TROISIÈME PÉRIODE. — F.-J. D* HA USSON VILLE
ment. On y lit : « Par extrait des Registres de Sépultures de l'Église roialle et paroissialk de Saint Paul à Paris pour l'année 17Z6, délivré le 2 janvier i775 par le sr* Thémery, vicaire de lad. paroisse, Apert que le 17 avril i756 est décédé le R. Père en Dieu M" François d'Haussonville, comte de Vaubecourtj ancien évêque de Montauban, abbé de l'abbaïe rotalle]de Saint Martin dAynay de Lion, âgé de soixante-dixneuf ans trois mois *, et qu'il a esté inhumé le diyyaeuf dud. mois d'avril 2. » Sa dépouille mortelle fut ensevelie dans l'église Saint-Paul, sa paroisse5. Sentant sa fin approcher, ce vertueux, prélat avait distribué 10,000 livres en argent à ses serviteurs, et laissé en outre aux principaux d'entre eux et par forme de tontine le revenu d'un contrat de rente de 700 livres du total, duquel le dernier survivant d'entre eux devait jouir sa vie durant. Il fit encore quelques autres legs par son testament, et il nomma pour exécuteur de ses dernières volontés Anne-Jacques de la Croix, archidiacre de l'Église de Paris 4.
20. A défaut de l'éloge funèbre, qui ne nous, est point parvenu nous rapporterons les quelques lignes qui lui sont consacrées en tête de l'ancien Rituel du diocèse, parmi les brèves notices biographiques de nos évoques. « Il avait des manières pleines de noblesse et de grandeur, qu'il tempéroit à propos par Ston affabilité et par sa douceur ; il se fit bien plus respecter que craindre, et n'usa de son crédit que pour obliger. Lorsqu'il résidait dans son diocèse, d'où l'éloignaient souvent la tenue des États de Languedoc et ses voyages à Paris pour des affaires de famille, on le voyoit tous les jours de samedi avec le principal curé de Montauban, aller visiter les malades
1 Ils a ici erreur, Né la 24 avril 1659, comme il oonftte des actes de l'état civil et religieux de Choiseul, actes ci-avant signalés, François-Joseph n'avait donc que soixanto-dU-sept ans moins sept jours.
9 Archives départementales, série 6, liasse 87, pièce 38.
• Il demeurait alors place Royale.
* Mercure de France, mai 1736, p. 1030-1032.
80 HISTOIBK DK L*ÉGLISE DB MONTIOBAN.
de la ville et des faubourgs, et leur distribuer des aumônes et des secours proportionnés à leur état et aux besoins de leur famille '. » En perdant François d'Haussonville, les Montalbanais, le diocèse tout entier perdit un vrai père. — D'autre part un illustre prédicateur révéla, dans une mémorable circonstance, quelques traits que nous ne devons pas laisser dans l'ombre. Chargé de prononcer l'Oraison funèbre du fils unique de Louis XIV, le grand Dauphin de France, le P. Sénaud, en présence de la cité montalbanaise réunie dans la cathédrale Sainl-Jacques, le 18 juin 1711, termina son discours par cette apostrophe à l'évoque officiant à la triste cérémonie : « Sacré Ministre de Jésus-Christ, continuez maintenant le sacrifice de l'Agneau que vous avés commencé d'immoler. Le même Esprit de vérité qui nous apprend que les grands Princes doivent un jour porter leur gloire dans la céleste Jérusalem *, nous enseigne que rien de souillé ne peut y entrer 8. Achevez donc de purifier dans le Sang de la Victime adorable, toutes les tâches qui pourroient encore suspendre le dernier effet des miséricordes du Seigneur sur nostre Prince, et retarder à son ame venerable l'entrée dans le séjour de la souveraine félicité. Durant le temps que vous avés eu l'honneur d'estre attaché à sa Personne, il a donné à vos vertus des marques de distinction que vostre modestie ne sçaurait désavouer sans intéresser les respectueux sentimens de reconnoissance que vous en devés éternellement conserver. Vos mains sacrées luy ont souvent administré le Pain Céleste, qui imprime sur les âmes les caractères ineffaçables de la bien-heureuse immortalité ; elles ont esté les canaux fidelles où se sont répandues ses charitez. Représentez icy au Dieu vivant, que vous allez faire descendre sur ces autels, tant d'oeuvres saintes dont vous avés esté ou le Ministre ou le
< Extrait du ftouel du diocèse de Jf otuautaft, publié par l'autorité de Mgr Le Tonnelier de Breteuil, in-4*.
» Apoc. XXI, 24.
'Math. Vn, 21.
troisième rimons, — f.-j. d'haussonville (1703-4729). 31
témoin ; Suivez jusqu'à la région des vivants ta mémoire de ce Prince, et ne l'abandonnez point que vos pleurs et vos prières ne Payent introduit dans ces Tabernacles éternels où règne la paix et la gloire que ses vertus luy ont mérité 1. »
Les armes des d'Haussonville, que porta notre évêque, et dont il scellait ses écrits étaient : « D'or, à la croix de gueule frettée d'argent. > L'inscription du sceau se lit ainsi : f Franciscus.
D'HAUSSONVILLE . DE . VAUBECOURT . EP. MONTISALBANENSIS. Quoique
nous n'ayons rencontré nulle part la devise dont nous avons parlé précédemment, « Prœsim ut prosim, > nous tenons à la consigner ici. Nous l'attribuons d'autant plus volontiers à ce descendant des Net tan court, qu'il en réalisa véritablement te sens, et que sa vie entière en fut une magnifique paraphrase 2. Son aïeul, Jean Y de Nettancourt, portait : « Virluti nikil invium 5. »
1 Oraison funèbre de très-haut et tres-puissant et excellent prince Louis, Dauphin de France, fils unique du Boy, Prononcée a Montauban, dans l'Église Cathédrale, le 18 juin 1711, par le P. Jean-André Senaud, de la Compagnie de Jésus. — A Montauban, de l'imprimerie de François Descausaat, M.DCCXI. — 24 pages in-4»; Collection Forestié.
* On possède dans la famille de Nettancourt un portrait à l'huile de notre évoque. Il est représenté en buste, avec la mosette et la croix pectorale ; le visage est jeune encore. Un de ses portraits, provenant de la propriété épiscopale de Bretolio, fût vendu en 1866 à un marchand d'Àgen, par feu M. l'abbé Brousse.
» D'après un jeton en argent conservé à la Bibliothèque nationale.
NOTICE EXTRAITE OU GALLIA CHRISTIANA