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même d'autres menacea. Le seul évéque de Laou en fut ébranlé ; c'est pour cela qu'il révoqua sa signature. Le jour même où il fit cette démarche, il avait signé plusieurs pièces communes aux neuf opposants, et qui lui avaient été présentées par Noaiiles, évéque de Cbâlons.
Le 8 février, Pontchartrain manda le premier président et les gens du roi. Il l^ur annonça que le roi voulait donner des lettrespatentes pour Tenregistrement de la bulle. Joly de Fleury, avocat- ^néral, fit observer qu'on ne pouvait donner de lettres-patentes ni eoregistrer la bulle en conséquence d'une assemblée qui ne représentait pas le clergé de France. Le roi était présent à cette séance. Il se prononça pour les lettres-patentes et l'enregistrement. D'Aguesseau lui fit quelques observations fort justes. Le 13, ils retourpèrent chez le roi. La discussion roula sur les mots enjoignons et exhortons. Les magistrats voulaient cette dernière expression, comme plus respectueuse pour les évéques, qu'on laissait ainsi juges de leur conduite. Mais Bissy et Rohan, de concert avec Tellier, voulaient le premier mot, afin que les évéques nonacceptants fussent considérés comme séditieux et rebelles à Tégard du roi, et, par là, dans le cas d'être poursuivis et persécutés. Le roi se déclara donc pour le mot enjoignotM, qui passa dans les lettres-patentes. Ce mot fut fort attaqué lorsqu'on présenta, quelques jours après, ces lettres au Parlement. L'abbé Pucelle, conseiller-clerc, décomTit parfaitement le venin renfermé sous cette expression, qui ôlerait toute liberté aux évéques dans une chose purement religieuse, et donnerait le droit de les poursuivre jusqu'à la saisie de leur temporel. Le premier président interrompit plusieurs fois labbé Pucelle, qui n'en continua pas moins avec beau* coup de calme. Plusieurs conseillers se rangèrent au même avis. Le preaiier président, voulant arrêter ces avis défavorables, dit au greffier, lorsque le conseiller Goulard eut commencé à parler * Qu'on écrive le nom de tnonsieur. Il intimida ainsi les autres. Les lettres-patentes furent donc enregistrées, et, aussitôt après la séance, le premier président se hâta de rendre compte au roi de ce qui s'était passé ^
Le 24 février, sur les instances réitérées de Bissy, c'est-à^lire du P. Tellier, dont il était l'automate, il fut résolu^ à la cour, d'en
« LeUfcs-pofentes et arrêt d'enregistrement do !n coDstit. Vnigen, în-i*, Paris, V« F. Mwguel, 1711.
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voyer la constitution à la Faculté de théologie. Le lendemain, on en donna avis à Noailles, qui se hâta de publier son IfutmctUm pastorale sur la constitution ^. Elle produisit un effet immense, et Coignard, qui Timprima, en rendit plus de vingt mille exemplaires. Les prélats courtisans firent grand bruit de la conduite du cardinal, qui osait se prononcer contre l'acceptation de la constitution au moment où le roi envoyait à la Faculté Tordre de l'accepter. On eût bien voulu déférer son Instmcticm au Parlement et en appeler comme d'abus ; mais le premier président, consulté par le roi, ne trouva pas la chose possible. On se contenta alors d'un simple arrêt du conseil.
Le dernier jour de février •, le cardinal de Rohan remit au docteur Le Rouge, syndic de la Faculté de théologie, l'ordre du roi qui lui enjoignait de faire recevoir la constitution. Le lendemain, dans la séance solennelle du premier du mois, on agita la question, et plusieurs membres se déclarèrent, avec beaucoup de fermeté, contre la bulle. « Le roi, dit le P. d'Avrigny ', fut informé le soir même des obstacles que quelques membres de la Faculté mettaient à la réception de la bulle, et t7 en auroit fait sur-le-champ un exemple, si M. le cardinal de Rohan n'avoit pris soin de rejeter leur désobéissance sur l'appréhension qu'ils avoient eue d'encourir les censures dont ils se croyoienl menacés par leur archevêque. » On se contenta d'envoyer de nouveaux ordres à la Faculté, qui se réunit le 3 mars. Les opinions y furent encore tellement partagées, qu'on ne put prendre aucune détermination. Grâce à l'emploi de tous les moyens de compression, b bulle fut enregistrée le 5. On revit la conclusion le 9 chez le doyen, et elle fut adoptée de nouveau le jour suivant, grâce aux mêmes moyens.
Dans l'assemblée du 4 avril, les opposants reprirent la même question; mais leur voix fut étouffée. Habert, Witasse, Bidal et Bragelonne furent exilés ; Garson, Desmoulin, Courcier, Navarre et Begon furent interdits des assemblées. Le 2 mai, Hullot fit une protestation publique contre la conclusion. Nous verrons la Fa-
^ Ordonnance du cardinal de Noailles, etc., 8 pages m-4.o. Parij, Geignard, 1714. Cette ordonnance était faite dans le sens de la déclaration des neuf évoques.
* aeiation des assemblées de Sorbonne (du là mars 1716 au 5 mars 1717): archifes de Rome, Franda, Giansenismo. 2274.
* D*Avrigny, Mém. chronol., ann. 1714.
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culte reYenir sur sa décision forcée aussitôt après la mort de Louis XIV.
La bulle ayant été adressée par le roi à tous les é^éques de France, avec ordre de la publier^ ceux-ci donnèrent des mandements ^ pour se soumettre à ces prescriptions. En jetant les yeux sur ces actes épiscopauz, on est frappé du peu d'accord qu'il y eut entre les évéques sur l'acceptation de la bulle ; un fait certain^ c'est que la plupart crurent nécessaire de donner des explications, dans le but de mettre en sûreté la bonne doctrine. Us connaissaient les prétentions des Jésuites; c'est pourquoi ils s'appliquent à restreindre la bulle à la condamnation de la doctrine des cinq propositions, et ils ne lui donnent pas plus de portée qu'à la bulle d'Innocent X. Ce n'était donc que par un abus étrange que les Jésuites voulaient la considérer comme une victoire pour le Molinisme.
Des évéques, frappés du sens que lui donnaient ces religieux, croyaient nécessaire que le pape s'expliquât catégoriquement sur ce point, afin d'ôter tout lieu au scandale. Telle était l'opinion des neuf évéques opposants de l'assemblée, et des évéques de Metz, de Montpellier, de Sisteron et de plusieurs autres. Les mandements de quelques-uns d'entre eux furent censurés à Rome, car Clément XI se d^ara contre toute explication, et refusa de recevoir la lettre des neuf évéques, qui lui avaient écrit, après l'assemblée, pour lui en demander. De La Broue, évéque de Mirepoix, eut ordre du roi de ne pas publier son mandement. Il fut imprimé, quelque temps après, d'une manière clandestine. Il y attaquait directement la constitution.
Dans sa réponse à la lettre aux quarante évéques, le pape se prononça assez clairement, en blàman t ceux qui ne lui avaient pas rendu Yobéissance qui lui était due '• Peu de temps après, dans les derniers jours de mars, .il demanda ouvertement au roi l'exil du cardinal de Noailles *, ou, dans le cas où le roi n'y consentirait pas, la permission de constituer un des suffiragants de Paris pour gouver-
^ Recueil des Mandements pour k récq;)tion de la. bulle Vhigenitui. Co volume fut pubUé en 1715.
* D*Aguesseau présenta au roi des observations 1res solides contre ce bref qui anéantissait, disait-il, le pouvoir épiscopal. Ces observations ne sont pas dans ses œuvres, mais nous avons l'autographe sous les yeux.
> Journal de Tabbé Dorsanne, ann. 1714.
ner ce diocèse, elfaire au canlin^il une cIlatioQ d'aller à Rome rendre compte de sa conduile. Le neiiii' <liit s'entendre avec le P. Tellier et Biss^ pour les négociation:' <)iii seraient jugées aécessaircs pour obtenir du roi une réponse luvorable. GatUande el Bono n'avaientpas|ieu contribué à jeter 1. |i;i]ip dans cet excès parles lettres infâmes' qu'ils écrivaient à Bomi> i niiliv le cardinal de Noail[e8,«! dans IcEquelles ils demandalentàjii-uiils cris sou e.\coniniuakatloii.
Tandis que le monde religieux éiaii e^i profondément agité h propos du livre des Réflexions mornli'i, \r p. Qucsncl défeudailson œuvre avec une dignité qu'il sérail luei) injuste de mécoonaitre. Il était alors âgé de quatre-vingts an^, mais son intelligence n'élai pas affaiblie, comme on peut en juger par ses livres eux-niénieB,
Le P. Quesoel avait demandé, par une lettre respectueuse, à être entendu par les examinateurs de son livre. On ne lui accorda pas ce qu'il demandait, sous prétexte que c clait son livre qui était en cause et non sa personne. On ne peut nier, cependant, que la présence (te l'auteur n'eût été fort utile pour déterminer le sens des propositions. Il est certain que ci ■^ |ii'i>|iosilions peuvent avoir un bon sens, puisqu'elles sont exiraili > îles saîuls Pères, pour la plupari *; on ne |)ouvait donc les ciuiliiimier qu'en accusant l'auteur de leur attacher un mauvais sens ; or, ce mauvais sens était manifeslemenl combattu par d'autres passages du livre ; il eût donc été bon d'entendre l'auteur avant de lui attribuer toutes sortes d'erreurs ; de plus, si, comme on le disait, sa personne n'était pas en cause, pourquoi lui prêter les desseins les plus peniicieux et les plus mauvaises intentions? Telle est la substance des mémoires juslificatifs du P. Quesnel louchant les intentions qu'on lui imputait, dans le préambule de la constitution, comme h un flls de Satan. Il s'exprime ainsi :
a 11 n'y a que Dieu et moi qui sachent ce qui est cacbé dans mon cœur, et il n'y u aussi que nmi. .iprés Dieu, qui puisse juger
de mes intentions el en rendre t< i}:iin|.'e ; et, par la miséricorde
de Dieu, ma conscience ne me rcjni" lie point d'avoir jamais eu la moindre teinture de ces noires inlenlinns auxquelles j'ai même horreur de penser. Je vois bien, [i ir 1 ;ill'reiLse idée que mes enne
■ Ces lettres sont aux archives d^ Rome, frsncia. Giunï^enismo, D. 1258'
I Pour résumer la discussion rdalivo ■ la btillc L'iiinimilus, dous WW3
àonni à la (in de ce volume, crile coDMituliOD avec les passaf^ de Ixcriluie
et des Pores rilës psr te P. Quesnel, pour justiliiT se^ propositions, aiasi que
Isa quatilieaiioDs de ctiaquc pruposilion, d'aprh un uianuscril des arcliivcs d<'
DE LÈGLUm un rBANCB. Wt
ijfiis ont donnée de nioi à Home et ailleurs^ qu'on ne sera ptts disposé à m'en croire sur m^ parole ; mais peut-être aurait-on seniv pule de n'y pas ajouter foi^ si je la confirme parce qu'il y a de plus sacré dans la religion. C'est une fâcheuse nécessité que d'être obligé d'en venir là : je tremble de m'y voir forcée et je demanda très humblement pardon au souverain scrutateur des cqpurs et au seul jpge adorable du secret des consciences^ si j'ose le prendre à témoin comme je le fais, prosterné de cœur devant sa divine majesté avec tout le respect et toute la religion dont^ ps^r «a grâce, je suis capable. Dieu est, dis-je, témoin que je n'ai jamais eu aucune de ces sinistres et sacrilèges intentioi^s qu'on m'impute dans ce préambule, ni rien qui en approche. Le seul motif que j'ai eu de faire ces réflexions sur le NouveaurTestament, a été de rea<« dre ce service aux fidèles à qui on m'avoit fait entendre qu'ellen pourroient être utiles; et j'ai toujours eu trop d'attachement à la vérité et à Tunité, pour avoir eu la pensée de m'engager à ee petit travail par un esprit de cabale et de parti, comme on m'en accuse sans aucun fondement, sans nulle ombre de vraissemblance.
» L'accusation de Jansénisme n'est pas mieux fondée. Je me suis sissez justifié ailleurs de ce qu'on peut s'imaginer d'erreurs réelleu dans cette accusation* Je n'en parlerai pas ici davantage. Je remarquerai seulement que s} le Jansénisme dos Réflea^ionê tnorakêf que les ennemis de M, le cardinal de Noailles ont fait sonner si haut et dont on a vquIi)^ sans doute, ramasser jusqu'aux moindres parcelles dans cette constitution, n'est aut(*e chose que ce qui y est rapporté des réflexions sur la matière de la grAco, on ne peut plus douter que ce que nos advei*s»aires appellent Jansénisme ne soit uniquement la doctrine très sainte de saint Augustin sur la Grâce eflicace par elle-même, qu'il a défendue durant vingt ans au nom de rÉglise. Je prie Dieu de tout mon cœur de daigner me faire la grâce d'en faire profession jusqu'au dernier soupir, et de pouvoir, au dernier moment, dire au fond de mon âme : Grâces ment rendues à Dieu i)Qur la victoire qu'il nous donne par noire Seigneur JésuS'Chrisf. Jmen, veni Domifie Jesu. »
Dans ses mémoires, ses protestations et ses lettres, le P. Qnesnel s'exprime avec cette piété et cette douceur. Accablé des plus atroces injures par uue foule de fanatiques, il se laissa aller parfois à des mouvements d'indignation ; mais plus sou\ent il gémit devant Dieu, et il accepta avec résignation ce calice amer que ses ennemis lui faisaient boire jusqu'à la lie.
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Nous ne pouvons nous étendre pluii longuement sur ses livres de polémique, mais nous devions en indiquer le caractère général.
Pendant que le P. Quesnel se défendait et que les évéques de France publiaient la bulle, on négociait avec le curdinal de Noai^ les, et l'on cherchait un moyen-lerme pour l'amener, avec ses adhérents, à l'opinion des quarante '. Les cardinaux d'Estrées et de Poh'gnac furent les médiateurs. Les négociations commencèrent peu de temps après les assemblées de Sorbonne pour la réception de la bulle. L'opposition qu'elle rencontra au sein de cette corporation fameuse fit craindre aux hommes qui ne subissaient pas absolument le joug des Jésuites et des Sulpiciens, que l'Ëglise de France ne fût ébranlée ju»ques dans ses fondements. Tel fut le motif qui (il naître le désir de l'accommodement. Il futconvenu, comme base de l'accord, que la constitution devrait être reçue , qu'elle ne le serait pas d'une manière absolue, mais relative à certaines explications ; que le pape refusant de donner ces explications, le cardinal de Noailles les donnerait lui-même dans une Instruction pastorale. On espérait que cette Instruction serait préférée par la plupart des évéques à celle des quarante, où l'on reconnaissait généralement de grands défauts ; qu'ils l'adopteraient pour leur acceptation ; que la cour de Rome n'oserait réclamer, et qu'ainsi les Jésuites ne feraient pas triompher leur doctrine molinlenne, et que les Augusliniens adhéreraient à cette acceptation relative de la buQe. Le ror approuva la négociation ; Noailles composa son Instruction pattarait et la communiqua, non-seulement aux deux cardinaux médiateurs, mais aux évéques qui faisaient partie de la commission de la dernière assemblée. Tous la trouvèrent très orthodoxe, mais Rohaa et Bissy firent des remarques qui, toutes, avaient pour but de faire remarquer que la bulle y était acceptée d'une manière trop relative aux explications qui étaient données sur chaque proposition. Ces diflicullés ne portaient donc que sur la forme, et non sur le fond de la doctrine ; les cardinaux médiateurs et le roi n'y eurent aucun égard; il fut convenu à la cour que V Instruction pastorale serait envoyée b. Rome, a Si le pape en est content, dil le roi, j'en serai content aussi, n
On crut quelque temps que la paix allait être conclue ; mais les ennemis de tout bien n'étaient pas décidés à laisser échapper si
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facilement le fruit de leurs intrigues. Rohan^ Bissy^ Tellier et quelques fanatiques de bas étage comme Gaillande^ Broglio^ Doucin et Borio^ recommencèrent^ avec plus d'activité que jamais^ leurs dénonciations souterraines contre le cardinal de Noailles^ et ils écrivirent à Rome des lettres horribles de méchanceté et de haine.
Dès que Ton pressentit que le pacifique cardinal d'Estr^es parlait au roi d'accommodement^ Tellier envoya à Rome un Capucin nommé Thimothée^ qui fut surnommé le courrier de la bulle. Sa mission fut d'inspirer au pape des sentiments hostiles à Noailles. 11 s'entendit avec Daubenton, et ils furent l'un et l'autre les correspondants de la cabale. On écrivait de Paris le 7 mai 1714 ^ : « La paix ne sera jamais faite avec Noailles que de la manière dont on la conclut du temps de Clément IX^ c'est-à-dire que la victoire sera pour Noailles et les Jansénistes. En leur donnant la paix, on fera a£Gront au cardinal de Rohan^ à Tévéque de Meaux et & l'assemblée^ qui se sont immolés pour le pape. »
Un autre correspondant^ après avoir dit que le pape devait ôter le chapeau de cardinal à NoaiUes^ ajoute ' : « Il faut bien se donner de garde d'écrire à M. le cardinal de Rohanou à M.l'évéquedeMeaux que Rome veut la paix de Noailles. Une faudroit que cela pour leur faire perdre coeur. On est persuadé que toute cette affaire ne peut finir que par une fausse paix^ qui perdra la religion^ ou par une rupture éclatante; c'est à Rome à voir ce qui convient le mieux des deux partis. »
Le 14 mai^ lorsque les négociations étaient entamées^ on écrivait de Paris à Rome^ : «r Le cardinal de Noailles croyoit n'avoir pour comoGussaires que Messeigneurs les cardinaux d'Eslrées et de Poli* gnac et quelques autres de son choix ; mais le roi lui a fait donner une copie de son mandement. Ce mandement sera envoyé au pape, mais vous jugez bien que cela ne pourra pas être si tôt, et qu'il se passera bien des choses avant que d'en venir là. Le pape ne manquera pas de répondre : a Je ne veux ni recevoir ni voir ce mandement. » On lui demandera pourquoi, comme on a fait au roi, et l'on dira que Sa Sainlete ne veut pas approuver le man^ dément parce quil renferme les maximes des évéques de France, dont on remplit les mandements. »
* Archty«9 de Rome, Franeia.Gian8eiiismo T. 2983. Lettre du 7 mai 1714.
* Ilrid. Autre lettre du 7 mai J714.
* IM. LeUre du li mal.
Ainsi, iaffiieslion de Jansénisme n'élait que pour l'appnriMico: ce (jue l'on loulait détruire, en se servant de ce mot, c'était la doctrine de l'Ëglise de France loucliani l'autorilé ponfilicalc. Aussi, le pape fut si contrarié que l'assemblée de 1713 eût fait un simulacre d'examen et qu'elle n'eût pas obéi les yeux fermés, qu'il tnenaçail de ne plus faire de bulle pour la France '
On ajoute, dans la lettre ctlée plus haut :
o Tout consiste en ce que le pape dise et déclare qu'il ne veut ni écouler le cardinal, ni recevoir son mandement, qu'il n'ait accepté la bulle ; qu'autrement, il lui ôlera le chapeau, d
La leçon était faite à la cour de Rome ; elle y fut fidèle. Ses correspondants de France l'exhortaient surtout vivement de faire recevoir la bulle par les Églises élranpéres, afin de pouvoir la donner aux opposants comme un jugement de l'Église. On objectait i Rome que personne ne la demandait dans ces Églises ; on réjionddit* : a 11 n'est pas vrai que l'usage ne soit pas d'envoyer des bulles aux princes, sinon lorsqu'ils les ont demandées. On vous a marque cinq ou six exemples du contraire. Encore un coup, on a trop négligé, à Kome, cette publication de la bulle chez les autres nations. Il y a huit ou dix jours qde M. le cardinal de Noailles lit savoir au roi que son mandement seroît communiqué, sans délai, k MM. les cardinaux d'Ëstrées et de Polignac. n
Oans (me lettre du 20 mai ', on lit : a Tout ce qu'où répand, k Rome, de l'accommodement de M. le cardinal de Noailles, est faux. Je vous ai mandé la vérîlé; on vent intimider et embarrasser le pape. Que Sn Saintflé prenne ean^ance en nous, et, en défendant la vériié, nous la soutiendrons jusqn'au dernief péril, n
Après «voir parlé de quelques termes de la lettrt! circulaire de l'assemblée, qui avaient blessé la susceptibilité de la cour de Rome, le correspondant ajoute : « Après tout Ce qu'on a fait de fort pouï le pape, ayant Imt Paris contre soi, et l'archcTéque à la tête, od ne doit pas s'attacher à des bagatelles, vu, surlntll, qu'on a sauvé l'essentiel. Les cardinaux les plus zélés de Rome, s'ils eussent été à notre place, auroienl en bien de la peine à en faire autant que nous en avons fait pour servir le pape ; je le dis parce que cela est vrai, car, enlin, je me suis attiré de tr^s paissants ennemis pour
* Arcliiv. de Rame, Franc. Gians
* Iftid. LeUre du 14 mai 1714.
■ Ibid. Aiilrc iMtrn du Snmiii.