‹ Histoire de l'église de MontaubanChapitre 22 sur 132 · Tome II. If. G · texte numérisé non relu

Tome II. If. G

83 HISTOIRE DE l/ÉGLISE DR MONTAT BAN.

âgé de 25 ans, il donnait, dans la chapelle des pénitents bleus de Toulouse, au milieu d'unanimes applaudissements, l'éloge du maréchal (Je Schomberg. Durant son séjour à Paris, ses talents oratoires se manifestèrent encore en plusieurs rencontres où Ton mit son zèle à contribution. En 1645 il prêcha l'oraison funèbre de François de La Rochefoucauld, dans l'église Sainte- Geneviève; et le 13 novembre de l'année suivante, dans l'église cathédrale Notre-Dame, celle de l'amiral de France, duc de Fronsac, Armand Maillé de Brézé. Dans l'intervalle il avait assisté (15 novembre 1645) l'archevêque de Reims, Léonor de Valençay, dans la consécration épiscopale de Jacques Lescot. appelé au siège de Chartres.

Pendant que le coadjuteur se dépensait pour le diocèse et l'Église, notre vénérable prélat allait assister, avec les sept autres évêques de la province, à une grande cérémonie dans l'église Saint-Sernin de Toulouse. Les capitouls et une foule immense, venue de la ville et des environs, se pressaient dans l'insigne basilique. Toujours profondément catholique, la capitale de l'Occitanie accomplissait un vœu fait durant une peste qui avait enlevé presque la moitié des habitants de la ville. Les châsses renfermant les reliques des saints étaient rangées sur des gradins autour du chœur orné de riches tentures. Elles attendaient les précieux ossements de saint Edouard, roi d'Angleterre, et des quatre Couronnés, que le 13 juillet 1643 J'archevêque Charles de Montchal avait retirés des cryptes pour les renfermer dans des reliquaires d'argent. Le 13 novembre 1644, à huit heures du matin,* le cortège se rendit en procession dans, la chapelle de la Sainte Épine pour porter triomphalement ces saintes reliques, et les exposer au milieu des autres à la vénération des fidèles. Durant ces cérémonies (coïncidence ménagée par la Providence, qui voulait ranimer les ardeurs de la foi dans nos contrées !) la pioche du fossoyeur de Pibrac mettait à découvert le corps glorieux et intact de Germaine Cousin, auprès duquel les miracles commencèrent a s'opérer.

TROISIÈME PÉRIODE. — ANNE CAHRION DE MURVIEL (1600-1652). 83

11. Moins de calme régnait dans l'atmosphère politique. Malgré les bontés de la régente, ou plutôt à cause de ses bontés, de nouvelles factions se forment sourdement, et dans quelques années les guerres de la Fronde vont ensanglanter le pays. Le duc d'Épernon, dont l'arrogance attirera bientôt une partie de cet orage sur notre Guyenne, vint reprendre son gouvernement, et fut reçu dans notre ville au mois de mars 1645. Anne de Murviel, le clergé et toutes les communautés, tant régulières que séculières, allèrent à sa rencontre, la croix en tête, jusqu'aux portes de Villebourbon, où il fut harangué par le syndic du chapitre, sur l'amphithéâtre dressé à cet effet. Les protestants se réjouissaient d'entendre le gouyerneur complimenter les habitants de leur fidélité au roi, et de l'appui qu'il se proposait de leur accorder en toutes rencontres auprès de Sa Majesté et de la régente, sa mère. Dans quelques années cependant, le roi, considérant leurs tendances, sera obligé de leur intimer des ordres sévères qu'ils n'exécuteront qu'à regret. Malgré leurs protestations, l'obéissance était une des vertus qu'ils pratiquaient le moins ; c'était la plus antipathique k l'esprit calviniste. Condé, qui venait de lever les armes contre son roi. en faveur des gentilshommes avides de ressaisir le pouvoir dont les avait dépouillés à jamais la politique de Richelieu, comptait grandement sur l'appui de notre cité. Mais, soit le souvenir de ce que leur avaient jadis coûté les révoltes contre l'autorité, soit l'influence des catholiques qui occupaient les principales charges, nos protestants, loin de se laisser gagner,, députent au roi une compagnie de soldats pour sa défense, et équipent bientôt à leurs frais un régiment qui porta le nom de Monlauban: Profitant des bonnes dispositions dans lesquelles cette dernière démarche mit le roi à leur égard, ils obtinrent, sous prétexte de se mettre à l'abri de quelque coup de main, de felever leurs murailles et leurs bastions, de réparer les portes et les broches de leur enceinte et de lever vingt compagnies. Grande fut alors la joie dans cette viHe si longtemps rebelle.

84 HISTOIRE DE i/ÉGLISE DE MONTA UB AN.

Les temples retentirent des cantiques d'action de grâces. Dans leurs prêches, les ministres se plaisaient à comparer les coreligionnaires au peuple de Dieu c longtemps persécuté, longtemps livré à la tyrannie de l'étranger, mais consolé par le jeune Cyrus, protégé par un autre Darius, aimé d'un nouveau Xercès, et reconstruisant, malgré les menaces et les armes des Moabites et des Samaritains, les hauts remparts de la sainte cité'. »

12. En relevant les murailles, les protestants songaient plutôt a l'avenir qu'au succès des armes royales en Guyenne. Ils envoyèrent bien un détachement occuper Moissac, prêt, disaiton, à se livrer au parti de Condé, et 300 hommes de pied à Auvillar pour occuper ce point important qui commandait tout le cours de la Garonne; mais, dans leur pensée, Montauhan. redevenu place forte, pouvait être encore l'un des boulevards de la religion prétendue réformée. Nous verrons bientôt que l'esprit de sédition s'étant accru parmi eux, il fallut leur enlever tout moyen de résister à l'autorité légitime. Au reste, un auteur contemporain nous dévoile l'idée qui dirigeait nos protestants, et le mobile religieux qui primait l'intérêt politique, c Nos Montalbanais, dit-il, ayant relevé leurs anciennes fortifications, sous prétexte de se mettre en estât de se défendre contre ceux qui troubloient alors la Guienne, mais, en effet, dans la vue, comme ils disoient, de remonter sur leur bast. Ces fortifications cependant firent beaucoup d'éclat dans la Réforme, et rendirent la sainte liberté de Montauban et de son collège, si célèbre, qu'il devint une fourmilière d'écoliers qui s'y rendirent de tous côtés. Car quoy qu'il fût mi-parti entre eux et les Jésuites, il y vint des Suisses, des Hollandois et des Écossois, attirez tant par le bon vin que par le grand nombre de professeurs qu'ils affectèrent d'avoir en théologie, philosophie, humanités et langue hébraïque. Il y avoit, outre cela, huit autres ministres pour les temples qu'ils avoient bastis, de leur autorité

Recueil de sermons prêches dans le vieux temple de Montauban, mss. p. 201,205,307,

privée, à Villemade, à La Garde, à Verlhac, à Bressols, à Reyniez, à Saint-Nauphari et à Courbarieu, qui tous ensemble joints à ces professeurs, faisoient un corps de vingt personnes, qui portoient des robes de magistrats, et donnoient des grades à leurs écoliers, c'est-à-dire aux exécuteurs aveugles de leurs emportemens contre Tévesque, le chapitre et les catholiques !. »

13. Forts des marques de bienveillance que leur accordait le pouvoir, ils furent assez habiles pour obtenir, par arrêt du 22 août, 30,000 livres à titre d'indemnité des sommes considérables qu'ils avaient dépensées, soit à la construction des fortifications, soit à l'entretien des troupes. Naguère (juin 1649) le roi s'était montré aussi généreux en accordant, à la demande de Pierre Bertier, 40,000 livres en faveur de plusieurs habitants ruinés par le terrible incendie qui dévora une grande partie des bâtiments environnant la place publique-. Avec le fléau du feu, Dieu, dans le cours des années 1647-1649, avait envoyé des maladies, des tempêtes et des inondations, dont les anciennes chroniques portent des détails comme de mémoire d'homme il ne s'en était jamais vu, ni entendu raconter. Des raffales de vent enlevaient les toits des maisons et en jetaient plusieurs à bas, arrachaient les chênes et les ormeaux les plus vigoureux. L'Aveyron, grossi d'une manière prodigieuse, avait submergé toutes les terres à de très longues distances et emporté toutes les récoltes. Dans la nuit du 24 au 25 juillet de l'année 1652, le Tarn, qui atteignit c plus d'une lieue de large, submergea toute la campagne, emporta tous les moulins et la plus grande partie du faubourg Villebourbon, l'église Saint-Orens qui était à ladextre du pont, et celle de Gasseras dont elle dépendait â. »

1 Récit de ce qu'a esté et de ce qu'est présentement Monlauban, par Henri Le Bret, in~8«, Montauban, chez Descaussat, M. D. CCI, p. 9 et seq.

* Pour plus de détails sur les inceudies de 1614 et 1619, et les secours accordés parle Roi, voir les ÉphémértUes Montalbanaises, p. 219-521.

* Ce Ait sur les ruines de l'ancienne église que cette dernière fui rebâtie, aux frais des deux chapitres, pour être desservie par un vicaire, tandis que la première fut portée sur remplacement où on la voit aujourd'hui, et érigée plus tard en cure, dont dépendit Gasseras.

Les eaux croissant toujours, la désolation était à son comble. Bertier ordonna aux chapitres de se mettre en prières, fit sonner les cloches de Saint-Jacques, et, portant le Saint-Sacrement, se rendit processionnellement à Villebourbon. A peine fut-il arrivé sur la place du faubourg, et eut-il fait les prières d'usage en présence d'une foule immense, toute prosternée, autant les calvinistes que les catholiques, que l'eau commença visiblement a décroître, c Bientôt on vit paraître le pont du Tescou, qui est près du couvent des Carmes, ne paraissant auparavant pour être si fort couvert des eaux du ruisseau, que les bateaux y flottaient l. » Ce miracle fit grande sensation sur tous les esprits, et ramena plusieurs calvinistes. Mais quelques autres en furent vivement irrités, et en conçurent une nouvelle haine contre les ecclésiastiques.

14. A ces calamités, aggravées des mauvais traitements qu'ils subissaient de la part de la population en armes, vint s'ajouter pour les catholiques une nouvelle douleur, c On était dans le regret, dit l'historien contemporain, de savoir malade Anne de Murviel, notre évêque, et peu soigné dans sa maladie, tant pour son corps que pour son âme ; ses parents (sous le pouvoir desquels il se trouvait), ne songeant qu'à son dequoi. Néanmoins l'évêque d'Utique, son coadjuteur, l'ayant su fort bas, et sans nul secours spirituel, fit qu'on le disposât à recevoir le Saint- Viatique, que lui-même lui administra, accompagné des deux chapitres en corps ; mais le bon vieillard se trouva si faible, qu'il ne put l'avaler et le rendit, saisi en même temps de la mort. De quoi tous les assistants furent fort surpris avec le coadjuteur, ne le croyant pas encore dans cet état. II mourut le 8 septembre, doyen des évêques de France, après avoir régi Tévêché cinquante-un ans et demi et environ un mois. Sa mort sitôt connue, ses héritiers parlèrent de le faire enterrer sans lui rendre les honneurs que sa qualité demandait ; mais l'évêque

1 Perrin, p. 567.

TROISIÈME PKWÛDK. — AfflSfc G A II WON DE MURVIEL (1600-4653). S7

d'Utique considérant ses mérites, les obligea à faire dresser un théâtre dans la grande salle de sa maison, et à l'y exposer, revêtu des habits pontificaux, pendant quatre jours, durant lesquels on célébra là-même, par son ordre, plusieurs messes pour l'âme du défunt. Les chapitres y furent, à sa conduite, chanter l'office des morts, ainsi que les couvents de la ville, par son mandement, et tout le clergé se mit en prières. Cependant il commanda son tombeau dans le presbytère (chœur) de Saint-Jacques, du côté du levant ; fit dresser sa chapelle ardente, et donna ordre de parer de draps noirs toute l'église. Cela fait, on invita de sa part tous les catholiques à sa sépulture ; les tiotivents y furent appelés. On flt l'office avec apparat, lui-même officiant en évêque, et, la messe dite, il conduisit le corps au sépulcre qu'on lui avait disposé1. »

Le blason d'Anne de Murviel était : Êcartelë, aux premier et quatrième d'azur , au château fort d'argent maçonné de sable ; aux second et troisième d'azur, au croissant renversé (F argent 2.

1 Pétrin, p. 568. Pour compléter ces renseignements sur la fin au vénérable de Murviel, nous rapporterons la citation suivante, extraite d'une note manuscrite des archives de l'Érèehé.t Illust. et Révérend, en Nostre*8eigaeur, Messire Anne de Murviel, ôvéque et seigneur de Montauban, est décédé le 8 septembre 1652, entre 3 et 4 heures du matin, après atolr été muni des Sacrements de l'Église, âgé d'environ huilante douze à*$ et (tètni, et a flMô ense vely dans le pfêibfter de l'église paroissiale Saint-Jacques de Montauban, du costé de l'Évangile au grand autel. Les honneurs lui ont été faits, officiant Mgr l'Illust. Pierre de Bertier, depuis longtemps son coadjuleur, et y ont assisté tous les Ordres de la ville, le 11 dndit mois et an que dessus. »

9 Quelques héraldisles disent que le château porté dans ses.armes est sommé de troit tours donjùnnéet et girouettées. — Certains ouvrages, publiés avec son scetni, portent ce genre d'armoiries, comme, par exemple, le Peculi&re diœcesis.

88 histoire ds l'église db montacban.

NOTICE EXTRAITE DU GALLIA CHRISTIANA

ANNAS DE MURVIEL.

Ex antiqua baronum de Maro-veteri prope Biteras ortus Annas de Murviel, per cessionem Henrici consobrini designatur antistes anno 1595 a duce Meduanae tune a fœderatis, ut vocabant, electo coronae Gallican praefecto gênerai i. Annae quidem contradixit Henrieus IV rex, qui marescalli de Matignon filium dictum Thorigny nominavit: at eu m paulo post Meduanius in gratiam régis rediisset, episcopatum Annas servavit.

Annas itaque bullis donalus xvii cal. decemb. anni 1600 a Clémente VIII, pontificatus 9, ea lege ut fidei sacramentum preestaret ipsi pontifici et régi.

Inunctus est apud Muruni-veterem 15 augusti 1601, sedisque possessionem anno eodem adeptus est.

Sub ejus episcopatu Montalbanensis ecclesia ob bella civilia plurima passa est incommoda: cum enim catholica religio ab anno 1561 ab urbe exulasset, ter sub Anna restituitur, et primum quidem anno 1600, 20 augusti ; secundo eadem die anno 1623 per Petrum Seguier dominum d'Autruy (lege d'Auty), libellorum supplicum magistrum ac sacri consistorii comitem et poslea Francise cancellarium, cujus auctoritate ecclesiastici pulsi in urbem revocantur, divinaque officia in ecclesia S. Jacobi, destructo S. Ludovici templo, celebrata sunt: sed potissimum anno 1629, quo Montalbanum in potestatem régis fuit redactum, Annasque, qui hactenus in oppido de Montech remanere coactus fuerat, sedem suam in civitatem ipsam transtulit. Eodem quippe anno Johannes-Armandus du Plessis, cardinalis de Richelieu, civitatem ingressus die ipsa quoque 20 augusti catholicam religionem a multis annis profligatam erexit, et sequenti die, assistentibus archiepiscopis Tolosano et Burdegalensi, neenon antistitibus Montalbanensi, Albiensi, Rivensi, Valentinensi, Cadurcensi, Mimatensi, Vaurensi et Appamiensi, cum duce Monmorenciaco etBassompetra equitum tribunis, multisquc aliis proceribus n obi li busqué viris, miss»

sacrificium solemniter celebravit in basilica S. Jacobi, qua tnrpiter a novatoribus deformata, tecto nudata, turrique dnntaxat et maris résidais postmodam restaurata Tuit in eam modam qai hodie visiter1, et in cathedralem ab Anna erecta. Hojus aatem in perpetaam memoriam beneficii singulis annis dicta die 20 augusti pablica fit sapplicatio ab omnibus urbis ordinibus, in qua solemnes Deo aguntar gratis2. Tune societatis Jesu Patres et Capucini introdocti in urbem fuere, ut missione generali plebem ad cultam Dei excitarent : ducis vero Espernonii liberalitate postea iidem Capucini ad Tarnem fluviam cœnobium construxere 3.

An. 4631 justitiœ praefectus, cui executio regiorum edictorum pacis in Aquitania demandata fuerat, ecclesiasticis bena et jura res-» tituit.

Postea an. 1632 Franciscani antiquo repetito novum n&onasterium condidere; moniales S. Clara desertum cœnobium eodem tempore repetunt, Carmélite Patres seqaenti anno, ac monialea Carmélite 1635, UrsulinaB vero 1639 in urbem admittuntur.

Quod spectat ad civilem gubernationem, Election is societas, ut vocant, statuitur 4634, Praesidialîs sedes 4632, et Queestorum conventus 1635. Intérim cum jura episcopatus per tôt incendia bellorum dissipata investigasset Annas, senatus Tolosani consul to anni 4633, 12 septemb. média parte jurisdictionis et feudi potier in urbe, rege aliam obtinente. Eodem anno abbatiam S. Jacobi Biterrensis qua furebatur nepoti cessit, pensione retenta.

Anno 1634, a cardinale Richelio in partem sollicitudims pastoralis, alterum vocare quasi coactus successorem simul et adjutorem acceperat 27 augusti Petrum de Bertier. Tandem octogenario, major quippe annos natus 84, episcoporum Franciae decanus obiit Montalbanensi 8 septemb. 4652, et a suceessore solemni pompa sepultus est in sanctuario ecclesiae S. Jacobi ad latus evangelii.

* La suite de nos récita montrera -les diverses restaurations qui ont été faites à cette église, depuis l'époque où écrivaient les Bénédictins du Gallia.

1 Cette procession fut célébrée jusqu'à la grande Révolution française. Elle est signalée dans le Processionnel du diocèse.

1 Sur remplacement occupé maintenant par le Grand-Séminaire.

APPENDICE

Bulla démentis papae VIII.

Clemens episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio Annse electo Montis-Albani salutem et apostolicam benedictionem.

Cum nos pridem Ecelesiae Montis-Albani certo tune expresso modo pastoris solatio destitutœ de persona tua vobis et fratribus nostris, ob tuorum exigentiam meritorum accepta de eorumdein fratrum consilio f... nos ad ea quae ad tua commoditatis augmentum cedere valeant favorabiliter intendentes, tuis in hac parte supplicationibus inclinati9 tibi qui clérical i charactere duntaxat insignitus existis, ut a quoeumque malueris catbolico antistite gratiam et commun ionera apostolicae sedis habente extra Romanam curiam résidente, ad omnes et sacros et presbyteratus ordines, tribus dominicis vel aliis festivis diebus, et extra tempora a jure statuta, ac interstitiis a concilio Tridentino designitatis minime servatis, promoveri, neenon ab eodem vel alio etiam catholico antistite similes gratiam et communionem habente, ac extra dictam curiam résidente, accitis, et in hoc sibi assistentibus duobus vel tribus aliis catholicis episcopis pares gratiam et communionem habentibus, munus consecrationis recipere valeas, ac eidem antistiti, ut te ad dictos ordines promovere, neenon recepto prius per eum a te nostro et Romanœ Ecclesiae nomine fidelitatis débitas solito juramento juxta formam pnesentibus annotatam, munus prsedictum tibi impedere auctoritate nostra licite possit, plenam et liberam tenore praesentium concedimus facultatem. Volumus autem et praedicta statuimus auctoritate, atque decernimus, qaod si non recepto a te per ipsum antistitem dicto juramento, idem antistes munus ipsum tibi impendere, et tu illud suscipere prasumpseritis, dictus antistes a pontificalis officii exercitio, ac tam ipse quam tu ab administratione tam spiritualium ac temporalium ecclesiarum ves-

• Nous supprimons les formules qui sonl à peu près uniforme? ilan3 les bulles, cl que nous avons reproduites dans les précédentes.

trarum suspensi sitis eo ipso, ac etiam volumus quam formara juramenti hujus modi a te tune praestili nobis de verbo ad verbum per tuas patentes litteras tuo sigillo munitas, per proprium nuncium quantocius destinare procures, quodque per hoc venerabili fratri nostro archiepiscopo Tolosano, cui dicta ecclesia metropolitico jure subesse dignoscitur, nullum in posterum prejudicium generetur. Forma autem juramenti hugusmodi taie est. Ego Annas electus Montis-Albani ab hac hora in antea fidelis et obediens ero beato Petro sanctaeque apostolicœ Romanae Ecclesiae, ac domino nostro domino démenti papae octavo, suisque successoribus canonice intrantibus, non ero in consilio, aat consensu vel facto ut vitam perdant aut membrum, seu capiantur, aut in eos violenter manus quomodolibet ingerentur, vel injurias aliquae inferantur quovisquaesito colore; consilium vero quod mihi credituri sunt per se, aut nuncios seu litteras ad eorum damnum me sciente nemini pandam. Papatum Romanum et regalia S. Pelri adjutor eis ero ad retinendum et defendendum contra omnem hominem. Legatum apostolicae sedis in eundo et redeundo honorifice tractabo, et in suis necessitatibus adjuvabo, jura, honores, privilégia et auctoritate Roman» Ecclesiae et domini nostri papae, ac successorum praedictorum conservare, defendere, augere et promovere curabo; nec ero in consilio, facto vel tractatu in quibus contra ipsum dominum nostrum vel eamdem Romanam Ecclesiam, aliqua sinistra vel praejudicialia personœ, juris, honoris, status et potestatis eorum machinentur, et si talia a quibuscumque procurari noyero vel tractari, impediam hoc pro posse, et quantocius potero commode significabo eidem domino nostro, vel alteri per quem ad ipsius notitiam poterit pervenire. Régulas sanctorum Patrum, décréta, ordinationes, sententias, dispositiones, reservationes, provisiones et mandata apostolica totis viribus observabo, et faciam ab aliis observa ri. Haereticos, schismaticos et rebelles domino nostro et successoribus pnedictis pro posse persequar et impugnabo. Vocatus ad synodum veniam, nisi praBpeditus fuero canonica praepeditione. Apostolorum limina singulis quadriennis personaliter ac per me ipsum visitabo, et domino nostro ac successoribus praedictis ratio nem reddam de toto meo pastorali officio, deque rébus omnibus ad meae ecclesiae statum, ad cleri et populi disciplinant animarum denique quae meaô fidei creditae sunt salutem quovis modo pertinentifeus,

et vicissita mandata apoW&lica pftedicta humilité? recipiam et qttm diligefttfssime exequar. Quod si legitimo impedimento deteattts ftiero, praedicta omnia adimplebo per cerlum nuncium ad hoc spéciale mandatum habentem de gremio mei capital! , oui alium in dignitate ecclesiastica constitutum, seu alias personatuto habentem, ant his mihi deficientibus per diœcesanum sacerdotem, et clero déficiente omnino per aliquem aliam presbyterum secularem vel regtilarem spectatae probitatis et religionis de supradictis omnibus bene inétrtictuta. Dé httjusmodi autem impedimento docebo per légitimas ph)bationes ad sanctae Roman» Ecclesiae diaconum cardinalem ordifle priorem per supradictum numerum transmittendas. Possessioûes vero ad mensam meam pertinentes non vendam, neque donabo, neque impignorabo, neque de novo infeudabo, vel aliquo modo alienabo etiam cnm consensu capituli ecclesiae meœ, inconsulto Romano pontifice, et si ad aliquatn alienatiotoem devenero, pœnas in quadam saper edicta constitulione contentas eo ipso incurrere volo. Sic me ftétis àdjuvet, et haec sa&cta Dei evangelia. Dat&m Rom», apnd S. Petrum, anno Incarnations Dominiez millesimo sexcentesii» xvi° Kalendas decembris, pontificatas nostri anno nono.

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NOTE BIBLIOGRAPHiaUE.

Sôus l'épiscopat de Mgr de Murviel furent imprimé», entre autres ouvrages ecclésiastiques :

\9 Officium peculiare et Proprium festorum Ecclesiz et Diœcesis Monlù-Albàni. — Montis^Albani, sans date (vers 1640), 2 part. in-8°.

2° Instructions chrétiennes et théologiques, où toute te doctrine de l'Eucharistie est en peu de mots clairement expliquée. — Par Tordre de Messire Anne de Murviel, évesque de Montauban. — Montauban, 1646, petit in-8\

3* Indutgences et Statuts de l Archiconfrérie du 7\-S. Sacrement de VAutel, érigée dans le diocèse de Montauban. — Par ordre de Messire Anne de Murviel, évesque de Montauban. — Montauban, 1646, petit in-8\

L'évéché fit aussi imprimer plusieurs fois un Catécfiisme, qui fut distribué aux nouveaux convertis, ainsi que le prouvent les livres de Comptes, par les paiements faits aux imprimeurs de Montauban.

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