‹ Histoire de l'église de FranceChapitre 55 sur 100 · XII · texte numérisé non relu

XII

contre la bulle UnigenHut. Troie ou quatre de ceux qui avaient adhéré h l'appel se rétraclèrenl. D'autres gardèreat le silence. Ceux de Senei et de Alonlpellier, Bosquet, ôvéque de Troues, à» Cajius, éréque d'Auxerre et quelques autre* continuèreot outertement la lutte, même contre le roi, qui, en 1730, entreprit d'assurer, par une dcclaratioa Cannelle, l'eséeulîon des bulles des papes contre le Jansénisme.

Nous avons remarqué que le cardinal de FIcnry avait écrit au Parlement que la constitution Vnigeniliu n'était pas une règU de ■ foi; de son cAlé, le Parlement n'avait jamais voulu considérer cette bulle comme loi de l'Ëlat. Ce Ait pour le forcer à changer d'opinion sur ce point, que Louis XV donna sa nouvelle déclaration '.

Elle fut rédigée d'aprJK les avis et observations des cardinaux, qui s'étaient donné la mission de faire ériger la bulle en loi de ' l'Ëglise et de l'Ëlat. Le cardinal de Bissy, en particulier, adressa plusieurs remarqius ' sur le projet de déclaration qui lui avait été conamuniqué. Il demandait surloiil que les évéques eussent le droit d'interroger ausw bien les anciens bénéficiera que lea ecclésiastiques qui se présentaient pour les ordres ou les bénérices; il y faisait aussi observer que l'on ne pouvait assimiler la bulle Unigtnilm à celles d'Innocent X et d'Alexandre Vil contre le Jansénisme, car ces dernières avaient pour but de condamner l'hérésie, tandis que, dans la bulle Unigt-ailai, toutes les propositions coiidamoées n'étaient pas hérétiques et ne méritaient que l'une des qualifications énoncées dans la bulle d'une manière géaOTsle. On suivit son avis, cl la constltuliou l'nig«nituB ne fui point assimilée, dans la déclaration, à celles d'Innocent X etd'Alexandre VII contre les cinq propositions.

Le roi se plaint d'abord, dans cette déclaration, des déclamations et des arlilices des réfractaires ; i) ordonne que tous les ecclé&iasliques seront obligés de signer le Formulaire purement et simplement; que tons ceux qui refuseraient perdront leurs béoélîce^ ; il décide que la constitution i'nigenitu», qui est une loi de l'%lise, par l'acceptation qui en avait été faite par les év^uet,

., donilfo k V«milles, le 24 mai 1730. Paria, Picrn

' DëclantioD du roi, Simon, 7 paftcs iD-4.o.

• Kerauques sur le pnjet i» dMantn k bin, Mb <!• cbiq p«fn ij>4uUo, de récriture de D'Aguesseau.

DB L*teLlM( m PRANCB. 3

lenit^ à Yaxenïv, loi de FËtat ; il prescrit de nonteaii le silence sur les discussions relatives à la bulle; les éTéquee seuls auront droit d'inslruire leurs peuples sur ces questions. Enfin^ Louis XY^ dans cette déclaration^ voulait que les appels ne fussent plus suspeniift ni soumis à la justice des parlements. Cette déclaration est datée du 24 mars.

Comme on prévoyait que Tenregistrement de cette loi souffrirait des difficultés^ le roi tinU le 3 avrils un lit de justice, fit enregistrer d'autorité sa déclaration, défendit au Parlement d'en délibérer et swtit *. Les magistrats furent choqués de la défense qui leur était faite* L'abl)é Pucelle, conseiller-clerc, parla avec beaucoup d'énergie, et Ton rédigea des remontrances. Le Parlement se contenta de ne point tenir compte de la déclaratitfi du roi, et continua à accueillir les causes des ecclésiastiques (pPréclamèrent son apptu.

Plusieurs évéques usèrent largement de la déclaration du 24 mars. Parmi eux, Fleuriau, évêque d'Orléans, se fit remarquer. Il s'attaqua surtout à trois de ses prêtres, qui refusèrent de signer purement et simplement le Formulaire et de révoquer leur appel de la constitution. Fleuriau les déclara rebelles à rÈglise et à l'État. Ceux-ci en appelèrent comme d'abus au Parlement de Paris, qui admit l'appel et leur défendit d'exécuter les ordonnances de l'évêque avant la sentence. Les ecclésiastiques exercèrent en conséquttice leur ministère, ce qui les fit décréter d'ajournement persomiel par l'officialité. Ils appelèrent de cette nouvelle sentence, et le Parlement accueillit encore cet appel. Fleuriau s'adressa au roi et demanda que l'arrêt du Parlement fût cassé. Quarante avocats * signèrent une consultation favorable à cet arrêt et à la cause des trois ecclésiastiques. Dans cette consultation, on remarque les premier^ symptômes de la réaction contre l'absolutisme que les rois s'étaient attribue depuis deux siècles environ. Ils avaient, depuis lors, tellement abusé de leur puissance, que Ton commençait à en rechercher l'origine, et l'on s'apercevait qu'ils ne l'avaient conquise qu'en annihilant peu à peu les droits des grands corps de la nation. Le Parlement, gardien et organe des lois, avait encore été un pcn respecté jusqu'à la fin du règne de Louis XÏV j mais, depuis cette époque, on s'était appliqué à l'hurtiilier et à lui ôter le reste f autorité qu'il avait conservé.

^ V. les Registres du Parlement; Nouvelles Ecclésiastiques, ann. 1790. t Cousultation de MM. les aroeats du Parlement de Paris, etc. Paris, 1730.

Les quarante avocaU loatinrenl donc, dans leur consultation, que n le roi était le chef de la nation, le Pariement en était 1« sénat, et que l'acceptation de ce corps était nécessaire pour qu'une loi fût légitime. La déclaration du 24 mars, n'ayant pas été enregistrée librement, n'était donc pas loi de l'ititst; en conséquence, Fleuriau, évéque d'Orléans, ne pouvait pas en poursuivre l'eiécutiou, et le Parlement était dans son droit et accomplissait un devoir en accueillant les appels comme d'abus des trois ecdésiailiques.

Le roi évoqua à son conseil l'afTaire de ces trois prêtres. C'était le moven usité lorsqu'on crsigoail le libre exercice de la. justice. Il fut, en conséquence, défendu au Parlement d'en prendre connaissance, et les trois prêlre^urent cesser leurs fonctions. La consul- . tation des quarante avo(4(fut supprimée comme hostile aux deui puissances ecclésiastique et civile, et les signataires furent interdits de leurs fonctions s'ils ne se rétractaient dans le délai d'un mois. Les avocats donnèrent des explications qui furent jugées satisfaisantes touchant l'autorité royale, mais quant aux évéques et i leur conduite dans les discussions de la bulle, ils soutinrent tout re qu'Us avaient avancé.

On ménagea moins les docteurs en ihéolt^ie que les avocats. La Faculté de théologie ' s'était montrée trop peu favorable à la bulle, pour être épargnée eous un gouvernement qui avait pris à tiche de taire cousidérer cette bulle comme loi de l'État. Nous avond vu comment elle était revenue sur l'enregistrement forcé qu'elle avait subi. i la fin du règne de Louis XIV. Lorsque les constitulionnaires eurent triomphé des hésitations du régent, par l'entremise de Dubois, Ils songèrent à faire revenir les docteurs sur une résolution qu'ils avaient prise en pleine liberté, il est vrai, mais qui contrariai! leurs desseins. Ils firent d'abord imposer à la Faculté un syndic qui leur était dévoué et nommé de Komigoy; on essaya ensuite, par tonales moyens, d'amener les docteurs à désavouer, au moins indirectement, l'appel qu'ils avaient interjeté de la bulle, de concert avec les quatre évéques de Senei, de Montpellier, de Boulogne et de Mirepoix. 'Toutes les intrigues ayant édunié, de Romigny apporta i l'assemblée du Primd nutuù d'octobre 1729 une lettre de cachet, en vertu de laquelle tous les docteurs appelants étaient privés de toutes fonctions et prérogatives, et exclus

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comme elle; enûti, recevait les félicitations des cardinaux dt Fleury, de Bissy et de Rohan '.

Sur ces entrefaites eut lien l'assemblée générale du «le^ in France, où l'on dut s'occuper de la fameuse légende de Grégoire VII, publiée en ud supplément au Bréviaire romain *.

On sait que Grégoire VU fut un des papes qui, au mojen-lge, soutinrent avec le plus d'énerçie les prétentions absolutistes de la cour de Rome. Nous avons expliqué ailleurs comment les circonstances avaient investi les papes de l'autorité extraordinaire dont ils jouirent pendant plusieurs siècles. Grégoire VII et plusieurs de ses successeurs eurent le lort de confondre ces prérogatives avec les droits que tous les Catholiques leur ont toujours reconnus. Cette exagération fui cause q)ie, pendant longtemps, l'aulorilé qu'ib exercèrent au mojen-àge fut mal appréciée, et jugée sévèrement par des hommes fort imiruits et amis de l'Église. On avait de celle autorité une idée très défavorable, lorsque, le 25 septembre 1798, la congrégation des rites fixa au 25 mai la fôte de saint Grégoire VII. Oo commença en 1729 à en faire l'office.

On se demanda pourquoi la cour de Rome s'avisait d'enjoindre à toutes les Ëglises du monde de faire t'oflice de Grégoire VII, lorsque, depuis le ii» siècle, elle n'y avait pas songé. On fut naturellement porté à soupçonner qu'elle avait pour but de consacrer les opinions ul tram on laines dont Grégoire VII était regardé comme le plus vigoureux athlète, et qui étaient vivement attaquées surtoui en France.

La manière dont l'office était composé rendait ces soupçons très plausibles. C'est pourquoi le Parlement, voyant dans cet oftice nue atteinte aux lois de l'État ', te supprima sur la réquisition de Gil-

< AoU et DecTtid il. rtnillatis theol. Pari»- super ConaliU Cltowitia XI. qufe iDcipil Vnigtnilui, eW. Paria, t< U'uièrea, 1731.

■ Od Ironie les pièces principales qui sa rapporlenl ï catta aflaira dam l'ouvrage intitulé : l'Àvoeal du Diable au Mémoirtt hitloriquei et eriligue», etc., i vol. iD-j2

' Les écrivains ullramontaina ont adèclé de dire que. le hrtenient a'oempa olora d'une maliAr* lilurgiquo qui n'âtait pas do sa compéteno». Ils déoatnreot ta quesUon. Ce n'est pas en tant qu'of/lee, que le supplémeol au Bréviaire romain Tul supprimé par le Parlement, maiij en tant qu'tmpHm^ coniraira aiu loit du royaume. Le Parlement pouvait et devait, selon les lois alors an ngneur, poursuivre une contravention dîna un oKce oomme dans les antre) dcrils, quels qu'en tussent les auteurs. La qualité de l'auteur n'Atail pat la d«HI.

bert «le! Voisins, avocat du nù '. Plusieurs Parlemenis àe proviitce imitiriiit celui de Paris, enlr'autres ceux de Bretagne, de Meti, de Bordeaux. Des évéques altaquèrcat en même temps, au point de Tue doctrinal, le nouvel office. Le premier qui entra en lice fut de CayluB, év&iue d'Auxerre ; il fut suivi par les évêques de Montpellier, de Meti, de Troyes *, de Castres, de Verdun, qui publièreut des mandements à cet efTet. Un grand nombre d'e curés du diocèse de Paris dénoncèrent le nouvel ofHce à Vintimille, qui De crut pas devoir faire droit à leur fequéte *.

Benoît XIH, qui vivait encore à celle époque, donna un bref ponr annuler les arrêts des Parlements, el un autre contre les mandements des évéques d'Auxerre, de Montpellier et de Metz. Cet brefs furent supprimés par le Parlement, le 23 février 1730 *; aucnn évéque n'osa en prendre la défense et se déclarer pour le nouvel office.

Après l'avoir solennellement condamné, Colbert de Montpellier publia une longue lettre adressée au roi, dans laquelle il s'appliqua h dévoiler les projets de la cour de Rome, qui voulait profiter de l'état d'humiliation où étaient les adversaires de ses préleiitions, pour frapper d'un coup mortel la doctrine de l'Église de France, n démontra jusqu'à l'évidence que la majorité des évéques du royaume avait foulé aux pieds celle doctrine dans les discussions relatives au Jansénisme, et qu'ils ne pouvaient sévir contre les appelants qu'en vertu des principes ul tram on tains. Il fintl sa lellre en demandant au roi, pour le bien de l'Église comme pour celui de l'État, de se déclarer plus énergiquemenl pour la doctrine de» quatre articles, de faire publier le savant ouvrage que Bossuet, évéque de Meaux, avait fait pour les défendre, et de proléger l'histoire ecclésiastique de Fleurj, indignement calomniée par les ultramontains.

Cette lettre fut déférée par la cour à l'assemblée de 1730.

L'ouverture de l'assemblée eut lieu le lundi 5 juin. 1a messe

1 Anét ds la CooT de ParUmept, portant ■uppreaaioii, ele., 4u ao joUItt

* Le Hnndement de Bossuet, dvâque de Ttojea, est fort âteodu. Cesl tout on trailë sot les rapports des deui puissances. Il coatienl M psges iii-4.e. Paris, Cturle* Osmond, 1719.

* Cette requête était datée du 14 septembre 1T2B.

* Arr41 de la Cour de ParlemeDt, qui déclare abusib quilri brefs, aie. Puis, pierr« Simon, 1730.

solennelle fut célébrée aia Graods-Auf^liiu par VinlimOle,

qui présida l'assemblée k la place du cardinal de Fleury cboiii pour premier président', la Parisière, é\éque de Nîmes, y fit le sermon. On remarqua que son discours avail été prouoocé en 1706 devant Louis XIV, etqu'iln'y avait fait que quelques changements qui se rapportaient à l'acceptation de la bulle. Le mercredi suivant, Vintimille adressa au roi un discours au nom de rassemblée; il le félicita de ce qu'il secondait de »on autorité celle des pasteurs, et qu'il leur faisait rendre l'obéissance qui leur était due. Il insinua adroitement que le roi ne tenait son autorité que de Dieu, afin de donner à penser que l'assemblée désapprouvait la doctrine émise dans la légende de Grégoire VIL

Le 22 juin, le cardinal de Fleury se rendit à l'assemblée, e( lui adressa un discours dans lequel il lit comprendre aux évéquei qu'ils devaient témoigner que le clergé était dévoué au roi, et faire quelque cbose touchant la constitution. 11 n'osa pas parler plus claircmcni ; mais on vit que la cour attendait de l'assemblée un acte qui ne serait que la censure indirecte de la doctrine ultrainonlaine. D'un cfité, on ne voulait pas tolérer cette doctrine, mais on désirait en même temps ménager la susceptibilité de la cour de Rome. On chercha donc un biais, ell'oncrut l'avoir trouvé dans la censure de la lettre que l'évéque de Montpellier venait d'adresser au roi contre la lépende. Gomme cet évéque y émettait, toucliant )a constitution, les principes des appelants, on trouva que c'était une occasion favorable de censurer cette doctrine, et de donner à la bulle un nouveau témoignage. On crut aussi qu'eu ne censurant point ce que Colbert disait contre la légende, ce silence serait équivalent à la condamnation de cette pièce.

Geux qui conçurent ce projet prirent en même temps la résolution de demander au roi l'aulorisatiun déjà sollicitée autrefois (le réunir le concile provincial de Narbonne, afin de traiter Colberi comme l'avait été Soanen à Embrun.

La Parisière fil, le 10 août, un discours sm' ce sujet au bureau de la discipline, dont il était membre. Il fut soutenu par l'évéque de Marseille et par l'archevêque de Rouen. VintimilLe avait ren> soyé à ce bureau l'examen de la lettre de l'évéque de Moalpellier iin roi. . '

Colbert, en ayant clé averti, fit signifier à l'abbé de Voiras, ^enl

■ Procès-vertMl de l'j^iciiibt^e de 1730; Nouvelles Ecd., aon. 1730.

DB L'teLISE BE PIIKCE. 9

du clergé et secrétaire de l'amemblée, une protestation contre tout ce qui pourrait èlre fait au préjudice de sa lettre au roi et de ses antres écrits. Cet acte excita de grandes colères au sein de l'tttemblée, et l'évéque de Bordeaux fut chargé d'aller lire au roi une lettre rédigée par La Parisière, et qui n'était qu'un pamphlet violent contre l'évéque de Montpellier,

On dit que le roi n'eut pas la patieuce d'en enlendre la lecture. Cinq joiirs après, l'assemblée recevait son audience de con^é. La Parisière fit le discours ; il y revint sur la convocation des conciles provinciaux, et dît que la province de Nnrbonne avait des besoins particuliers pour tenir le sien. Il loua la dernière déclaration du roi, déclama contre les appelants et les avocats qui avaient osé incriminer le concile d'Embrun approuvé par Sa Majeité.

La pièce importante de l'assemblée de 1730 est h lettre au roj en réponse à celle de l'évéque de Montpellier. On y blSma assec rapidement la légende de Grégoire VU, mais l'on s'étendit particulièrement sur l'autorité de la bulle attaquée par Colbert, et l'on demanda au roi l'autorisation pour la province de Narbonne de tenir son concile pour juger le coupable.

Le roi n'accorda point cette autorisation.

Quelques jours avant ta fin de l'assemblée, fut publiée une lettre que Cajius , évéque d'Auxerre , lui avait adressée. L'auteur s'y occupe d'abord de la légende de Grégoire Vil, et établit la liaison de cette affaire avec celle de la constitution, qui n'est, dit-il, ni une loi de l'Ëtat, ni un jugement doctrinal de l'Ëglise. Il dénonce en second lieu un acte d'arbitraire du chancelier qui refusait de renouveler son privilège pour l'impresEÎon des livres liturgiques de fon diocèse ; enfin il fait connaître des erreurs graves enseignées par tes Jésuites dans sa ville épiscopale '. L'assemblée n'eut aucun égard à celte lettre, que l'évêque d'Auxerre lui avait d'abord adressée en manuscrit.

Pour plaire au roi, elle adressa à tous les évéques de France * une circulaire dans laquelle eUe déclara solennellement que la doctrine des quatre articles de 166iS avait toujours été et était encore celle du clergé de France.

L'évéque de Montpellier répondit à la lettre que l'as

' y. cette leltro dans la collection des cbuvtm de Cajlus. < Lattre de l'assemblde à tous les prélats, etc., in-4.<>. F* >'• la Heeuell géoeral des procès-verbaux.

«vail dirigé* contre lui '. 11 y aUaqna une pbraie da âiÊoaan dt La Parisière, où il était dit que /« rignt de Sa Majttti ett fondé fur la catholicité. C'était sur ce principe que dea p^ws e'étaîeid appuyés pour déposer les rois. Le ParleniËnt commença des procédures contre le discburs de l'évËque de Nîmes; mais le roi évoquk l'aSaire & son conseil, c'est-à-dire qu'il touIuI qu'il n'en fût plug parlé.

La Parisière oe signii point la lettre de l'assemblée au roi : les lins ont cru que c'élail par suite de ses scrupules ultramontain»; d'autres ont pensé qu'il ne voulait point se poser oflicieUemenl en adversaire de Colberl, alin de pouvoir être son juge au concile de Narbonne, dont il espérait la convocalion.

Caylus, évéque d'Auxerre, s'était d'abord pourvu au Parlement contre le bref du pape qui avait condamné san mandemeat contre la légende. Son pourvoi ' était appujé sur une consullation d'un grand nombre d'avocats. Le bref qui le condamnai! ayant été supprimé, il adressa, comme Colberl, une lettre au roi pour lui dénoncer l'entreprise ultranion laine '.

L'ofiice de Grégoire Vil donna ainsi occasion d'élendre la discussion relative à ta bulle ; de remonter aux principes e( d'examiner la nature de rnutonté dans l'Église. Colbert, Caylus et leurs adhérents se posèrent nettement sur le terrain du gallicanisnie, prirent la défense des quatre articles et démontrèrent qœ celle doctrine traditioneUe et légale de la France calbolique avait été foulée aux pieds sous prétexte de Jansénisme. Les plus vifs partisans de la Constitution essayèrent de répondre. Ce fut alors que Vintimille donna sa fameuse ordonnance contre la consultation des quarante avocats qui s'étaient prononcés en faveur des trois prêtres du diocèse d'Orléans. Tencin publia aussi une instruction pastorale. Malgré leurs précautions pour ne pas blesser la doctrine gallicane, ils furent obligés d'émettre, pour défendre la cause de la Constitution^ des principes qui lui étaient opposés. Aussi te procureur-général fut-Ù reçu par le Parlement de Paris, appelant de l'ordoimauce de Vintimille; l'instruction pastorale de Tencin fut

' V. Œuvres complètes de Coltwrt, évflque de Montpellier.

* Reqvék d« l'évAque d'Auierre, etc. ; Mémoire â eotuulter, et Connllolimt de MM. Ut ameal» dv Patiemtnl (b Parit, ek., 10 ptg. in-i.*.

■ r. les OEu^m de Colbert, «réqne d« UonlpeUier, et de Cajha, értfu* d'Auxttre.

DB L'iauM Bi ruHa. Il

It, et un maBdement de t'^éqne de Ijton nr le iB<mi rajet fut déclaré abusif'. Les évéques réclamèrent publiquement eenlre cet afréla. Le Pariemenl condapina leurs nouTeauz éra-its*. Le rai o'on pas le contredire ; mais, le 10 mars 1731, il rendit, «D son conacil, un arrêt qui ordonnai! un silence absolu sur toutes les questiona agitées. Il adressa, en outre, deux ciniulaires ux évéques : l'une pour reconnaître leur autorité ; la seconde pour les guider dans leur conduite k l'égard de la bulle Umgetiitui. Il les engage à ne pas se servir, pour la caraclériser, du titre de Bi^ 4* foi, mais de celui de Jugement dogmatique de l'Égliie Uflivfrwlfe. On voit qne Fleury tenait à ce qu'il avait dit déjà dans une autre occasion : que la bulJe n'était pas une rè^Ie de foi. Ces me- ■lires de la cour n'eurent aucun résullat; les évoques condamnés ell'évéque de Marseille publièrent une foule de réclamationB que le Parlement flétrit. La g:uerre entre ces évéques et la mi^tratore était d'une vivacité extraordinaire'.

Vintiniille était puissant à la cour; il s'y plaignit de la conduite au Parlement et adressa un mémoire au roi, qui évoqua l'afiaire k a Iffopre personne. Les avocats étaient fort maltraités dans le mémoire de l'arcbevôque, el leur doctrine déclarée bérélique. Ils proleslèreut contre ces imputations et contre l'évocation, qui était une nunière indirecte de les soustraire k la justice, pour les briser sous l'arbitraire. Ils fermèrent leurs cabinets et toutes les affaires judiciaires furent inteirompueE. Dix des plus ardents furent exilés, iDaii cette sévérité ne produisit aucun résultat. Les autres restèrent fermes, et l'on fut obligé de négocier avec eux. Le 26 novembre il> rentr^VDt au palais. Le lendemain, le roi reconnut dans un arril de son conseil qu'ils n'avaient pas soutenu les faux principes que leur avait reprochés Vintimille dans son ordomiance.

Dans le mâme temps, cet archevêque publia un mandement cou-

' OtdoBMDce et liutnielioii pulonle de l'arahevAqua de Puis, pariant condaouiatioa d'un âcrit, etc. Paris, Pierre Simon, 1731; Maudement del'BFctwTèijue d'Embrun, portant coadamuation d'un âcrit signé p«r quarante avocats, etc.; Mandement de l'évéquD de Laon, sur li soumissioo due k la (^nitiiulioD BHigtniliu, etc., in-4.<>. Laon, 1730. L'irdiarèqm de Canbrai donna aussi un UtpdemenI dans le même scne.

* F. les Àrrâta du Parlement, tau. 1730 el 1731.

* Nous ne pouvons indiquer loua les écrits el les wrtis qui puuiail «ton, il wSn da dir« que nous ea avons e« lous les jeux one eoUtettoa aaaylèli

tre UD ihiracle «Uriboé k l'înteroeMion de Prançoii de Pàm, diacre, mort le 1*' mai 17Ï7.

Ptris élail fllB d'un conseiller au Parlement*, il préféra l'état ecclésiastique à la magistrature, et, après la mort de son père, il abandonna toute sa fortune à son jeune frère ; il fil pendant quelque temps le catéchisme à la paroisse de Saint-GAme, et se dévoua à l'instruction des jeunes clercs de cette paroisse. Le cardinal de Noailles songea à le faire curé de Saint-^me ; mais PIris n'avait pas renoncé aux char^^ et à la fortune de son père ponr acceptodes places élevées diùis l'Ëglise. il prit la résolution de se cacher dans la solitude. Il en trouva nue de son go&t dans le fauboui^ Saint- Marcel, el e'j cacha avec tant de soin que sa retraite fut ignorée de ses parents eux-mêmes. Il partagea son temps entre la prière, l'élude, lesexercices de la pénitence et le travail des mains. Ce travail consistait à faire, au métier, des bas qu'il distribuait aux pauvres. Sa vie était celle des anciens pénitents de l'Église primitive, qu'il avait pris pour modèles. Son étude consistait à lire l'Ëcriture- Sainte, qu'il entendait dans les trois langues latine, grecque el hébraïque. On a de lui quelques commentaires très pieux. Il mourut à l'flge de trente-sept ans. Son frère, qui fui averti de sa dernière maladie, le visita dans sonhumble réduit, et lui fil ériger un mausolée dans le cimetière de Saint-Médard, oii il fut enterré. François de PAris avait adhéré à l'appel du cardinal de Noailles, son archevêque.

Quelque temps après sa mort, on répandit le bruit qu'il s'opérait des miracles à son tombeau. Le premier, qui lit beaucoup de bruil, fut celui que l'on disait avoir élé opéré en ia'personne de la demoiselle Lefranc. Cent vingt témoins attestèrent le miracle. Mais comme François de Paris avait élé appelant, on donna Uenldl ce miracle comme une preuve que Dieu se déclarait en faveur de l'appel. Ceux qui coDsidéraîent cet appel comme schismatique eurent recours, comme on le pense bien, à tous les moyens imaginables pour prouver la fausseté du miracle. Déjà cette discussion avait eu lieu, quelques années auparavant, à propos du miracle opéré sur la dame La Fosse, guérie subitement d'une maladie jugée incurable. Celle dame, en adorant le Suint-Sacrement, qui passai! (levant sa maison, le jour de la Fête-Dieu, se sentit subitement gué-

' 11 eiislo trois Vies du diacre Paris , qui ont été condamnées par Vinlimille, «rclievSque de Paris, par son UaDdemeol du 30 janvier ITXt. n est à remarquer qn* VioUnnlle ne dit rien des vertus de ce diacre, et qu'il ne parie ■jne des sentinieDU qu'on lui attribuait toudianl la bulle et le Pomolaire.

M L'ieuu OK rum:i. 13 .

lie, el nùvil la procession en rendant gr&ces èi Dieu. 1^ miracle irait été constaté après une enquête roinutieuge du cardinal de Noaiilei, et admis à peu près universellement par tous les Catholiques. Plusieurs conittitulionnaires. cependant, essayèrent de le contester, parce que leurs adversaires firent observer que le cle^é de la paroisse de Sainte-Marguerite, où le miracle s'était opérée élaila[^lant,etque la dame La Fosse communiquait avec ce detfié et en recevait les secours religieux. On tirait de là cette conséquence : que Dieu ne rcgarilail pas les appelants d'un aussi mauvais ffiil que les Jésuites. Mais celle question fui agitée avec beaucoup plus de vivacité Ji propos des miracles de François de Pftris', ViDtimille s'appliqua à enlever au miracle, que l'on disait s'être opéré sur la personne de la demoiselle Lefranc, une partie des témoignages qui avaient été donnés en sa faveur. Il provoqua des témoignages et des attestations contradictoires. De son enquête, il résulta que quarante témoignages sur cent vingt n'avaient pua toute la valeur requise. En conséquence, il publia son mandement pour défendre d'honorer la mémoire du diacre PAris. Ce Jugement était un peu trop précipité. S'il était évident que le miracle était faux, Vintimille aurait dû rendre cette évidence tellement claire que tout le monde en eût été frappé. Si le miracle n'était que douteux, il ei!kt été nécessaire, avant de se prononcer d'une manière aussi formelle, d'attendre des preuves plus fortes que celles que l'on avait. La demoiselle Lefrauc appela du mandement de Vintimille comme lui étant injurieux', et vingt-trois curés de Paris offrirent à l'archevêque de lui donner, en faveur de ce miracle el de plusieurs autres qui s'étaicnl opérés sur le tombeau du pieux diacre, toutes les preuves qu'il pouvait désirer. Vintimille ne lit examiner les procès- verbaux et les témoignages de ces miracles que cinq ans après, c'est-à-dire en 1735. Il déclura alors de nouveau que l'on ne devait pas y croire.

Languet, archevêque de Sens, et le Bénédictin La Taile furent ceux qiiî se déclarèrent le plus ouvertement contre les miracles de

> On a publie un grand ni>Tnl>re de Beeuelli des miracles du diacre Plrii; on peut coDSuller, en ouln?, l'ativragc de Carrà de Montgeron, dont il est question ci-dessons.

* Nou9 avons sous Ira j^cui iioe corrcspoadiince autognplie uln Jvlj à» Ptearj, aTOCit-génëral, Cttauvelin, ^rde-des-scaaai, et D'Aguestuii, chueelier, à prapm de cet app«l. Ces nonis disent assez que rafbire était piw séiieuse qae cerlainS ëcrivaias odI voulu le faire croire.

FraBçois de IHris, avec Vlntimille'. Sotnes, Cotttert, Ciflm en . {Hirent l« défente. De 1& part de ces trois évéqnes, la diacutùoB Tut calme et gérieuse. Mais tandis qa'ilB discutaient avec graviti, 1* foule était Tivetneat émue et se p<»lRit au cimetière de Saint-Mfdird ; amis et adversaires donnèrent libre carrière à leurs pasnont. La haine et l'enthouciatime mal réglé s'emparèrent d'actes qui ne demandaient qu'un examen sérieux et déïînléressé. Les parlisuH des miracles passèrent les bornes et tombèrent dans la crédulité la moins raisonnable ; les adversaires de l'appel se transformèrent en etpritt forte et émirent des principes dont il était facile d'abuser contre le» miraclea les plus avérés.

L'école de Porl-Boyal se trouva divisée touchant ce qui se pas- ■ail à Saint-Médard. Duguet et Petit-Pied, qui jouissaient d'une réputation méritée de piété et de science se prononcèrent, dès le commeocement contre les miracles, bindis que les évêqnes appelants, Mésennuy et plusieurs autres s'en déclarèrent partisans, tout en rejetant les excès dont nous parlerons tout & l'heure.

On a tant écrit * pour et contre que l'historien impartial doit avouer qu'il est h. peu près impossible de se former une opinioo arrêtée sur cet objet. En retranchant de part et d'autre ce que li crédulité et la passion ont ajouté de circonstances aux faits, et en considérant ces faits en eux-mêmes, ainsi que les preuves, il en résulte pour l'historien cotte conséquence : que de part et d'autre on n'a pas mis dans les témoignages et dans l'examen, la sagesse et la prudence sj nécessaires lorsqu'il s'îigil de faits de l'ordre surnaturel. C'est donc à tort que certains historiens ont cru pouvoir ne parler des miracles de saint Médard que d'une manière ironique, ainsi que des veHus, qui étaient incontestables cependant, du diacre Paris ; nous n'approuverons pas davantage ceux qui ont

* iDStruction pastorale de l'archevSque de Seaa , au sujet des prétCDilui mincie* du diacre de Sainl-Hédard, etc., 25 décembre 1734 ; Orloniuiiice ds l'arclwTAtjue de Parii, au sujet des prélendus miraelw, etc., sniTto 4e pSfcr» Mlt/leoltCN, 8 novembre 1735; HaDdemeTil ds l'archevêque de Sens, puar publier dans son diocèse rordonnaDce de l'archevêque de Paris, 1736; Lettre* tbiktlegiques, par D. La Tasle, évéque de Betbléem.

* Ea calculant approiiinalivemc»! ce que noua aToaa él£ obligé de pw^ courir pour ou contre les miracles de Sainl-Mi^dard et les Cooiuhiuu, noae estùnoiu que ces éorita peuiraicDl Tonner environ de vingt à treota TOliiaMB i»-p)lio. Nmn ne dterons ici que l'ouvrage de Hontgcron, lea AfCHhll dea pwolea pronoD«^ par les Convulaio niâtes el le Journal historique dM co»rqhriDsa. »'. lairi les Bmtutb de miracles, et les Souvtlln EMlAfoiIifiM-

Dl L'tCLIM Dl nANCB. 4S

tmIu donuer trop d'importance & des faîta qu'uKune infom»lion juridique ne rendait incontestables.

Qaoi qu'il en soit, les partisans de la Constitution ne laissèrent pu longtemps à la foule la liberté de se porter au tombeau de aoa thuimatui^. Le 27 janvier 1732 , la porte du cimetière de Ssiat- Médard fut fermée par la police. Le lendemain matin, on trouva au^escus de cette porte l'inscription suivaate :

Cette mesure accrédita les miracles, et l'on répandit que les constilutionnaires n'avaient obtenu cet ordre du roi que pour arrêter le cours des prodiges qui s'opéraient chaque jour, en présence d'innombrables témoins. Comme le Parlement avait accueilli plusieurs causes se rattachant aux miracles du diacre PAris, le roi lui défendit d'en connJitre, et évoqua à sa personne tout ce qui touchait k ces miracles.

Ces mesures fortiriatent l'idée que l'on craignait la lumière et la justice ; et que les ennemis de l'appel voulaient se réserver le droit de condamner sans examen.

Lorsque le cimetière de Saiot-Mcdard fut fermé, les partisans les plus décidés des miracles se réunirent en des maisons particulières ; et bientôt on ne parla plus que de convulnons, de faits plus ou moins miraculeux.

Ce fut alors que les miracles, mêlés aux convulsions, furent comliattus par de graves théologiens de l'école de Port-Koyal.

On a voulu confondre le Convuliionisme avec ce qu'on appelle le Jatuénitme. Pour être juste,, il faut avouer que plusieurs memlires de l'école de Porl-Rojal, comme Poncet et de Gennes, se prononçaient ouvertement en faveur des convulsions ; quelques autres voulurent établir des distinctions entre les convulsions raisonnables et décentes et celles que, dans leur honnêteté ils ne pouvaient approuver ; tels furent Rollin, d'Etmare, Folard, Guillebert, de Kocheboone, Guidi. Le P. Lambert ' et l'abbé Jacqueftiont furent les derniers représentants connus de ces partisans modérés du CanvutêioniMme. Mais la grande majorité des théolc^ens de Port- Rojal se prononça en sens contraire, comme nous le verrons. Nous n'avons point à entrer dans 1« détail de la controverse qui

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eut Meu à ce «uje1,.et noue esquiEserons seitlemenl q de l'œuvre des convuitiont.

On appelait convulsions des mouvements extraordinaires que leurs psrtieaDS attribuaient à une influence divine, qu'ils croyaient devoir à l 'intercession du diacre Paria. Elles étaiont presque toujours accompagnées de douleurs qui obligeaient à demander des $ecouri, ce qui fit appeler »ecouri$te$ ceux qui les recevaient où les administraient. Bientôt on distingua entre les grajids et les petits secours. Les grands étaient les coups de bûche, de pierre, de marteau, de chenet, d'épée, sur ditTérentes parties du corps. L'n apologiste des convulsions assure qu'on a vu des personnes recevoir, par jour sans danger, six ou haït mille coups de bûche, Cfs coups produisaient le même effet sur leurs membres que celui que prodtiisent sur les pavés les coups de l'instrument appelé Ai> ou demoiselle.

L'immoralité et la folie se mêlèrent parfois aux convulsions. Le plus souvent, on n'y remarquait qu'un enthousiasme qui allait jusqu'à la puérilité, pour l'imitation des moindres actions du diacrr Paris, On ne peut nier qu'il n'y ait eu dans celte œuvre des chosi* vraiment extraordinaires, comme des crucifiements réels ou d'autres actes non moins étonnants. On a recueilli un grand nombre de discours prononcés par les convulsionaaires, tandis qu'ils étaient dans leur extase. 11 faut avouer que plusieurs de ces discours sont beaux et pleins de piété, el qu'ils sont d'autant plus remarquables qu'ils étaient souvent prononcés par des personnes dénuées d'instruction'. Parmi ces discours, il en est qui sont purement moraux: d'autres sont faits en forme de prophéties, et ceux qui les prononçaient s'attachaient à prédire les malheurs qui devaient affliger l'Église, et le triomphe que la vérité devrait enfin remporter sur l'erreur. Ils y parlaient souvent de l'arrivée du prophète Élie sur la terre el de la conversion des Juifs.

Les convulsionna ires des deux sexes s'appelaient /'r^i et «rurs, et ajoutaient quelquefois à cette qualification affectueuse un aotii emprunté de l'Ancien-Teslamenl. Un certain nombre poussaient jusqu'à l'excès l'usage des figures; ils voyaient dans les convulsions la figure des divers états par lesquels devait passer l'^Hsc,

> M. Silvy a recueilli et publie plusieurs volumes de ces discoure, foitt m m : EatmUt tTiin Rteueil dt IMtcouri dr piéif ivr n

DK I/kGUSB DR PBANGR. 17

et qui avaient été prédits par les prophètes. De là leur vint le nom de figuriste$; parmi eux il y en avait de fort instruits et qui ont fait sur les* écrits prophétiques des commentaires remarquableSy tel fut Tabbé d'Etmare. Il est bien permis de ne pas adopter les applications qu'ils font des écrits des prophètes au temps présent ; mais on iie peut nier que leurs écrits ne contiennent crex* cellentes choses.

L'u prêtre de Troyes, nommé Vaillant^ donna occasion à une branche de convulsionnaires désignés sous le nom de Vaillantistes. Ce prêtre, connu par son opposition à la bulle Lnigmitus et sa ilévotion pour le diacre Paris, fut mis à la Bastille en 1728, et n'en sortit qu'en* 1731. Le bruit se répandit qu'il était le prophète Elie. La plupart des convulsionnaires croyaient qu'Elie était sur le point de revenir sur la terre pour convertir les Juifs et renouveler TÉglisc, avant le jugement dernier. Vaillant déclara par écrit qu'il n'était point le prophète Elie, ce qui n'empêcha pas de l'enfermer de nouveau à la Bastille en 1734. Pour avoir un prétexte de le tenir en prison, on supposa qu'il était fou. Les conversations qu'il eût avec Hérault et Berryer, successivement lieutenants de police, et avec le P. Griffet, Jésuite, confesseur des prisonniers de la Bastille, n'étaient point celles d'un fou^ C'était en 1747. Il prédit à ce dernier la destruction des Jésuites ; il déclara de nouveau qu'il n'était pas Elie *, mais qu'il croyait ce prophète arrivé sur la terre. « Si je me trompe à cet égard, dit-il, cette illusion ne peut produire aucun mal. Est-on insensé parce qte l'on croit l'Église de France bien malade ? » Vaillant passa une partie de sa vie dans les cachots. 11 fut transféré de la Bastille au donjon de Vincennes, où il mourut en 1761. Les Vaillantistes firent da bruit en Provence. De leur sein sortirent les AuguêtiniêteSy espèce de gnostiques qui avaient pour chef un nommé Causte, qui s'était fait appeler frère Augustin. Les Margouil listes n'avaient pas plus de de moralité que les Augustinistes,

Plusieurs convulsionnaires modérés blâmaient les excès et les turpitudes de ces gnostiques , ils admettaient comme divine en elle-même l'œuvre des convulsions ; mais ils disaient que ces parcelles d'or étaient mélangées avec de la boue, et qu'il était néces-

* Il fit plusieurs copies de cHte déeUratioB. Nous avons sous 1m yeux la onzième, écrite et signëe par lui à la Bastille. Cette déclaration e^ loin d'être l'œiiTre d*UB fou.

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