HENRY
IDE ITESMOND.
Sommaire. — l. Nomination du nouvel évoque; ajournement des bulles. — 2. M,u de Boissy et les Écoles chrétiennes à Gaussade. — 3. Triste situation dans laquelle se trouve cette communauté. — 4. Services qu'elle rend à la paroisse de Gaussade. — 5. Fondation d'Écoles chrétiennes à Moissac, Lauzerte et Molières. — 6. Une montalbanaise compagne de M11' de Boissy. — 7. Visite du diocèse et inventaire de l'argenterie. — 8. Nouvelles espérances des protestants. — 9. Famille et origine de notre évéque.
— 10. Ses titres et qualités. — 11. Construction de la nouvelle cathédrale.
— 12. Discours de Nesmond aux Assemblées des États de Languedoc; ses harangues au roi. — 13. Lettre pastorale aux nouveaux catholiques» — 14. Nouvelles Ordonnances pour le chapitre. — 15. Visite pastorale du chapitre et Ordonnance épiscopale. — 16. La fondation charitable de Turenne à Nègrepolisse. — 17. Fondation de trois bourses par le marquis de Grillon. — 18. Agitations et préoccupations nouvelles. — 19. Talents et mérites de Nesmond récompensés. — 20. Sa mort et son éloge funèbre
— 21. Appréciations des contemporains; armes de famille.
1. En transférant Jean -Baptiste-Michel de Colbert à la chaire métropolitaine de Toulouse, Louis XIV choisit pour Montauban un ecclésiastique dont les talents et les succès oratoires, bien connus dans l'Église de France, venaient surtout de se révéler durant les stations de TA vent et du Carême données a la Cour. C'était Henry de Nesmond, abbé de Saint-Pierre de Chézy, au diocèse deSoissons *. Comme son prédécesseur, Févéque nommé
* Cette coramende lui fui conférée le '26 mai 1682. Chézy, abbaye bénédictine, de fondation antérieure au VII* siècle.
dut attendre cinq ans les bulles d'institution canonique. Elu par le roi le jour même où Colbert était promu au siège archiépiscopal (15 août 1687 !), de Nesmond ne fut confirmé par le pape Innocent XII que le 13 octobre de Tannée 1692. Vainement Innocent XI et Alexandre VIII avaient tenté des négociations avec la cour de France au sujet de la Déclaration de 1682; vainement ils avaient patienté et suspendu les foudres contre le Gallicanisme, dont Louis XIV croyait tirer les plus grands avantages pour sa couronne et sa puissance. Les fameux articles étaient passés comme loi de l'État ; la Régale, première cause de la querelle, causait toujours de trop regrettables divisions et de plus dangereux abus. Par sa bulle Mer multipliées, le pape Alexandre condamna et le droit de Régale et la Déclaration ; cet acte de fermeté préparait le retour et la rétractation d'un monarque, que les revers vont tout à l'heure jeter aux pieds d'Innocent XII (14 septembre 1693).
2. Tandis que ces différends entre le Saint-Siège et la Cour tenaient notre évêque éloigné de son diocèse, sans consécration et sans juridiction spirituelle, Dieu permit que soutenus par le zèle du chapitre et des vicaires-généraux, les catholiques n'eussent pas trop à souffrir. Le bien même qui s'opérait depuis les innombrables conversions, soit dans la ville épiscopale, soit à travers le diocèse, trouvait facilement à se développer et était secondé par des moyens vraiment providentiels. Ainsi, à celte heure, parut comme une vraie Providence M,le Françoise de Boissy. Elle allait donner aux petites villes et aux paroisses environnantes les bienfaits de l'instruction et de l'éducation chrétiennes que, grâce aux Dames de l'Enfant Jésus et aux religieuses Ursulines *, les enfants recevaient déjà dans Montauban. Née à Montpezat de Quercy le 22 septembre 1641, cette vertueuse jeune fille, compagne de la marquise de Mirepoix, vint, à l'âge
» Voir sur cette date ce que nous avons dit ci-avant, biographie de Colbert, f fil. Au sujet de ces maisons d'éducation, Cf. ci-avant, p. 31-3?.
de 26 ans, fonder à Cahors les Écoles chrétiennes .«,En quelques années le Quercy se ressentit de l'heureuse influence qu'exerçait sur les populations l'œuvre de cette pieuse institutrice. Les villes et les campagnes réclamaient à grands cris des maîtresses de cet institut, trop peu nombreuses pour suffire à toutes les demandes, c Monsieur le Jay ', écfit le biographe 2, étoit si convaincu du grand bien que faisaient les Demoiselles formées par une si sage supérieure, qu'il auroit voulu en envoyer dans tout son diocèse. Il commença par Caussade (1688), petite ville située dans un des plus beaux cantons du Quercy. Les habitans y sont laborieux et industrieux. Le voisinage de Montauban, qui n'en est qu'à trois lieues, les avoit presque tous infectez de l'hérésie de Calvin. Mais le Seigneur leur donna un pasteur sage et zélé3, qui comprit que pour exterminer l'hérésie de la paroisse il falloit penser à garantir les en fans de la contagion, plutôt qu'à convertir leurs parens obstinez. Il demanda, pour les filles, des Maîtresses tirées des Écoles chrétiennes de Cahors. Mr. l'Evêque, qui avoit déjà eu la pensée de donner ce secours à Caussade, pria M. de B. 4 de s'y rendre lorsqu'il en feroit la visite. Elle y trouva Mr. l'Intendant 5, qui lui dit en la voyant : Je suis ici, Mademoiselle, pour autoriser de la part du Roy les Écoles que vous voulez y établir. Choisissez dans toute la ville la maison qui vous conviendra le mieux pour vos fonctions ; elle vous sera donnée. M. de B. lui témoigna qu'elle auroit beaucoup de peine d'en faire au moindre habitant. Votre mérite personnel, répliqua l'intendant, et l'utilité de votre Institut, demandent que
« Évéquede Cahors, successeur de Mgr de Nasilles, 1680-1693.
3 La Vie et les Lettres de MwlmoUvlle Françoise de BoUsy, première supérieure des Écoles chrétiennes du diocèse de Cahors, décédée à Cahors le 17 mars 1724, in-12, s. 1. n. d. ( tel ouvrage, devenu fort rare, dédié à ■ Monseigneur Henri Tle Brfqueville de la Luzerne, évoque, baron et comte de Cahors, par "", fut imprimé à Cahors de 1725 à 1730. »
» M. l'abbé Foulquier.
* Lisez : Mademoiselle de Boissy. — M. — Môme ahréviation pour désigner ses compagnes,
* A la tête de notre intendance était alors le Gôuxdë la Berchère, frère de l'archevêque de Narbonne.
l'on ait ces égards pour vous. J'aurai soin de bien, placer ceux qui vous céderont leur maison. Je ne partirai point qu'elle ne soit choisie. Le curé eu désigna une d'emprunt, qu'il acheta dans la suite *. Mais il représenta que les besoins d'une grande paroisse ne lui permettoient pas de faire tout ce que méritoient les Demoiselles, qui travailleraient à la sanctifier, et qu'il conviendrait que le pais leur donnât au moins cent cinquante livres pour une partie de leur subsistance. L'Intendant fit sur le champ imposer cette somme, Quoyque l'imposition fût peu considérable., elle fit beaucoup de peine à M. de Boissy, qui auroit voulu servir le public sans lui être à charge.
5. t Après qu'elle eut jette les premiers fondemens de cet établissement, elle revint à Cahors, et laissa le soin de ces nouvelles écoles à M. Perrieres et à M. Ducleaux, sa nièce. Ces Demoiselles eurent d'abord grand nombre d'écolières, et outre les fonctions ordinaires attachées à leurs classes, deux fois la semaine elles assemblaient les femmes pour les instruire sur la Religion. Maison répondoit très-mal à leurs soins; l'indocilité des enfans, l'exemple et l'obstination des parens rendoient toute instruction presque inutile. » Les zélées maîtresses se plaignirent souvent à leur fondatrice de la difficulté de faire le bien. Celleci les soutenait dans leur découragement, par des lettres qui révèlent une intelligence supérieure, et des vertus et une sainteté vraiment héroïque. Elle écrivait à M,le de Perrieres... t Je ne doute pas que les gens de ce païs-là ne soient peu disposez à profiter de vos soins; l'erreur aveugle l'esprit et corrompt les mœurs ; il leur faut un médecin tel que notre divin Sauveur. Quoi qu'il arrive, ne vous lassez point, ne vous découragez pas ; Dieu demande que vous semiez, que vous plantiez, que vous arrosiez : c'est à lui seul à donner l'accroissement. 0! ma chère fille, que la culture des âmes est un grand ouvrage ; il est par tous les endroits au-dessus de uos forces... » Et après avoir
* C'est actuel lemenl la maison occupée en partie par M. (iroc, notaire, et traversant dans la rue VermeïUe.
donné a cette compagne des conseils qu'on croirait partis du cœur d'une Françoise de Chantai, elle ajoute : c Je suis vivement touchée de ce que vous me mandez sur les nouveaux convertis. Nous ne manquerons pas de prier et de faire prier pour eux ; sans doute qu'on les obligera à mieux faire leur devoir; et il y aura beaucoup plus à espérer des enfans, quand les parens ne détruiront pas ce que vous avez édifié... J'ai bien toujours crû qu'il y auroit chez vous du travail pour quatre Demoiselles; mais je souhaiterois qu'on ne fît pas d'imposition pour l'entretien ; quoique cette nouvelle charge fût peu considérable, elle pourroit avoir de mauvais effets ; cependant nous vous envoyons du linge, qui nous seroit ici nécessaire ; mais nous ne sommes pas en état d'en acheter : vous nous le rendrez quand Dieu y aura pourvu d'ailleurs. » Elle leur disait dans une autre lettre : « Je souffre lorsque je pense que vos pensions ne sont point payées ; connoissant votre discrétion et votre timidité, je crains que bien souvent vous n'ayez pas le nécessaire. Vous n'osez point le demander et vous ne voulez pas que j'en parle à Mr. le Curé. Mais plutôt que de vous laisser en souffrance, j'emprunterois, si je ne pouvois pas autrement vous soulager. »
4. Ces dignes filles de Mademoiselle de Boissy s'effrayaient peu de l'indigence, remarque le biographe ; « elles n'étoient gueres sensibles qu'à l'obstination de ce peuple aveugle. Cependant leur zèle, animé par les fréquents avis de leur Mère, ne se ralentissoit pas. Mr. Foulquier les trouvoit toujours prêtes pour toutes les bonnes œuvres, où il vouloit les employer ; elles se chargeoient d'instruire en particulier, sur la Religion, toutes les filles qui vouloient recevoir le Sacrement de mariage. Elles eurent beaucoup de part à l'établissement de la Confrérie des Dames de la Miséricorde, qui subsiste encore dans Caussade. Leurs exemples inspirèrent tant de respect pour le Saint-Sacrement, que les hommes et les femmes, l'artisan et le laboureur quittaient leur travail pour suivre le saint Viatique qu'on portoit aux malades. Me. Ducleaux l'accompagnait durant les plus grandes
rigueurs de l'Hyver ; quelquefois elle alloit jusqu'à demi lieue dans la campagne, couverte de neige. La piété et le zèle de cette Demoiselle et des autres, qui vinrent après elle, charmèrent si fort le saint curé, qu'il les institua ses héritières ; ne croyant pas pouvoir donner à son Troupeau une plus grande marque d'affection, et rendre à Dieu un meilleur compte de son bien, que de le destiner à entretenir perpétuellement cinq Maîtresses pour les écoles de Caussade, qui honorent ce saint prêtre comme leur Fondateur l. >
5. Si Dieu visitait par l'épreuve la pieuse fondation de Mademoiselle de Bôissy, il savait aussi faire surgir des âmes généreuses qui aidaient à l'extension de son œuvre et à la propagation du catholicisme dans nos contrées. Peu de temps après l'installatiou définitive des établissements de Caussade, « Mr. Oziel, curé de Boulbé, natif de Moissac, fut inspiré de fonder dans sa patrie une école de filles. Mr. l'Evêque approuva ce dessein, et M. de Boissy, pour l'exécuter promptement, se transporta sur les lieux, par un temps très-rude. Elle eut bientôt fait les premiers arrangemens, pour ouvrir les nouvelles classes dans une maison qui étoit déjà occupée par deux Demoiselles, que M. Oziel y avoit placées, dans l'espérance qu'elles embrasseroient l'Institut de M. de B. Il n'y en eut qu'une des deux qu'elle y jugea propre. L'autre fut priée de se retirer. Après quoy Me. de Montaudier * fut chargée du soin de cette communauté naissante. Personne n'étoit plus capable de s'attirer lé respect des gens de bien; le peuple l'appeloit communément la sainte Demoiselle... La maison étoit dépourvue de tout: au commencemennt on s'y servoit des meubles que les deux premières Demoiselles y avoient apportez ; mais celle qui s'étoit retirée reprit tout ce qui lui appartenoit, et emporta le plus nécessaire. Le saint Fondateur ne pensoit qu'à faire desépar-
* Cf. La Vie citée ci-avant, p. 9\ 100.
' Sœur d'un célèbre avocat du Parlement de Toulouse.
gnes pour rendre sa fondation plus considérable. On sollicitent souvent Mademoiselle de Montaudier de lui faire connoître ses besoins. Mais la sainte fille, charmée de participer à la pauvreté de Jésus-Christ, répondit d'un air doux et gracieux, qu'elle n'avoit qu'a faire un tour de son jardin, pour se consoler de tout. Ce jardin étoit la représentation de l'histoire de la Passion, dont elle avoit orné son Oratoire. Elle se mettoit à genoux devant ces saintes images, et le souvenir des souffrances du Sauveur adoucissoit toutes ses peines. L'indigence ne fut pas la plus grande. Le Fondateur étoit à la vérité un saint homme, toujours uni à Dieu, mais trop sévère et singulier dans ses idées. Il vouloit que, les Ecolières n'eussent pas de jour de congé ; et il exigeoit des Maîtresses, des pratiques de dévotion tout-à-fait extraordinaires. À peine vouloit-il écouter Me. de Montaudier, qui le conjuroit. de la part de M. de B., de permettre que dans l'école de Moissac on gardât le bel ordre qui s'observoit avec succès dans celle de Cahors. Elle ne pouvoit lui faire comprendre qu'il convenoit que toutes les Maîtresses d'une même Congrégation eussent partout le même esprit ; mais le saint homme avoit peine à croire que des filles raisonnassent mieux que lui. Quelquefois il renvoyoitMe. de Montaudier avec des paroles brusques et humiliantes. Cependant il ne laissoit pas d'admirer sa patience, sa douceur et son humilité ; partout il faisoit son éloge. En mourant il laissa tout son bien aux Écoles chrétiennes de Moissac, où huit Demoiselles sont employées à élever les jeunes filles de la ville et de toute la contrée1. » Lauzerte et Molières eurent aussi bientôt leurs écoles chrétiennes; vu la pénurie de sujets, la digne Mère dut à grand regret borner ses fondations au diocèse de Cahors.
6. De toute part on lui adressait des demandes; et pour pouvoir suffire aux maisons déjà établies, il fallut accepter des
* Cf. La Vie déjà citée, p. 124, 126. — Cette communauté continua seâ soins aux jeunes personnes jusqu'aux jours de la grande Révolution.
jeunes personnes de bonne famille qui, sans faire profession dans l'institut, offraient leurs services et leur dévouement pour l'éducation de la jeunesse. « Tandis que la Congrégation de M. de B. s'étendait aussi dans le haut et le bas Quercy, la Providence tiroit des ténèbres même de l'hérésie, des sujets propres à remplir l'engagement qu'elle prenoit avec le public. Une Demoiselle de Montauban, née de parens obstinez dans l'erreur, fut par ordre du Roy tirée d'entre leurs mains et mise aux Pensionnaires des Écoles chrétiennes de Cahors, où elle prit de si grands sentimens de piété, qu'elle demanda avec ferveur d'être aggrégée à la Communauté; mais sa famille s'y opposa fortement, et engagea l'Intendant de la province d'ordonner à cette fille de quitter Cahors, pour aller dans un couvent de Montauban. L'ordre consterne la fervente Pensionnaire; elle va conjurer M. de B. d'écrire incessamment pour le faire révoquer : sa lettre fut pleine de respect et de religion ; mais la réponse de l'Intendant ne fut qu'un nouvel ordre, encore plus pressant que le premier. » La Mère de Boissy l'exhorta de son mieux à obtempérer à cet ordre ; et quand la novice fut entrée dans le couvent de Montauban, elle l'encouragea par une correspondance qui respire les plus doux parfums de piété et les sentiments de la plus courageuse soumission à la volonté divine. Au milieu des sages conseils qu'elle lui donne, on voit toutes les difficultés que suscitaient les parents hérétiques pour éloigner leur fille de la vocation religieuse, t II est vrai,, écrivait la sainte fondatrice, que M. l'Intendant a dit plusieurs fois que vous n'étiez point instruite, et qu'il vous envoyeroit le Père Vidal, jésuite, pour vous instruire. J'ai crû qu'il ne le disoit que sur le rapport qu'on lui a fait. Je ne dois pas m'étonner qu'il vous croye incapable d'instruire une nouvelle convertie ; mais apparamment qu'il ne sçait point que vous ayez été instruite et dirigée par les Messieurs de la Mission, dont il connoit le zèle et la capacité... Je n'ai pas l'honneur de connaître les Dames auprès desquelles vous êtes : je ne doute pas de
leur vertu ; et j'en ai ouï parler avec estime ; elles travaillent comme nous à l'instruction de la jeunesse: peut-être est-ce pour cela qu'on a crû que vous pourriez vous tourner de leur côté. » Soumise à une longue épreuve, c Mr. l'Intendant, après l'avoir vue et interrogée, ne balança pas à lui laisser la liberté de suivre sa vocation x. > La jeune fille retourna dans la communauté. Dieu accorda à cette infatigable fondatrice de vivre quatre vingt-deux ans ; elle mourut le 17 mars de l'année 1724, vénérée comme une sainte*. Aussi est-ce avec raison qu'un illustre évêque, qui fut grand-vicaire de notre diocèse, a écrit les lignes suivantes : « Mademoiselle Françoise de Boissy était une sainte. C'était une de ces âmes que Dieu donne à la terre dans sa miséricorde, et qui devraient vivre toujours pour le bonheur des autres, si elles ne méritaient bientôt d'être récompensées dans lé ciel. Que sa Vie serve de modèle à ceux qui la liront, qu'elle soit une bénédiction pour ses parents 3. »
7, Entre temps Henry de Nesmond donnait ses soins au diocèse par ses vicaires-généraux et par lui-même. Quoique ne remplissant pas encore les fonctions épiscopales, car il n'avait pas reçu la consécration, il fit dès les premiers mois de Tannée 1689 la visite de toutes ses églises 4. De leur côté les adminis-
« Cf-, La Vie, p. 126, 132.
* Les habitants de Cahors allèrent souvent prier sur la tombe de cette sainte fille et invoquer sa protection. A l'époque de la Terreur le cimetière des Mirepoises fut profané. Alors fut trouvé le cadavre intact de M11* de Boissy, dont on pouvait distinguer tous les traits, comme si elle était morte depuis peu de temps. Par les soins de Guillaume Lacoste, auteur d'une Histoire inédite du Querci (fin du tome VI), ses restes mortels furent sauves et ensevelis « dans le parvis de Saint-Barthôlemy, • où ils reposent sous une grande pierre. — L'ouvrage de Lacoste est présentement en cours de publication
8 Écrit de la main de Mgr Mabile (P. évéque élu de Saint-Claude), le 4 novembre 1851, en tôle de l'exemplaire de La Vie de M11* de Boissy, appartenante M. Paul Bessey do Boissy, de Bioule.
4 Nos Archives départementales fournissent en effet ce témoignage par une quittance autographe ainsi libellée: « Pour la somme de trois mille livres reçeùe de Monsieur Dupuy, receveur des décimes du diocèse de Montauban, laquelle somme m'a esté accordée par le clergé dudit diocèse, pour me redimer de la visite des églises d'iceluy, dont quittance. A Montauban, ce vingt-un avril mil six cens quatre et vingt neuf. H. de Nesmond, E. N. de Mohtavbàw. » (Série G, 115.)