‹ Histoire de l'eglise de GeneveChapitre 24 sur 88 · Reg. Conseil, Reg. Comp · texte numérisé non relu

Reg. Conseil, Reg. Comp

Pour complaire aux despotes, dit cette adresse, l'aristocratie supprima l'Escalade en 1785, mais le jour auquel on célébrait cette fête étant le même que celui où, en 1792, l'Assemblée souveraine consacra l'égalité, il faut rétablir l'Escalade. Adopté que le 12 décembre prochain, en l'anniversaire de nos délivrances, nos temples retentiront des actions de grâces envers l'Être suprême c

Ce culte fut de nouveau supprimé sous la domination française. Cette fête n'avait plus de signification, et dès-lors on l'a célébrée dans l'intérieur des familles, et on y apporte d'autant plus d'entrain dans des occasions où les sentiments nationaux protestants ont de justes motifs d'être froissés.

Nous avons décrit dans les volumes précédents la solennité du Jeûne telle qu'elle fut instituée au temps de la Réformation.

Pendant le dix-septième siècle, Genève, de concert avec les villes évangéliques delà Suisse, célébra des jeûnes chaque fois que de grandes épreuves frappèrent les Églises réformées. En 1698, Berne, Zurich et Genève, décidèrent d'instituer un jeûne annuel qui fut fixé au premier jeudi de septembre. Le souvenir lointain de la Saint-Barthélemy (24 août), les misères récentes de la Révocation (S octobre), firent choisir ce moment de l'année. Dès-lors cette fête fut si intimement liée aux affections nationales, qu'à

peine fût-elle interrompue pour une année durant les plus mauvais jours des révolutions de la fin du dixhuitième siècle. On la solennisa sous la domination française (1798 à 4 815). Les Genevois qui espéraient le retour de leur indépendance nationale, se réunissaient avec ferveur dans les temples. La fête du Jeûne, en 1815, consacra l'entrée officielle de Genève dans la patrie suisse, et d'âge en âge les Réformés helvétiques voudront renouveler en ce jour la promesse de conserver les principes chrétiens, fondements de leur sécurité et de leur bonheur.

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