Liturgie de Calvin
Sainte-Cène. Durant la communion, le proposant lisait des chapitres de l'Écriture, entremêlés de versets de psaumes. La liturgie est simple; elle explique en termes précis la nature de la communion, L'assurance du salut, le pardon accordé à celui qui participe spirituellement à la cérémonie.
« Après la célébration, on faisait une exhortation serrée pour faire comprendre au peuple les raisons qu'on avait eues de renoncer au sacrement romain. » Cette liturgie des réformateurs reçut dans sa forme et son contenu de sérieuses modifications1. Au commencement du dix-huitième siècle on abolit l'exhortation concernant le culte catholique. On traduisit presque littéralement, dans la langue purifiée, l'exposition du dogme, et l'on abrégea considérablement la prière de la fin du sermon; enfin, l'on chanta les cantiques de Bénédict Pictet, à la place des psaumes. En 1789 et 4 804, un changement essentiel fut fait à la formule d'excommunication : l'ancienne liturgie contenait Ténumération de tous les péchés qui peuvent éloigner de la Sainte-Cène , et mettait sur le même pied des fautes qui n'ont évidemment point la même importance morale. Le clergé genevois fit une réduction sérieuse, et Ton se borna à énumérer les vices les plus graves. Pour nous, nous allons plus loin, et nous demanderons qu'on ne prononce, à l'avenir,
1. Reg. Comp. 25 janv. 1709, 15 mars 1711, 25 janv. 1715, 20oct. 1705.
que l'exclusion des impies et des pécheurs endurcis. »
A la même époque on abolit également la Doxologie de Calvin, qui terminait le culte par ces mots : « Jésus, ton fils, qui est l'unité du Saint-Esprit, vit et règne avec toi, Dieu béni éternellement. » Elle fut remplacée par : « Jésus-Christ auquel , comme à toi , Père céleste et au Saint-Esprit, soient honneur et gloire. »
Calvin, de concert avec l'Église protestante française, établit que la Sainte-Cène serait célébrée quatre fois Tan : les jours de Pâques et de Pentecôte, le premier dimanche de septembre et le dimanche précédant le jour de Noël.
« En 1687 \ la population protestante ayant notablement augmenté, le Conseil propose qu'on communie deux dimanches de suite. Cela est adopté, à dater de Pâques 4 688. »
Dans la délibération qui a lieu à ce sujet, M.Pictet rapporte que les communiants gardent quelquefois le pain consacré comme amulette portant bonheur; on se sert surtout de ce pain dans la nuit de Noël pour interroger l'avenir. « Avisé de prendre garde et d'instruire vigoureusement le peuple à la première occasion. »
Une question analogue se présenta en 17052.
1 Reg. Coinp. 16, 23 déc. 1687.