DOMITIEN
De cette époque (environ 502), date la fondation d'une autre église, celle de Saint-Victor, construite par la sœur
(1) On lit dans les écrits de snint Avrit un fragment de Thoinélie qii*il prononça dans cette cërénionie. lîn passage, entre autres, nous porte à croire que cette t^glise était déjà dédiée a saint Pierre, car il disait : « Comme saint Pierre, votre patron, se tn)uva plus affermi dnns la foi apn^s avoir chancelé sur Te^u, ainsi cette église ressort plus belle et plus solide de set ruines. »
D'ailleurs, dans une de ses lettres au Pape Symmaque, le mt^mc personnage demande, pour l'Eglise de Genève, une relique du chef des Apôtres. Aviti Epist. 27.
(2) SiRMOND. Aviti opéra édita curâSii^m. — Paris 1M9, p. 1Î59.
(3) Domitien ou Domatien était, d^iprès liesson, un des conseillera de Gondégésile, roi de Bourgogne,
(le sainte Clotilde, la princesse Cbrône ou Sédelenbe. Laissant à sa sœur toute la gloire mondaine, elle voulut se consacrer à Dieu et passer sa vie dans la retraite. D'après les conseils de Domitien, évêque de Genève, elle fit, de la demeure oii elle était née, un sanctuaire, qui plus tard agrandi, devint la basilique de Saint- Victor. Elle devait être splendide, à en Juger par le récit d'un auteur anonyme déjà très-ancien (1). Il appelle cette église un monument • merveilleusement décoré, et enrichi de toutes sortes d'ornements et brillant des dons d'une libéralité princière. • Oq lui donna le nom de Saint- Victor, parce qu'une bonne partie des reliques de ce saint martyr fut apportée de Solcure à Genève pour être déposée dans le chœur de b cette église. Celte translation se fit en grande pompe (2). ■ Sous le règne de Gondebaud, le jour fut distribué en pbeares; le roi Didier lui envoya un cadran solaire pour les heures du jour et un clepsydre pour celles de la nuit. Disons, avant de terminer la période burgonde, que Gondebaud chercha à faire oublier ses premières cruautés par des lois pleines de sagesse. Son administration fut des plus équitables, et il inaugura à Genève un code de lois adapté aux besoins des habitants de ce pays. Ce code qui fat revu et publié par son fils Sigismond, contient 3â4 articles de droit civil et de procédure criminelle où le Romain et l'indigène sont placés sur le pied d'égalité. L'arbitriùre y est aboli, et l'amende n'est plus laissée au
eut liCQ en l'im HtH, faat Vtpmopu do Domitien, comme il cnnsle
iplion mivtuits, qui (nt découvoite au mcunent Je b deslnicLion
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le Satai-Vidor.
caprice du fisc ; elle est fixée par la loi. Le juge ne peut rien recevoir des parties qui comparaissent devant lui| et s'il est prouvé qu'il s'est laissé corrompre, t qu'il soit puni de mort » (1).
Le règne de Gondebaud fut long et agité. Afin de prévenir un nouveau démembrement du royaume, il voulut assurer de son vivant la couronne à son fils Sigismond, qui fut proclamé roi, au carrefour du Quadruvio (2), près de Genève, et hissé sur le pavoi en face des chefs de la nation. C'est en 516 que cette ovation eut lieu par Tordre de Gondebaud lui-même, qui mourut peu de temps après (3). Tout faisait espérer que le règne de Sigismond serait prospère, mais ses Etats étaient trop voisins de celui qu'occupaient les Francs et les Ostrogoths. Ces peuples avides de pillage se coalisèrent pour envahir les terres des Bourguignons. Au bout de neuf ans de résistance, Sigismond succomba, comme nous le verront, tragiquement dans la lutte.
(1) Ce code porte le nom de Loi Gombellc, Lex Burgundiofium.
(2) Quel csl ce carrefour du Quadruvio? Les liistorions sont partagés: les uns le placent au Carre, prùs de Meynior, les autres désignent le chàtciiu de Roclbot. Quelques-uns entin, comme lilavignac, croient que Carouge fat le lieu où fût salué roi l'infortuné Sigismond.
(3) D. Bouquet. Marti chronicon, l. II, p. 14.