‹ Histoire de l'eglise de GeneveChapitre 15 sur 88 · Reg. Comp. 13 août · texte numérisé non relu

Reg. Comp. 13 août

3. Mémoire de M. Ed. Mallet, Album delà Suisse Romane, tome II .

le marquis Al tieri, oncle du célèbre poêle. Cet homme avait le génie des proportions et des grandes choses ; il dessina une majestueuse colonnade en granit, et réussit à faire un monument dont l'ensemble et les proportions frappent d'admiration même lorsqu'on a contemplé les plus vastes édifices de l'Europe moderne.

Le plan était magnifique; mais la dépense s élevait à 4 20,000 livres courantes, et l'État ne voulait point faire de dettes. Les ressources étaient problématiques. Le loyer des places dans l'Auditoire et dans Saint-Pierre devait produire 59,000 livres; pour le reste, le Conseil espérait une manifestation sérieuse de la libéralité chrétienne des Genevois. Si cet élément ne répondait pas à son attente, il voulait frapper d'un impôt le tabac et les cartes à jouer, jusqu'à la concurrence de 80,000 livres.

L'idée d'employer à la construction d'un temple une semblable taxe peut paraître fort peu naturelle chez des magistrats aussi sérieux que les chefs du gouvernement de 4 741. li y avait là peut-être un calcul secret pour stimuler le zèle des citoyens. Quoi qu'il en soit, Genève montra que si elle savait donner sans compter pour les infortunes lointaines, ses enfants ne négligeaient pas leurs intérêts nationaux. Deux personnes, Mme Mallet et le syndic RillieL imprimèrent une vigoureuse impulsion à la souscription

de Saint-Pierre en remettant chacun 4 000 livres courantes. Le 15 août 1751 , la Compagnie adressa aux fidèles une chaleureuse allocution du haut de la chaire. Ses paroles furent entendues le jour du Jeûne. 5 septembre. Les pasteurs purent remercier le peuple de ce que les offrandes arrivaient de toute part. Enfin, le jour de l'Escalade, les pasteurs annoncent avec une profonde émotion que toutes les espérances sont dépassées, que trois mois ont suffi pour recueillir 116,000 livres!

Ce qui rend cette somme précieuse, ajoute la proclamation, « c'est qu'elle est produite non-seulement » par les souscriptions élevées des personnes riches, » mais par une multitude d'offrandes minimes témoi- » gnant du zèle de tous les protestants genevois. »

Six ans plus tard, l'ouvrage était terminé, et le 5 décembre 1756 le culte recommençait dans la cathédrale genevoise. MM. De la Rive et Sarasin firent les services d'inauguration: un repas réunit les conseillers et les pasteurs, et fut terminé par les vœux les plus ardents pour la prospérité de l'Église et de l'État.

La consécration de ces deux temples augmenta beaucoup le nombre des services religieux : les quatorze pasteurs de Genève durent célébrer 1800 actes de cultes sur lesquels 154 prières liturgiques, et 1072 sermons écrits. Chaque prédicateur composait

75 discours et montait en chaire ISO fois par an1.

Cet ordre de choses dura jusqu'en 1786. En cette année, les Conseils réduisirent le nombre des cultes à 1714-, ainsi divisés: 592 sermons, 112 catéchismes, 1010 prières liturgiques. L'Église de Genève conserva ces services religieux à peu près sans modification jusqu'en 1815.

Fêtes relu/mises. La célébration de la Sainte-Gène subit de sérieuses modifications légitimées par la mar che des temps. Calvin avait établi cette cérémonie en ces termes : « 1° Avant la Sainte-Cène, on la dé- » nonce au peuple, afin que chacun se prépare à la » recevoir dignement1; 2° qu'on n'y présente point » les enfants, à moins qu'ils ne soient bien instruits; » 3° s'il y a des étrangers qui soient encore rudes et » ignorants, qu'ils viennent se présenter pour qu'ils » soient reçus en particulier. Le jour qu'on la fait, » le ministre en touchera à la fin du sermon, ou bien » si métier est, en fait le sermon entièrement pour » exposer au peuple ce que notre Seigneur veut dire » et signifier par ce mystère, et en quelle sorte il » nous faut le retenir. »

Le dimanche où se célébrait la Cène, après les prières ordinaires, on ajoutait une collecte, soit invocation spéciale, puis le pasteur prononçait la liturgie de la

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