XCII. Orient
C'est imiter Saftit-Paul que de souffrir en paix l'ex- • J'eusse déliré devenir Scaodalosfi , c(HpmunicalioB et l'ana- anathème (:our mes frèresl temerçria» injutii^e iniufite plutôt que S. /^(ii*/., ad Rom., 9, J. riosa in sancti)n; de trahir la vérité, loin de Les chrétiens {spirituels, Paulum et (^vex^ Vélever contre l'autorito ou et ceux qui, animes d'un schismati. de rompre l'unité. 7?om., y. saint zèle, cherchent à le
devenir, ue sortent jamais de . 1 Eglise, quand bien même ils en seraient bannis p^r la méchanceté des hom mefs. Au contraire, leur
Hl^TOIHK
JAnis guérit quelquefois les blessures que la précipitation des premiers pasteurs fait sans son ordre : il rétablit ce qu*ils retranchent par un zèle ineoDsidéré. Joan. , 18, 1 i .
Rien ne donne une plus mauvaise opinion de TÉglise à ses ennemis, que d'y voir dominer sur la loi des fidèles, et y entretenir des divisions pour des choses qui ne blessent ni la foi ni l mœurs. Rnrn, H, 16.
vertu devient plus pure par cette épreuve ; et c est pour eux une chost' plus utile d'avoir été ainsi séparés de rÉglise, que d'y être toujours demeurés extérieurement unis, car dans une telle situation, ne s'élevant pas contre l'Eglise, la force mvisihle de leur charité les affermit de plus en plus sur la pierre solide de l'unité.
S. Aug., de Baptism., lib.
La divine Providence per- Injuriosa Eomet souvent que les gens de clesiœ , scandabien soient chassés de la losa, pemiciosa communion de l'Eglise par in praxi et si^isles séditions et les tumultes mati faveûs. que des hommes charnels excitent contre eux. Si ces personnes supportent cette Ignominie avec patience et ne se portent a inventer aucune nouveauté pour fomenter un schisme parmi * les frères, le Père Céleste^ qui voit dans le secret, ne laissera pas sans récompense une conduite si sage et si chrétienne. Ces exemples sont rares. Il faut cependant avouer qu'on en trouve quelquefois, et même plus qu'on ne le peut dire. S. Aug., de Verit.
Relig., c. 6, 8 2.
es
Vous savez que les princes des nations les dominent, et que ceux qui sont grands parmi elles les traitent avec empire. Il n'en sera pas ainsi |)armi vous. S. Matth.^ 20, 25.
Si celui qui est établi chef dans l'Eglise s'imagine qu'il n'a qu'à suivre ses vues et ses desseins aaa«
Temeraria, seditiosa , contnmeliosa Ecclesûr ac faveus hsreticis, et hsresibus ftivens.
DB l'bGLISB DS FRANCE. 461
être obligé d'en rendre compte à personne, il gouverne plutôt comme un ty~ ran que comme un père.
S. Chrysost., Homél. 2 in Epist. ad Til. {V. H. S.
Bernard, de Consid., lib. 2,
xcv. ^- '*'*•)•
Les vérités sont devenues n #^ t • .
eommeune langue étran- , P^^^ °^^!' «"« frères, Temerana et
gère à la plupart des chré- ^^"^« J« ^""'^ ^®°^ ^. J^"» contumeliosaHo.
Sens, et la minière de les POur vous annoncer I Evan- clesi».
prêcher est comme un lan- ««le de Jésus-Christ je n y
gage inconnu, tant elle est «"^^ P,f T^"?. «^«î/« ^»^
âmgnée de la simplicité ^^"7 ^}r^ ^ "°® é'o<ï"en-
des Apôtres et au^esius de ^ ^^ ^ "P® ^5^^ .^^VT-T
la portée du commun des °®v ^.'' J« /»' I».»»* ^
fidël». Et on ne fait pas P">fession de savoir autre
réflexion que ce déchet^ ^**^ f\ J^"? Ç^"Cifié. une des Marques les plus f • f «^'•' ^ ^ C^""**^- 2, sensibles de la vieillesse de ^ » .^.' , ,
l'Église, et de la colère de . ^ E?'*^' ??"«, <^, .^f ' DiSi sur ses enfants. I. niers jours étant affeiblie Cor, 14 21 P®'' °°® espèce de vieillesse,
'' ' * ne peut enfanter d'enfants
à Dieu par la prédication.
S. Gr^o.,pap., Moral., lib.
Dieu pe^^^Mî^f. toutes p^^ les portes de l'enfer, Impia. scan- ^ puissance soient con- j, f^^^ ^j^^^j^^ ,^ .^ ^^^j^^ y^ j,^
£*i!S»î'"Jî:^S'«T.fr'' sances du siècle... L'Église ma , injuriosa
tavénlé, afin q«e « vip- établie par Jésus^hrist sur utrique potestati
toirene puisse être attn- ,3 ^-^^ solide .. quoique sciliœt tam Ec
Dueequa sa grâce. >ia., ^^^^^ ^^ toutes parts par clesiasticae quam
• *• c«s vents furieux, ne sera sœculari, ac fti-
point ébranlée. ;. Quelqu'ef- vens haoreticis et
fort que fiassent contre elle hœresibus. les puissances de la terre, jamais ils ne la détruiront.
S. Grég., pap., in Psalm.
5 Pœnit., § 36.
XCVÏL
11 n'arrive que trop sou- Il n'est pas possible qu'un Sanctitas sua
vent (|[ue les membres le pasteur juge avec équité existimaret hanc
plus saintement et le plus quand il suit dans ses ju- propositionem in
étroitement unis à 1* Église, genients ses passions parti- sensu auctoris
sont re^rdés et traités culiëres; et il arrive sou- damnandam esse
comme indignes d'y être, vent alors ce qui est marqué ut temerariam et
f>u comme en étflnt déjà dans le ppopheto Eyéohiel : maxime injurio.
BUTOIBB
séparés. Mais le juste vit de la foi de Dieu, et dod pas de l'opinion dies hommes. Àct,,A, il.
XCVIU.
GelQÏ, (l'état), d'être perséctité et de souffrir comme un hérétique, uo méchant, un impie, est ordinairement la dernière épreuve et la plus méritoire, comme celle qui donne plus de conformité à Jésus-Christ. Luc», 22,37.
L'entêtement, la prévention, l'ohstination à ne vouloir ni rien examiner, ni reconnaître qu'on s'est trompé changent tous les lours en odeur de mort, à l'égard de hien des gens, ce [ue Dieu a mis dans son
lise pour y être une leur de vie, comme les bons livres, las instructions,
Ils frappent de mort des Ames qui ne laissent pas d'être vivantes après leurs anathêmes, et ils donnent la vie à d'autres qui n'en sont pas moins ensevelies dans la mort. t7onc. Aquisg. , ann. 816, can. 37.
Hélas! Seigneur, ceux-là sont les plus ardents persécuteurs de vos serviteurs et de votre saint nom, qui occupent dans votre Eglise les dignités les plus éminentes et les places les plus distinguées; les ennemis de voti-e nom ont surpris par artifice la Cité sainte de Si on, et maintenant, ils ravagent en liberté cette Cité infortunée, exposée à leur injuste fureur. S. Bernard., Serm. 1, de Conv. Paul.
Jésus-Christ a bien voulu être traité de séducteur, afin d'être, dans la suite des siècles, la consolation de tous ses disciples qui seront traités de même. 5.
Gréa,, pap., in Psalm. 63, $15.
Tous les jours, Barabbas est mis en liberté par la cour romaine, tandis que Jésus-Christ est condamné à mort. S. Thom. Cantar., lib. 5, Epist. 20.
Examinez tout et ne retenez que ce qui est bon.
S. Paul,
Outre la faveur et l'acception des personnes, un défaut auquel nous êtes exposé, c'est la trop grande crédulité d'où viennent les persécutions contre les innocents, les préjugés injus* tes, les emportements les
sam Ecclesi».
Teitieraria , scandâlosa, èontumeliosa în B^ clesiam et fa^erettcis fiiveni.
Temeraria, injuriosa Ecclesi», ac conscientiarain relazativa.
DE l'É6L19B DI FRANCS. 463
les saints exemples, etc. II. plus terribles. Ce défaut, CcT., 2, 16. très saint Père, est si com-
mun, que si vous en êtes e&empt, je dirai que voua êtes le seul entre vos confrères. S. Bernard, y éàQonr fiid., lib. 2, c. 14.
Ttemps déplorable, où on Sache^que, dans les der*- TeoMiim , ersit honorer Dieu en per- niers Jours, il viendra des scandalosa. çoi»- «^tanl la vérité et ses dis- temps fâcheux ; car il y au- tumeliosa lEçclçdples. Ce temps est venu... ra aes hommes amoureux sis àc erroribtis Etre r^rdé et traité par d'eux-mêmes, glorieux, su- Jtm damnàtit eeUi qéi eh sont les minis- perbes, médisants, ennemis uvvnt. (ras, (m /a rsii^on), comme de la paix, calomnialeuri on impie» indice de tout aui auront une apparence commerce avec Dieu , de piété, mais qui en ruicomme un membre pourri, neront la vérité et l'esprit... capable de tout corrompre Tous ceux qui veulent vivre dans la société des saints, avec piété en Jésus-Christ C'est pour les personnes seront persécutés. Les hompieuses une mort plus ter- mes méchants et les impo^ rible que celle du corps. En teurs se fortifieront de plus vain on se flatte de la pu- en plus dans le mal» étattt ifté de ses intentions et eux-mômes dans l'illusioB d'un zèle de religion en et y faisant tomber les aupoursui^nt des gens de très. Quant à vous, demeubien à feu et è sang, si on rez fermes dans les choses «st aveuglé par sa propre que vous avex apj^aes «i passion, oa emporté par qui vous ont été confiée», celle dés autres, faute de S. Paul., 2 Epist. ad Thivouloir bien examiner. On moth. 3, 1 et seq. croit souvent sacrifier à Diea un impie, et on sacrifie au tUame un serviteur deDieia. ;oan., 16, 2.
Rien n'est plus contraire Vous ne prendrez pas le Tèmeraria, iai VesprH de Dieu et à la nom de Dieu en vain, ùéea-^ juHosi Bodèsia» doctrine de Jésus-Christ que log. ac &?enl \mit^
de rendre cmnmuns les ser- Que votre • bouche ne ticis et barrestmens d^s l'Église : parce s'accoutume point à faire Dus. que c'est multiplier les oc- de serments, car cette maucasions des parjures, dresser vaise coutume expose à des pièges aux foibles et beaucoup déchûtes. Eodi,^ aux i^norans, et faire quel- 23, 9.
^uefois servir le nom et la Vous savez au'il a été dit vérité de Dieu aux desseins aux anciens : Vous ne vous èc% méchans. Mat,<t 5, 37. parjurerez point. Et moi i«
voua dis de ne pas fiairt ot
464 HISTOIRK
serments en aucune maiii^ re... Contentez - vous de dire : cela est, ou cela n'est pas. S. MaUh., 5, 33 et seq.
A CES CAUSES, après avoir reçu tant de vive voix que par écrit le sufirage des susdits cardinaux et de plusieurs autres théol<>giens, et après avoir ardemment imploré le secours du ciel par des prières particulières que nous avons ordonnées à cette intention, nous déclarons, par la présente constitution, qui doit avoir son eflet à perpétuité, que nous condamnons et réprouvons, toutes et chacunes, les propositions ci-dessus rapportées, comme étant respectivement fausses, captieuses, malsonnantes, capables de blesser les oreilles pieuses, scandaleuses, pernicieuses, téméraires, injurieuses à l'Église et à ses usages, outrageantes, non-seulement pour elle, mais pour les puissances séculières, séditieuses, impies, blasphématoires, suspectes d'hérésies, sentant l'hérésie, favorables aux hérétiques, aux hérésies et au schisme, erronées, approchantes de l'hérésie, et souvent condamnées, enfin comme hérétiques et comme renouvelant diverses hérésies, principalement celles qui sont contenues dans les fameuses propositions de Jansénius, prises dans le sens auquel eUes ont été condamnées.
Nous défendons à tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe de penser, d'enseigner ou de parler sur lesdites propositions, autrement qu'il n'est porté dans cette constitution ; en sorte que quiconque enseigneroit, soutiendroit ou mettroit au jour ces propositions ou quelques-unes d'entr'elles, soit conjointement, soit séparément, ou qui en traiteroit en manière de dispute, en public ou en particulier, si ce n'est peut-être pour les combattre, encourre, ip9o facto, et sans qu'il soit besoin d'autre déclaration, les censures ecclésiastiques, et les autres peines portées de droit contre ceux qui font de semblables choses.
Au reste, par la condamnation expresse et particulière que nous faisons des susdites propositions, nous ne prétendons nullement approuver ce qui est contenu dans le reste du même livre ; d'autant plus que, dans le cours de Texamen que nous en avons fait, nous y avons remarqué plusieurs autres propositions qui ont beaucoup de ressemblance et d'affinité a^ ec celles que nous venons de condamner, et qui sont toutes remplies des mêmes erreurs. De plus nous y avons trouvé beaucoup d'antres, qui sont propres k entre-
bK l'kqlise dk PiANce. Uki
tenir la désobéissance et la rébellion qu'elles veulent insinuer insennUeiiient^ sous le faux nom de patience chrétienne^ par l'idée chimérique^ qu'elles donnent aux lecteurs^ d'une persécution qui règne aujourd'hui. Mais nous avons cru qu'il seroit inutile de rendre cette constitution plus longue par un détail particulier de ctt propositions. Enfin^ ce qui est le (Âus intolérable dans cet ou* vrage : nous y avons vu le texte sacré du nouveau Testament altéré d'une manière qui ne peut être trop condamnée, et conforme^ en beaucoup d'endroits, à une traduction dite de Mons, qui a été censurée depuis longtemps; il y est différent et s'éloigne, en diverses bçons, de la Vulgate, qui est en usage dans l'Église depuis tant de siècles, et qui doit être regardée comme authentique par toutes les personnes orthodoxes, et l'on a porté la mauvaise foi, jusqu'au point de détourner le sens naturel du texte, pour y substituer un sens souvent dangereux.
Pour toutes ces raisons, en vertu de l'autorité apostoUque, nous défendons de nouveau par ces présentes, et condanmons de rechef ledit livre, sous quelque titre et quelque langue qu'il ait été imprimé, dAjpielque édition et en quelque version qu'Û ait paru ou qu'il li^e paraître dans la suite (ce qu'à Dieu ne plaise). Nous le condamnons comme étant très capable de séduire les âmes simples par (Us paroles pleines de douceur^ et par des bénédictions, ainsi que l'exprime l'apôtre, c'est-à-dire par les apparences d'une instruction rempUe de piété. Condamnons pareillement tous les autres livres ou libelles, soit manuscrits, soit imprimés, ou (ce qu'à Dieu ne plaise), qui pourroient s'imprimer dans la suite pour la défense de ce livre. Nous défendons à tous les fidèles de les lire, de les eopier, de les retenir et d'en faire usage^ sous peine d'excommunication qui sera encourue ipso facto par les contrevenants.
Nous ordonnons de plus, à nos vénérables frères les patriarches, archevêques et évéques et autres ordinaires des lieux, comme aussi aux inquisiteurs de l'hérésie, de réprimer et de contraindre, par les peines susdites et par les autres remèdes de droit et de fait, ceux qui ne voudroient pas obéir, et même d'implmer pour cela, s'il en est besoin, le secours du bras séculier.
Voulons aussi que même foi soit ajoutée aux copies des présentes, même imprimées, pourvu qu'elles soient signées de la main d'un notaire public, et scellées du sceau de quelque personne constituée ea dignité ecclésiastique^ que celle qu'on auroit à l'original, »'ii étoit montré et représenté.
466 BISTOIRB
Que personne donc ne se donne la licence d'enfreindre «i aucune manière les déclarations^ condamnation^ ordoBnanoe, et défense que dessus^ et n'ait la témérité de s'y opposer. Que « qod* qu'un ose commettre cet attentat^ qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu toul-puissant et des bieidÉeureot apAtre» saint Pierre et saint Paul.
. Donné à Rome^ à Sainte-Marie-Majeure, l'an de riucamalion de Notre Seigneur 1713^ le 8 septembre, et de notre pontificat, le treizième.
J. card. PaoDATAïaB F. Ouvnai.
Visa de la Cour, L. Sbrgaum.
La Place -i- du Sceau.
Registrée dans la secrétairie des Brefe.