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OPTANDUS
A la mort d'Ansegise, le peuple de Genève, de concert avec le clergé, demanda pour évoque un diacre nommé Optandus, homme de grand renom; mais un intrus, patronné par Boson, gouverneur de la Gaule viennoise, ambitionnait ce poste. Il s'était même ménagé la protectioo du Métropolitain de Vienne, qui refusa de sacrer Optandus. L'affaire fut portée à Rome, où le Papa Jean VIII trancha la question, en lançant un monitoire contre Oltramne, archevêque de Vienne, le menaçant d'anathême e'il s'obstinait à s'opposer à l'élection d'Optandus et à soutenir un intrus (2). Oltramne aurait dû s'incliner devant la décision suprême du Chef de l'Eglise; mais prétendant qu'Optandus n'avait reçu ni le baptême, ni l'éducation cléricale dans l'Eglise de Genève, il souteaait que, par ce seul fait, il ne pouvait en devenir le pas-
(I) Bbmom, p. 9, — N.-B. Ou« pierre, qai fal pendant i Mtitni is^rusIA^ rinns la inumille ao haal de la mmpv dp la rlllc H vml nnjouiil'bul nu HoMe arcliliolagiqDe.
(3) SiRHAM., [Il, p. sie.
langues
teor. Nous voyons percer dans cette allégation d'Oltramne Tesprit de nationalité , assez répandu dans toutes les églises à cette époque. On tenait à élire des pasteurs du paySy qui pussent connaître les besoins des localités. Dans une Charte octroyée en 895, Rodolphe mentionne ce privilège accordé à Téglise de Lausanne, comme à la plupart des églises des Gaules. Cependant ce n'était pas une règle absolue. Si le Souverain Pontife respectait les vœux du peuple et du clergé, pour l'élection des évêques, il n'hésitait pas, quand il était nécessaire, d'user de la plénitude de son droit, en consacrant lui-même et en députant des titulaires. C'est ce qu'il fit pour Optandus qu'il envoya à Genève, en intimant à tous l'ordre de le recevoir comme le légitime évêque, délégué de la chaire de saint Pierre. La lettre du Pape Jean VIII est une des pièces les plus anciennos qui nous aient été conservées. Nous la trouvons citée en entier dans les notes ajoutées par Gauthier à l'ouvrage de Spon (1). Elle est adressée au clergé et au peuple de Genève. Le Pape déclare qu'ayant appris la vacance du siépe et les intrigues de Boson, il venait de consacrer Optandus à la prière du Sérénissime empereur Charles, sachant, d'ailleurs, qu'il était celui que l'Eglise de Genève avait désiré et choisi. « Je vous « l'envoie, ajoute le Pape, pour vous gouverner pastora- I lement. Kecevez-le avec unanimité et dévouement, et « obéissez-lui comme à votre père spirituel. D'ailleurs, si < quelqu'un voulait s'opposer à notre autorité et à notre « décision apostolique, qu'il sache qu'il sera frappé du f glaive de la discipline canonique. >
Nonobstant cette déclaration si positive, l'archevêque de Vienne, outrepassant ses pouvoirs, ne persista pas moins à soutenir que le droit était pour lui, et lorsque
(1) Spon, J, p. 35, notes.
Optandus se présenta pour prendre possession de son siège, Oltramne le fit saisir et jeter dans une étroite prison. Aussitôt que le Pape apprit Tarrestation de son envoyé, il écrivit une seconde lettre à Tarchevêque de Vienne, en loi donnant huit jours pour relâcher son pri- Bomiier, et le menaçant de la peine de l'excomniunication s'il persistait dans sa rébellion (1). Grâce â cet acte de haute autorité, Optandus fut libéré et il occupa tranquillement le siège de Genève. Lévrier assure qu'Optandus assista en 688 au couronnement de Rodolphe P', gouverneur de la Bourgogne Transjurane, dans l'église de TAbbaye d'Agaune (Saint-Maurice en Valais). Léti place la mort d'Optandus en cette même année ; suivant cet auteur, il expira à Thonon.
APRADUS. — BERNARD
Le successeur d'Optandus fut Tévêque Apradus, qui ne siégea que fort peu de temps. L'histoire ne nous apprend rien sur lui ni sur Bernard, son successeur, sinon qu'il fat l'objet d'une citation de la part de Barnuin, archevêque de Vienne, devant le roi Rodolphe, pour ne s'être paa rendu an synode de Vienne, où il aurait dû siéger comme évéque de la province (899) (2).