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TROISIÈME PÉRIODE

Dl L'ÉTABLISSEMENT DU PROTESTANTISME A LA SUPPRESSION IW DIOCÈSE.

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Sous le souffle du despotisme qui pousse les nouveaux sec- \, taires, la persécution se déchaîne avec toutes ses atrocités. Des

huit pontifes qui administreront durant ces luttes religieuses, le premier tombe frappé d'une balle dans une embuscade. Le siège épiscopal reste vacant pendant dix ans; les deux évêques qui successivement reprennent le pouvoir et le gardent quatrevingts ans, sont pendus en effigie. Chassés de leur chaire, ils ||^ sont forcés d'aller demander asile aux paroisses rurales. Les

|j Chapitres dispersés vont se réfugier à Montech, à Castelsarra-

f* sin, à Beaumont, à Villemur et jusqu'à Toulouse.

'f Entre temps, les protestants ont beau jeu ; et pour mieux

opérer ce qu'on est convenu d'appeler la Réforme (dérision des ,' mots !) ils pillent, profanent et renversent les églises. Absolu-

~: ment maîtres de Montauban durant soixante-dix ans, ils

*]m pourront baptiser cette cité du nom de « Genève française. »

i Saint-Antonin, Caussade, Réalville, Albias, Nègrepelisse leur

ouvrent les portes avec plus d'empressement; l'hérésie y jette de profondes racines. Les désastres y seront aussi plus terribles. Bientôt les luttes s'enveniment; nos ennemis en arrivent aux t. plus horribles férocités. Ils massacrent, égorgent, incendient.

:,;-' Les édifices religieux leur servent de citadelles, ou sont détruits

et rasés en partie. La fin du XVIe siècle n'aura pas encore sonné, et on ne trouvera debout, sur toute l'étendue du diocèse, & que les cinq églises de Villemur, Castelsarrasin, Montech, Esca-

| talens et Saint-Porquier, c toutes les autres ayant esté bruslées

et mises en friche !. * Les reliques sont jetées au vent ; les

i*\ châsses et les vases sacrés vendus pour parer aux frais de

C guerre ; les cloches et jusqu'aux ferrures et grillages des églises

£-y * changés en engins destructeurs ; çà et là, prêtres et religieux

t£ sont livrés à d'ignobles injures, quand ils peuvent échapper à

fc la mort.

1 Instruction* données, le £6 avril, par Vévéque de Montauban, aux évéques île Lavaur et de Mirepcix, députés par la province de Toulouse à V Assemblée du clergé de France, en 1573. (Archives communales de Montauban, pièce non classée.)

TROISIÈME PÉRIODE. — COUP d'ŒIL GÉNÉRAL. 3

Nos abbayes excitent surtout la haine et la cupidité des sectaires. A Belleperche les moines sont jetés dans la Garonne, et le monastère ruiné de fond en comble. Grandselve et Moissac perdent la plupart de leurs possessions. Le Mas-Grenier, saccagé et brûlé, voit ses religieux obligés de se cacher dans Verdun. La Garde-Dieu livré au pillage ne se relèvera plus de ses ruines. De Saint-Marcel il ne restera pas pierre sur pierre. Beaulieu dévasté, est réduit à la plus extrême misère.

Une ère de réparation et de prospérité se lève cependant avec Henri IV. Richelieu vient rouvrir nos temples saints et rétablit le culte catholique. De temps à autre, malgré les traités et d'apparentes soumissions, les huguenots se réveillent pour courir aux armes et donner de nouveaux assauts. Mais le catholicisme, grâce a sa sève divine, prend le dessus : les ordres religieux se multiplient et luttent corps à corps avec l'hérésie, qu'ils attaquent par le triple apostolat de l'enseignement, de la prédication et des œuvres de charité. Aux anciens ordres, rentrés • presque partout en possession de leurs premiers asiles, se joignent les enfants de saint Ignace et de saint » Vincent-de-Paul.

Cent ans ils travailleront, sous la direction de nos évoques, à la prospérité de la religion, de la France et de notre Église ; mais leurs prières et leurs œuvres ne pourront arrêter le mouvement qui entraîne vers un bouleversement général hommes et institutions. La Révolution, couvée par le Protestantisme, va éclore. Elle nous vaudra la suppression du diocèse et la gloire du martyre à Mgr Le Tonnelier de Breteuil, mort pour la foi dans les prisons de Rouen.

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