonner ces éléments des sociétés modernes. «Seule
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elle possédait^ à la fois le mouvement et Tordre, Féner^e et la règle, c'est-à-dire les deux grands moyens d'influence. Aussi son influence sur la civilisation moderne a-t-elle été très-grande, plus grande peut-être que ne Tont &ite même ses plus ardents adversaires ou ses plus zélés déféosenrs. »
La supériorité morale et intellectuelle du clergé l'avait placé à la tête de la société. Au moment où l'empire romain d'occident tombait en dissolution, c'était dans le clergé que l'on trouvait tout ce qni avait intelligence et vie : seul il possédait tous les principes de sociabilité et de progrès contenus dans l'Évangile et dans le droit romain ; il devait donc par la force même des choses , par un résultat nécessaire des circonstances, devenir l'instituteur de la nouvelle société.
Hallam, si peu fiivorable cependant à la puissance politique du clergé, reconnaît le bien immense qui résulta de son influence au moment de l'établissement des barbares, a Les évêques, dit-il ', acquirent et conservèrent une grande partie de leur ascendant par une influence très-respectable : la supériorité des lumières. Etant seuls versés dans l'art d'écrire, ils furent chargés de la correspondance politique et delà rédaction des lois. A la chute de Rome, leur influence sur les barbares fit disparaître les aspérités de la conquête et préserva en partie les habitants des provinces des suites funestes
de cette effrayante révolution.
a Ce fut surtout par les efforts des évêques que la religion , le langage et même une partie des lois de l'ancienne capitale du monde
* Guizot , mstoire de la CItIL en Europe , leçon S"*** ' Hallam , VBurppe au moffctt-âge»
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furent transplantés dans les cours de Paris et de Tolède ^ que l'imn tation rendit un peu moins barbares. »
M. Guizot ne reconnaît pas moins explicttement les heureux ré*suUats de Tinfluence du clergé.
a L'Église, dit-il^, agissait d'une manière efficace pourTamé*lioration de Tétat social* Nul doute qu'elle ne luttât obstinément contre les grands vices de l'état social ^ par exemple contre Tesdavage. On ne peut douter qu'elle n'employât son influence à la restreindre, il y en a une preuve irrécusable : la plupart des formules d'affi*ancbi5sementy à diverses époques, se fondent sur un motif religieux; c'est au nom des idées religieuses, des espérances de l'avenir, de l'égalité religieuse des hoomies, que l'affranchissement est presque toujours prononcé. L'Église travaillait également à la suppression d'une foule de pratiques barbares, à l'amélioration de la législation criminelle et civile. Vous savez à quel point, malgré quelques principes de liberté, cette législation était alors absurde et funeste} vous savez que de folles épreuves^ le combat judiciaire, le simple serment de quelques hommes, étaient considérés comme les seuls moyens d'arriver à la découverte delà vérité. L'Église s'efforçait d'y substituer des moyens plus rationnels. U est impossible de comparer les lois dictées par le clergé et les autres lois barbares sans être frappé de l'immense supériorité des idées de TËglise en matière de législation, de justice, dans tout ce qui intéresse la rechercha de la vérité et la destinée des hommes. »
Une conséquence naturelle de l'action politique et rdigieuse du clergé a été la fusion des lois et des pouvoirs ecclésiastiques et civils.
< Guizot , HIst. de la Civil, en Europe , leçon 6«*.
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Sous les Mérovingiens, la puissance des évoques se confondit avec oeilo des rois et des leudes ; et comme les évéques avaient incontestablement plus de lumières 9 ils eurent une prépondérance méritée dans les assemblées législatives qui conservèrent la dénomination ecclésiastique de oondlei.
Les grands biens dont le clergé eut l'administration contribuèrent aussi à augmenter sa puissance politique.
On lui prodigua les ricbesses en reconnaissance des services qu'il rendait à la société et de la sagesse qu'il avait montrée en interposant son autorité pacifique entre les iMÛnqueurs et les vaincus. Des hommes puissants, dégoûtés du monde et se consacrant à Dieu, augmentèrent encore s^ richesses en lui léguant les domaines qu'ils abtndonnident pour ne songer qu'à leur salut. On savait que les biens qui lui étaient confiés n'étaient qu'un dépôt qu'il saurait utiliser pour le bien général, en secourant les pauvres et en fondant des institutions destinées à soulager les membres souflronts de l'humanité. Enfin les terres défrichées par les associations monastiques des VI* et vu* si^les formèrent, avec les biens provenant de bi libéralité, un fonds immense qui fit des membres du clergé qui en eurent l'adminiatration les plus riches propriétaires de l'État.
Or, avant même que la propriété fftt devenue le fondement de la souveraineii^ c'est-à-dire avant la constitution définitive du régime féodal, la propriété territoriale donnait des droits politiques fort importanli, en même temps qu'elle imposait des obligations personnelles vis-à-vis du chef de l'Ëtat. Le domaine était déjà le fief 00 bénéfice. Les établissements ecclésiastiques , églises ou abbayes, qui forent dotés, devinrent des fiefs véritables auxquels furent attachés les droits et les devoirs inhérents à toute la propriété fon^