HI^TOIRB
qup )*intorél de la religion exige qu'ils inspirent. Le peuple n'a vu mettre le scellé que sur les effets des morts, des banqueroutiers et des personnes suspectes, d
Uévéque de Clermont exposa que le scellé serait inutile, et proposa, en forme d'amendement^ qu'il ne fût mis que sur les établissements qui, d'après les circonstances et les intentions de TAssemblée, seraient dévoués à la suppression.
Legrand prétendit que , dans le Berry surtout , les bénéficiera vendaient les cheptels et coupaient les bois; il demanda, en conséquence , qu'il fût décrété provisoirement qu'aucun bois , même taillis, ne serait coupé jusqu'à ce qu'il en fût autrement ordonné.
Bamave combattit toute mesure provisoire, a Nous avons mis, dit-il, les biens ecclésiastiques à la disposition de la nation; il faut les conserver à la nation, ou bien nous n'aurions fait qu'un arrêté illusoire. Des lettres et des délibérations des coifimunautés, mises sur le bureau, prouvent combien nos précautions sont nécessaires et tardives. La motion de M. Treilhard concilie tout et ne fait tort à personne. »
L'abbé de Montesquiou ^ demanda l'ajournement de la question jusqu'à ce que les religieux fussent rassurés sur le sort qui leur était réservé. Plusieurs députés prirent la parole pour soutenir l'opinion de Treilhard, et prouvèrent qu'en mettant les titres des biens sous le scellé, on ne nuisait en rien au clergé; que c'était une mesure provisoire^ que rendait nécessaire la conduite de plusieurs bénéficiers qui dissipaient et détérioraient les biens dont ils prévoyaient devoir être privés. D'autres députés rejetaient cette mesure provisoire, et soutenaient qu'il fallait attendre la mesure générale que devait proposer le comité ecclésiastique. L'abbé d'Abbecourt proposait de se contenter des déclarations des titulaires. Cette motion obtint la majorité. Mais des députés s'appliquèrent à faire comprendre qu'on devait attacher ime certaine pénalité aux déclarations frauduleuses. L'abbé de Montesquiou émil un àlnguUer motif de s'opposer à cette motion : a Beaucoup d'abbés commendataires, dit-il, ne sont jamais allés dans leurs abbayes. » C'était d'un seul mot avouer les abus que Ton avait faits des bénétices ecclésiastiques. L'Assemblée décida que les déclarations faites par-devant les juges royaux et municipaux seraient afGchées aux portes des églises et envoyées à l'Assemblée nationale. Dans la
^ MonÙeur, séance du 13 novembre.
DJB LKtiLISE DB KftlNCJB. 213
iscance du 14 ^, Camus fit adopter une disposilion spéciale pour les bibliothèques, dont le catalogue exact dut être dressé. Ce décret fut sanctionné ])ar le roi ; ce qui n'empêcha pa^ le détournement d'un grand nombre de livres et de manuscrits *. Camus le dénonça à l'Assemblée dans la séance du 1*' décembre '.
On n'avait décidé que lesii)iens ecclésiastiques étaient à la dit>position de la nation que dans le but de les vendre afin de combler le déficit et de remédier aux eibbarras financiers. L'abbé d'Abbe^ court chercha à écarter la question de la vente en.proposant, dans la séance du 4 décembre ^ de faire de tous les bénéficiers comme des fermiers du gouvernement; mais ses idées ne furent ni comprises, ni acceptées; et, dans la même séance, Talleyrand, évéque d'Autun, proposa ouvertement la vente des biens du clergé. Trêilhard revint sur cette question dans la séance du 18. Dans celle du 20, on décréta la vente de 440 millions de ces biens. Ce décret fit une sensation pénible au sein du haut clergé. L'abbé de Monte»quiou et l'abbé Maury protestèrent en vain. Le 5 février 1790 ^, TAssemblée obligea tous les bénéûciers, et ceux qui jouissaient de pensions sur les biens ecclésiastiques, à déclarer leurs bénéfices ou pensions par-devant les officiers municipaux. Ces officiers furent chargés d* adresser les déclarations à l'Assemblée et de lui faire connaître les maisons religieuses qui pouvaient être supprimées. Treilhard, au nom du comité ecclésiastique, présenta, dans la même séance, le tableau des biens qui pouvaient être vendus. Us étaient de deux sortes : ceux qui dépendaient des abbayes vacantes, et les bâtiments des ecclésiastiques réguliers des villes. Il y eut, dans la suite, des débats sur l'administration des biens non vendus, et
1 âionUeuTt séance du 14 novembre.
* Moniteur^ séance du 1er décembre. "
* Dans la séance du 16 novembre, on lut une adresse de bix religieux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, qui demandaient une pension viagère de 1800 livres, ou la capacité d'être nommés aux cures avec la moitié do la pension. (Moniiew^ séance du 16 nor.)
Dans la séance du 17, on lut un arrêté des États du Cambrésis, qui protestaient contre l'attribution des biens ecclésiastiques à la nation, et révoquaient len ' pouvoirs de leurs députés.iCet acte fut discuté dans la séance du 19 novembre, uù Ton fit voir que les prétendus Ktats n'étaient qu*uue commission renforcée, composée sous l influence des intéressés. Li décision des prétendus Étdts fut annulée dans la séance du 21 novembre.
^ Moniêeur des 4 et 18 décembre.
i ^ont/ftir, séenoe du 5 février.
314 9l^lfK
des conQite «ur la >ente, 4aA8 pii)$ieurf prpvipces; roai« nous avons dû seulemenl rendre compte ei^ 4^,(^U ^^ f^^ ^\i vertu duquel le clei^gé est deveou un corps salarié par l'^t^l.
Il eût été à désir^r^ pour 1^ dignité d\i çleqjé, qup \%\s^i |i{i ei^t laissé une partie de s^s biei^s^ même §p gg r^i^lW^ 1^ drfli^ 4^ les administrer etd'^n distribuer les rev^npA* Ifi clepgéi^psdpift^^ne pouvait plus être ur corps propremepi dit «pu^ \& régifae f|o^vf||i que la constitution fait^ait à la France i ip&i^ TÈt^t PQVivait ^e Remplacer dans la ga^tioA 4e ^ biepQi \k ç^t aifîsi, en payant le clergé, acquitté une dette sacré^^ au Iî^m lie p^larier des t>Qm¥»es q^î^ par la nature de leur ministère) aci peuveni pa^ éir^ consi4érés comme folictiopaaires pubUoB. L'A^ipl^lé^ ffy\, par ]k, évité une contradiction dans sa conduite : c^ir^ d'vtlt câtéj elle abolissait la religion d'Ëtat, et? de l'autre, ellç ^lari^it les ecclésiastiques comipe des fonctionnaires de l'État, l^ salaire du clergé a pqrté de tristes fruits : il a contribué puissamment à lui enlever cette noble ind^ pendance, qui est un des plq» bc^ux §tt|pibut^ doi» (i^ii^istres d^ Dieu ; il l'a enchaîné au char d^ tous les gouvernemepts qui «e font succédé^ au détriment di4 respect et de TinAuence dont il doit jouir pour que le ministère ecclésiastique ^it yraimepit utii^ 4 U soaiété.
L'Assemblée nationale s'oqi^pa des Ûr(lres rfAtgieux çn-mé(De temps que de la vente des biens du clei^.
Nous avons vu qu'on cl^rcbftit 4eR|ii$ asie^i longtemps à restreindre la nombre des maj|îipin& Ffillgi^uses- C?tle r^fcurpie ébMt néeessaire ; le clergé lui-mém^ en é^it ooovçnf i <ûps ses derni^ assemblées. Un grand nombre de niwastères fort riclie^ n'ét^ififll habités que par quelques moines^ dont la vie n'était pas toujours régulière, et qui dépensaient^ en superQuités^ et même parfois d'une manière scandaleuse, des biens qui étaient plus ^u]|( paiiv^ qu'à eux.
Dès le IS décembre 1789, le chartreux Dom Gerle avait adressé à l'Assemblée un discours fort sage au sujet des neiigieux. Il avait eu pour but d'y concilier les droits de la reh'gion avec les intérêts de ceux qui, en trop grand nopibre, avaient embrassé sans vocation l'état monastique. *
« La lenteur de l'Assemblée, dît-il, a jeté dans l'inquiétude deux espèces de religieux : ceux qui craignent la perle de leurs maisons, sans savoir le sort qui leur sera réservé ; et ceux qui ont hâte do se voir délivrés de ce qu'ils envisagent eomme une captivité. En
DE L*éGI4aV M FBANGX. ^f 5
4teD4wt QUd VAis«»blé# puisfl» s'acqitpiir 4'iiii décret défiwtii't 4f 9<>ttmjHU« pa» Afiiuror le» imiaion qu'ils pourront vivre en rfifMM, foit isLM |«Mti nwQWi^ «oit Al«« cidlM qui bmr eemni ««igpto» «vécues bicHi qu'^llca conitervfiiQpt ou U» fvmiQm fui seront eesordéetl He fioaKrAttTfille pu autorittr oanx. ^ui veulini quittar kt vie piaui|tii|tte à 6e faire socularver aux frai« ie kun maisonsy ei 4e dûniiev, daoi ha deux mnii, ty{( i^ leur léiolutkMi à letira aupémura majeuifit a
i'Aifiemblée ai^plaûdit anx i^âea de Dom fierie» et eedeona riippeeçaiim de sen diaeomsa; roaii an lieu da riea elatuer de provisoire^ elle chajgea ifm oomité daa affaires eaeMaiaetiquea d'élilHM^r un déepei touetûtnt les religieiur. Tteilhanl le pnésënta dana Ja aé(inee du 17 décembae. H ^tait eonposé de dixisept artieles, dont voici levénnud' :
« Lea religieux qui voudraient rentier 44UB6 le «îèele en donne-' root avie danf m^ délai de tvoia mois. Ile recevMnt dea pensions de 70Q à iOût^ francs, selon leur âge. Les supérieurs sécularisés recevront SÛOO francs de pension. Cea pensions seront diminuées 4f» moitid si eeux qui les neeeimint sont nommés à des eures. Les religieux 4tti vou(bnnt restet en communauté seront placés en des maisons de leur Ordre, autant que possible, soit à la campagne^ soit dana les petîk^ villes. On ne conservera^ dans les grandes vi{lea> qun les inaisons d^ ee}igieux «eues à l'enseignement on an sQÎii d£^ malsides. Chaque mdkon dpvra «vei» au moins quinze membree^ npn eompiis )e appésieur. GhaqHe maieen anra nn r^tepg dé 8(10 franes par aeÙgieox. Lee maisons de religieux, v(^uée 4 renseignement ou au sein des nuîladee pourront avoir up (OV^ni plus considérable, a
ipiique ce pi^jel eut été hi^ t'évéque de aemonl se leva et P%rli|W»n:
a Je crois devoir à n|on namctèvii elà ma déifealesse de faire la proteflation soiennidlt que je ne snia pa^ d'avis de tous les objets
t. Je le dois d'autant plue, qu'étant président
qm 00 déoret oootient*
du comité ecdésieatiqye, je pouivfds être soupçonné dWir participé à ce travi^. »
Trdlhard présenta le rapport du comité eedésieslique dans la séance du il février (1790). Il ^r rendit pleine justice à ISnstitution raoïMietique, • dont les annales, dit*il, présentent tant de person-
^ JUcniteuTy séance du 17 décembre 178GL
216 HISTOIAB
nages illustres et vertueux , et qui compte de si graiids services rendus à la religion, à Tagriculture et aux lettres. Mais, ajoute-t^il, tel est le sort de toutes les institutions humaines, qu'elles portent toiqours avec elles le germe de leur destruction. » Treilhard fit ensuite un tableau exact et calme de Tétat de décadence où étaient tombés les Ordres religieux, et il indiqua les principaux moyens qu'il faudrait employer pour les réformer et les rendre utiles.
Après la lecture de ce rapport, le marquis de Lacoste demanda la conservation des Ordres religieux consacrés au service des pauvres et des malades, de la congrégation de TOratoire, et de quelques maisons de chartreux et de trappistes.
L'évéque de Clermont attaqua le projet, surtout en ce qu'on y donnait aux moines une liberté que l'autorité ecclésiastique seule pouvait accorder. Il fit envisager cette liberté comme un principe qui devait amener la suppression totale des Ordres religieux.
Dans la séance du 12 février, on abandonna le projet de loi du comité pour examiner ces trois questions : Abolira-t-on les Ordres religieux? Quel sort fera-t-on aux religieux qui ne voudront pas rester dans les maisons et dans Thabit de leur Ordre? Quel sort fera-t-on à ceux qui voudront rester dans ces maisons et dans cet habit?
Sur la première question s'établit un débat important. De La Rochefoucauld répondit afOrmativement, et prétendit que les Ordres religieux étaient inutiles au point de vue religieux, littéraire et agricole. L'abbé Grégoire se fit leur apologiste à ce triple point de vue^ et demanda que plusieurs maisons fussent conservées. De la Fare, évéque de Nancy, soutint la même opinion contre Barnave. Plusieurs orateurs lui succédèrent à la tribune. Une partie du clergé se montra fort animée, en entendant certaines propositions peu orthodoxes^ ce qui engagea l'évéque de Nancy à demander que l'on décidât sur-le-champ que la religion catholique était la religion de l'État S afin que toute attaque contre elle fût considérée comme un délit. On écarta cette question, et l'Assemblée, sur la proposition de l'abbé de Montesquiou, déclara qu'elle ne reconnaissait plus les vœux solennels, et, qu'en conséquence, les Ordres religieux étaient supprimés. On ajourna la décision sur les congrégations chargées de l'éducation et du soin des malades. On reconnut en principe que des maisons seraient conservées pour les religieux qui vou-
< MonHeury séance du 13 février.
DE L*ÉGLI8B DB FftANGB. 217
dndent vivre selon la règle qu'ils avaient embrassée ; on autorisa provisoiremenl les religieuses à rester dans leurs maisons.
Le progrès de la révolution fut très funeste aux Ordres religieux^ qui disparurent avec leurs biens au milieu de la tourmente. Cependant l'État paya les pensions qui furent allouées à tous ceux qui en avaient fait partie.
Première émigration. -; Motion de Grégoire contre les émigrés. — Discours de Pie VI sur Tëtat Ue TÉgUse de France. — Lettre du cardinal de La Rocliefoucauld au pape. — Réponse du pape. — Sentiments religieux de l'Assemblée nationale. — Fête de la Fédération. — Travail du comité eéclésiastique sur Ja constitution civile du clergé. — Discussion dans TAssemblée à ce sujet. — Adoption de la constitution civile. — Elle est sanctionnée par le roi. ~ Lettre du pape demeurée secrète. — Le serment. — Décret du 27 novembre contre les prêtres insermentés. —Hésitation du roi.— Il Taccepte. — Appréciations diverses. — Organisation du clergé constitutionnel. — Anciens évéques qui oonaervent leurs sièges. — Bref du pape à Loménie de Brienne, évéque de Sens. — Réponse de cet évéque. — Principaux évéques constitutionnels. — Grégoire. — Le Coz. — Lamourette. — Moïse. — Pacarau. — Autres évéques constitutionnels. — Opposition des anciens évéques. — Bref que le pape .leur adresse. — Leurs lettres pastorales. * Réponses des constitutionnels. — Emigrations et emprisonnements des insermentés. — L'Assemblée leur garantit la liberté. — Troubles religieux. — Dernières séances de l'Assemblée nationale constituante. — Amnistie.
Lorsque TÂssemblée nationale eut adopté le projet de vente des biens du clergé^ plusieurs bénéiiciers quittèrent la France et se joignirent aux premiers émigrés politiques qui s'étaient enfuis à la suite du comte d'Artois^ frère du roi. L'archevêque de Paris émigra aussi vers le même temps; sa vie n'était pas en sûreté à Paris. La faction ordurière du duc d'Orléans l'avait désigné à la fureur de ses sicaires soudoyés; aussi, prit-on ouvertement son |)arti au sein de l'Âsseiublée, lorsque l'abbé Grégoire proposa des mesures rigoureuses contre les prêtres lâches qui avaient abandonné leurs b^néiices, plutôt par opposition politique, que par la crainte des dangers qui n'existaient guère alors que dans les imaginations ardentes. On tépandait bien k Paris des caricatures contre l'avarice et les mauvaises mœurs des ecclésiastiques et des moines ; les bandes du duc d'Orléans criaient bien: mari aux prêtres;
dit «l^foiti
mm €08 c)é0Ofdm n^antient gain Utii qu^ Parie «t dam calùBti localités ou iIm «eîpwun eu dtf bénéficiera s'étaisat atiiii U Hvoe du F^iipU par leur dureté et leur orgueil. Partout aiUeuis, lea SttUea ^t les prêtres menaieQt leur existeace aoeoutuiqéa, vi milieu de populations paisibles,
Mais des bénéficiers riches ne pouvaient supporter la pensée dt se voir obligés de remplir les fonctions du ministère ecclésiastique pour recueillir un humble salaire; tls se jetèrent donc dans le parti de la contre-révolution^ émigrèrent çans avoir eu le moindre danger â courir, et 8'attribuèrent faussement le titre de victimes. Les biens ecclésiastiques n'étaient pas encore vendus alors, et les bénéficiers en jouissaient provisoirement. Orégeire pioqta à la tribune ^ et demftA4A que les revenus dos bénéfiger^ %bsent« fus^at s^estrès, pause que, dit^t^ ils n'avaient pu quitter la Franee oue par pUsUtanin^itéj 1^ crainte de j^rfagor le^ dangers de la patrl^ ou anti^«palriotisme. Camus soutint àa néne opinion aue Offégone,a( elle Alt adoptée par TAsseoiblée.
Les premiers émigrés ecolésia^tiq^es ne doivent pas être eonfendus avec ceux qui ^rent obligés de quitter la Frapce pour xi^\tre iQur vie çn sûreté, lorsque des décrets ifi proeoription furent lanças contre les prêtres eattidiques et eue le eulte fut aboli. On a afteté parfois de mettre tops)^s ^çfugié$.$i|i: jtç mém^ raogi i^t d'en faire des martyrs. }je& derniers le furent, mais les premien n'étaient que des hommes politiques qui luttaient contre la révolution pour des intérêts matériels, et qui donnèi^nt trop souvent à l'étranger les scandales qui avaient excité contre eux la haine du peuple en Franee. Musl^rv de oes émigrée, rettrés à Rome, eontribuèrent à tromper le pape sur les vo&ux de l^ÀseemMée natiénale.
Me VI était un pontife vertueux, digne 4e eomprendre et de soutenir les réformes que l'on avait entreprises en Fmnee; mais complètement étranger aux prineipee que prechmaft PAssemMée, et imbu des idées ultramontcSnes, it ne voulut voir dans ces décrets que des attentats contre l'autorité eeeiiMastiqne. 841 eôt été sagement eoQ8<^é, il eût, du haut du sîége apostolique, dirigé les travaux du comité eceîésiastiqne, composé d^ommes sincèrement dévoués à PËglise; mais, par malheur, en hii fit voit des ennemis en ceux qu'il eût dû considérer comme des enfants. An lieu de seconder les réformes de P Assemblée et de s'entendre avee l'épi»-
* M^nékury sésBee eu 5 janvier IVMK
DE L'iGLlSB DB nANCS. ^19
copat pour les diriger et leur donner là sanction dç }'^utocité ecclésiastique, il commença par les désapprouver publjqQçn^eiit dans Iç consistoire du 19 mars. Après avoir dit aux cardii)£^ip^ que la pfudence seule l'avait empêché d'adresser à TEdise (le FfancQ d^ justes reproches sur les actes anti-cathoUqu^s de l'Assembléç iV4* tionale, i| ajouta que son allocution devait être vegarjée cpmme une protestation contre ces actes, (^v\i violaient si directement tes droits du S^int-Sié(;e, «i Nous déclarons, ajouta-tril, ^uç notrç Filence ne 4oit pas être imputé ^ Tinsouciance; et qi^e Ton doit encore moi^s {e considérer çopimQ une apprpl)atiQn. »
Lorsque TAssemblée eut décrété qu'elle ne reconnaiss^t p|u§ lef^ vœux mopa^tiques, le cardin^ de La Rochefoucauld s/acfrQss^ h Pie VI pour le prier d'accorder aux évêques tous les pouvoirs nécessaires pour délier de ces vœux les religieux qui voudraient renoncer à leur état. Pie VI trouva cette clemapae légitime, ci adres^ au carc)inal de La Rochefoucauld une lettre dans laquelle noup remarquons ce qui suit sur la situation religipusç 4^ la France * :
« Nous étions chaqqe jour A^ppé de la plus vive do\ileur par les nouvelles que nous recevions sai)s interruption de nos courriers sur cç qui concerne et vous et votre natioPj^ lorsque la lecture de la lettre qu^ vous noqs avez adressée, qotre cher (ils, a jeté dans notre cœur paternel un nouveau surcroit d's^ffliction, par l'exposé au*eile contient d^s pertes immenses et ^i nombreuses que vient de fairç l'Pglise gallicane. Nous en géipissops ^^veç vous, et peu s^en faut que nous ne soyons accablé nous-m^me des pénibles communications mie vous nous faites de vos malheui^^ bien loiri d'y être insensible, il semble qu'Os nous sont pçrsoAnel^ et que le Saint-Siége est frappé des mêmes coups qui vous sont portes... bien que nous n'ayons point de ressqurce contre cesmaii2( d^ns les pioyens humains, nous ne devons pas, pour cela, nous abandonner au découragement ; il faut' au contraire jeter toutes nos espérances dans le sein du Dieu de paix et de toute consolation. Dans cette vue, réunissons nos prières et derpandon^-lui qu'elles aient une efficacité qui nous fasse surmonter tous nos malheurs. »
Pie VI et les évêques voulaient voir la ruine de l'Eglise (J^ns h perle de ses avantages temporels. Cette idée était fausse en elle-
< Bref de Pie VI au canlinal de La Rochefoucauld.
méme^ et elle produisit de funestes résultats, en créant entre eux et TAssemblée nationale un antagonisme déplorable. Cette As* semblée^ cependant, rendait, en tontes circonstances, à la religion le plus sincère hommage, et n'avait pas les intentions qui lui ont été prêtées par des hommes plus préoccupés de leurs préjugés politiques et de leurs pertes matérielles que de la vérité des appréciations. La plupart des députés rendaient hommage à la religion et au clergé dans leurs discours, et l'Assemblée entière donna surtout une preuve éclatante de son respect pour la religion dans la fête de la Fédération, qui eut Heu le jour anniversaire delà prise de la Bastille.
Cette imposante cérémonie ^ eut lieu au Champ-de-Mars , di^ posé à l'avance par le peuple à cet effet avec un enthousiasme difficile à décrire. Cette vaste enceinte était dominée au milieu par l'autel de la Patrie, élevé de plus vingt-cinq pieds : on y montait par quatre escaliers terminés chacun par une plate-forme y couronnée de cassolettes antiques, dans lesquelles on brûlait de l'encens. Ce fut sur cet autel que Talleyrand-Périgord, évêque d'Autun, dit la messe en présence de 400^000 spectateurs. Il avait pour diacre l'abbé Louis, et il était entouré de 300 prêtres revêtus d'aubes blanches et ceints d'un large ruban tricolore. L'évèque d'Autun bénit, après la messe , les bannières des départements, et la cérémonie fut terminée par le Te Deum^ pendant lequel tous les députés tirent serment d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi. Des salves d'artillerie annoncèrent à la France ce serment solennel. Louis XVI jura de respecter la constitution ; Marie-Antoinette, élevant son fils dans ses bras, s'unit de sentiment à son époux. La foule émue jeta mille cris entnousiastes de : Vive le roiy vive la reine, vive le dauphin^ et sa grande voix couvrit le bruit de l'arfiUerie.
On aurait pu croire que tous les comrs allaient être désormais unis pour le bien général de la France. Bientôt après cependant les luttes recommencèrent entre une aristocratie qui ne pouvait croire à sa dernière heure^ et un peuple excité par des rancunes et des désirs légitimes. Il faut dire que, .dès ce moment, des hommes fanatiques et cruels ne se contentèrent pas de combattre les abus^ et qu'ils mirent en jeu, pour satisfaire leur propre ambition,
\ JitxmiUuT deâ 16 juillet 1790 et jours suivunt?.
DR l/^GLISE nS. FRANCE. 221
les inslincls les plus féroces de la populace. L'opposUion aveugle de Taristocratie fit naître^ il est vrai, cette réaction, qui tomba plus tard dans les plus lamentables excès ; majs si la cause ne doit pas être passée sous silence, les excès ne peuvent être justifiés. Les Révolutions de Paris de Loustaiot, VAmi du Peuple de Marat et les pamphlets de Camille Desmoulins avaient, en 1790, la plus grande influence sur le peuple et contribuaient le plus à exciter ses colères. Le club des Jacobins avait aussi alors commencé ses séances; il était le club populaire par excellence, et Ton sait quelle fut son action sur les événements de la révolution.
Au sein des troubles excités par Tex-parti orléaniste, devenu radical et révolutionnaire, l'Assemblée nationale continuait ses graves travaux. Nous devons nous arrêter principalement à la constitution civile du clergé.
Le comité ecclésiastique de l'Assemblée avait été chargé de travailler à une loi dans laquelle on établirait Tétat civil et politique du clergé sur des bases qui seraient en harmonie avec les nouvelles institutions. Ce comité se mit à Tœuvre, et, dans la séance du 6 février 1790 S l'Assemblée décida que le comité lui présenterait incessamment un projet de constitution , et ses vues sur le traitement à faire aux titulaires ecclésiastiques.
Le comité rédigea, en conséquence, le travail connu sous le nom de constitution civile du clergé. Le voici tel qu'il fut adopté par l'Assemblée :